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Pran : Les populations mobilisées contre les problèmes d’état civil

Démarré le 2 juillet, le Projet de reconstitution des actes de naissance sans souche (Pran) suit son court. Dans différents centres, les personnes concernées se bousculent. Leur impatience ajoutée au manque des documents nécessaires chez certains, embrouillent parfois les agents recenseurs. Reportage dans certains arrondissements.

Par Raymond FALADE (Stag). 

Deuxième arrondissement de Cotonou à Akpakpa, jeudi 11 juillet. Devant le petit portail, une foule d’hommes et de femmes, enfants, adolescents, jeunes et adultes. Certains assis à même le sol, d’autres sur le siège de leurs motos. Le plus grand nombre est debout. L’entrée de l’administration locale est gardée. L’agent de sécurité ‘’gère’’ les usagers. A l’intérieur, dans la chambre aménagée et réservée pour l’opération nous retrouvons Brice. Il établit une liste d’inscription pour les demandeurs. « Mon rôle est d’appeler par lot de cinq suivant l’ordre d’arrivée, les personnes concernées par le Pran », nous a-t-il confié. Selon ses confidences, le Chef d’arrondissement l’a mis à cet endroit pour aider l’opérateur kit qui ne saurait, à lui seul gérer l’affluence. Cela permettra d’éviter de faire des mécontents ou des frustrés, soutient-il.

Dans la chambre, le seul opérateur kit du centre d’enrôlement du deuxième arrondissement de Cotonou, Casimir Hounnou est tout occupé. Assis sur une chaise, tablette, stylo bleu et des documents sont déposés en face de lui sur une table. Il a souhaité servir d’abord les six personnes dans la salle, dont une déjà devant lui et cinq autres assises à l’écart. Elles ont leurs récépissés Ravip et un extrait de leur acte de naissance prêts.

Dix minutes plus tard, Casimir a fini. Une semaine après le démarrage de l’opération, les données qu’il nous a fournies donnent 1625 personnes déjà enrôlées dans son centre. En moyenne par jour, il confie satisfaire environ 200 personnes. « Lorsque le requérant se présente devant nous, il doit apporter son récépissé Ravip et son acte de naissance ou le volet n°1 dont la souche n’existe pas ou bien a été détruite ou perdue. Nous, nous insérons les renseignements sur notre tablette et les envoyons directement dans la base de données chaque fin de journée », détaille-t-il. Suivant le profil des personnes reçues, il a soutenu que le problème d’acte de naissance sans souche est bien profond au Bénin et n’épargne aucune catégorie. « J’ai déjà reçu des écoliers, des cadres et même des hommes en uniforme qui sont dans le besoin. J’en ai enregistrés plusieurs », témoigne-t-il.

Au regard de la mobilisation des populations, il a déduit qu’elles reconnaissent l’importance de l’opération. Mais malgré leur volonté, certains parmi elles se lui font perdre du temps. Il s’agit des requérants qui manquent des pièces nécessaires. Ce qui retarde parfois l’enrôlement. « Il y a, a-t-il témoigné, des personnes qui se présentent avec leur carte Lépi au lieu du volet n°1 ou l’acte de naissance, seules pièces exigées. Ce qui empêche d’aller très vite. Nous sommes obligés de les renseigner d’abord ».

Les samedis et dimanches, Casimir reçoit très peu de gens. Ce qui se justifierait, pense-t-il, du fait que les populations ignorent que le centre est ouvert les weekends également. Il a donc invité les populations à sortir tous les jours pour être servies.

Au 3ème arrondissement de Cotonou, même constat de la forte mobilisation des citoyens. Attendant sur un grand espace certainement aménagé pour la circonstance, chacun attend impatiemment son tour. A environ 30 mètres, l’opérateur kit a en face de lui quelques personnes. Approché, l’agent n’a pas voulu se confier à la presse. Cinq minutes d’entretien que nous lui avions suffisent déjà pour enregistrer au moins trois personnes, s’est-il justifié.

Nous n’avons pas insisté avant de mettre le cap sur le 4ème arrondissement. Ici, tout se passe bien. Léa Ozo, malgré les personnes qui sont devant lui n’a pas hésité à répondre à nos questions. Assise en face d’un requérant, elle se réjouit du bon déroulement de l’opération. A son niveau, aucun incident ni difficulté. « Le bilan est positif », nous a-t-elle servi. 1468 personnes déjà enrôlées par elle. Par jour, Léa reçoit au moins 150 personnes. Selon elle, les populations sortent massivement et l’effectif s’accroît au jour le jour. Léa tout comme Casimir arrive à enregistrer tous ceux qui se présentent dans le centre par jour même si, elle va parfois au-delà de l’heure de fermeture contrairement à Casimir. Son objectif, c’est de servir tout le monde, a-t-elle confié. Chez Léa, les populations ne veulent pas attendre. A l’en croire, quand certains arrivent et voient le rang, ils commencent par gronder. C’est la principale difficulté à laquelle elle confia être confrontée.

A l’arrondissement de Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi, les populations saluent l’opération par leur forte présence. Ici, les agents receveurs sont nombreux. L’un d’entre eux, dame Démidé confie recevoir au moins 900 personnes par jour. Au dehors, une longue file de personnes attendent leur tour.

Dans l’ensemble, sur les différents points d’enrôlement parcourus, les citoyens expriment leurs reconnaissances pour l’initiation du Projet. Zul, 22 ans environ, a de problème par rapport à sa souche. Sur la souche, il y a de rature. Conséquence, plusieurs fois il a voulu établir un passeport sans succès. « On m’avait envoyé au tribunal pour faire la rectification », se rappelle-t-il. Le programme est une occasion pour lui de régler sa situation, se réjouit-il. Deux heures qu’il attend son tour chez l’opérateur kit, il n’est pas pour autant désespéré. Un autre requérant rencontré, qui a requis l’anonymat n’a pas caché sa joie quant au Pran. Lui, il s’était rendu compte qu’il n’a plus sa souche au moment d’établir sa carte nationale d’identité. Il est présent à l’arrondissement depuis 6 heures du matin. Une autre requérante a perdu quant à elle sa souche. « Je suis allée au village chercher ma souche mais je ne l’ai pas retrouvée », a-t-elle avoué. Elle était accompagnée de son grand frère dans le même problème. Elle souhaite que les choses se passent très bien parce qu’elle a besoin de ces documents.

Le gouvernement a donc vu juste en initiant ce projet grâce auquel les personnes concernées règlent leurs problèmes d’état civile. L’opération prend fin le mercredi 17 juillet prochain.

 

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