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Premiers pas de Talon II : L’opinion de Expérience Tèbè, président du Mpl

100 jours sont passés après l’investiture du président Patrice Talon pour son second. A Porto-Novo le 23 mai dernier, le chantre de la Rupture a dans son discours d’investiture retenu les attentions à travers deux mots : « le hautement social ». Trois mois après, la mise en œuvre de ce « hautement social » est diversement appréciée dans l’opinion. Expérience Tèbè, nouveau président du parti Mouvement populaire de libération (Mpl), ne voit pas encore le déploiement du social promis. Toutefois, il note quelques actions phares pour les 100 premiers jours. Dans cet entretien, le successeur de Sabi Sira Korogoné parle également de la main tendue du chef de l’Etat, le rapport du parti avec le chef de file de l’Opposition et les autres partis de l’Opposition.

Propos recueillis Par Raymond FALADE

Bénin Intelligent : Expérience Tèbè, bonjour. Sentez-vous qu’un second mandat a commencé ?

Expérience Tèbè : Non, absolument pas… à part le calendrier du second mandat acté par les 100 jours difficilement vécus, le peuple ne ressent rien du hautement social promis. La condition du citoyen lambda empire chaque jour un peu plus.

Quelles sont les actions phares notées à votre niveau en tant qu’acteur politique et président de parti d’opposition ?

Actions phares dites-vous ? Le deuxième mandat jusque-là ce qu’on en sait, c’est la désignation du chef de file de l’Opposition et c’est après des élections législatives et communales que nous avons connues. Doit-on se féliciter de la désignation de Paul Hounkpè comme chef de file de l’Opposition ? L’autre chose, la réforme opérée au niveau de l’Institut national de la femme.
Aujourd’hui on ne peut pas nous dire que c’est ce qu’on attendait pour changer fondamentalement la condition de la femme, les occasions pour le faire n’ont jamais manqué mais on fait très peu d’effort. Ainsi, ce n’est pas en soi un coup d’éclat d’autant plus que par exemple, pour le conseil électoral alors qu’on avait l’occasion de donner la chance à une femme qualifiée on ne l’a pas fait. On ne me dira pas qu’il n’y a aucune femme au Bénin pour siéger au sein de ce conseil électoral et pourtant jusqu’à ce jour je n’en connais pas. Alors vous voyez bien que pour bien faire les choses on n’a pas forcément besoin de cet institut si tant est que la volonté politique existe vraiment. Par ailleurs, quant au casting, la réputation de l’avocate Huguette Bokpè Gnacadja, la secrétaire exécutive, on espère que l’impact se fera concrètement ressentir au nom de ce souci que nous avons tous de voir améliorer la situation de la femme béninoise autant dans son épanouissement que dans la défense de ses droits. Nous avons aussi la grâce présidentielle accordée à 203 prisonniers sans oublier l’émission d’Eurobond.
Il faut saluer aussi l’interpellation de certains cadres de l’administration pour corruption et mauvaise gestion. Pour nous, c’est un gage pour la lutte contre l’impunité sans parti pris. Nous avons aussi noté une bonne gestion de la Covid-19. Sur ce plan, des efforts ont été faits et méritent d’être confortés et poursuivis. Voilà quelques points où on semble noter des efforts qui doivent être poursuivis et ce serait tant mieux si c’est ça les actions phares.

Le président Patrice Talon a aussi tendu la main à la classe politique béninoise en particulier l’opposition ? Où en est-on aujourd’hui ?

A ce jour, nous ne sommes informés d’aucune main tendue. Le président dans son discours d’investiture a reconnu certes les incompréhensions générées par les élections mais il a demandé qu’on travaille tous ensemble dans la cohésion pour redresser la grande nation que nous sommes. Après cela, il y a eu l’émission avec les journalistes français où il s’est montré encore plus inflexible dans sa volonté de punir. Son discours à la veille de la commémoration n’y a pas non plus fait cas. Alors, pour vous dire que le président n’a jamais tendu la main à la classe politique opposée à lui depuis les dernières élections.

Quelles sont vos attentes pour ce second mandat ?

D’abord notre première attente est que le président Talon tienne parole pour tout ce qu’il a promis, qu’il donne maintenant du contenu au hautement social annoncé et relayé à grande pompe pour qu’enfin le peuple béninois voit sa misère s’amoindrir à défaut de s’estomper.
L’importante question sur laquelle le Mpl attend également le président Talon, c’est de faire en sorte que les élections deviennent effectivement inclusives. Ainsi, nous espérons qu’un nouveau certificat de conformité ne vienne empêcher un parti de se porter candidat ; qu’un quitus fiscal ne devienne obstacle à la candidature d’un opposant ; que l’exigence d’un parrainage d’élus n’entrave en rien la décision d’un citoyen de se porter candidat à la magistrature suprême ou qu’enfin la mauvaise interprétation d’une loi n’empêche la validation d’une liste de candidat. C’est pour dire que nous attendons vraiment que le président Patrice Talon et son gouvernement ne fassent usage d’aucun mécanisme de ruse pour rééditer l’exclusion.

La dernière fois, vous étiez chez le chef de file de l’Opposition. Quel était l’objectif de cette rencontre ?

Le Mpl a répondu à une invitation du chef de file de l’Opposition comme il le ferait pour l’invitation de n’importe quel autre parti politique évoluant sur l’échiquier politique béninois, qu’il soit de la mouvance ou de l’opposition pour peu qu’il s’agisse des questions d’intérêt national. Il nous a informés de son désir de réunir toutes les formations opposées à l’action du président Talon autour d’un cadre pour mieux porter les revendications à l’encontre du pouvoir. Nous avons marqué notre disponibilité pour des réflexions entrant dans le cadre de la participation de toute l’opposition aux prochaines échéances électorales.

Quelques jours plus tard, le président du parti Force cauris pour le développement du Bénin (Fcdb) Soumanou Toléba a été également reçu par le chef de file de l’opposition. Peut-on dire que l’opposition à Patrice Talon est désormais ensemble pour mieux agir ?

Je ne saurais le dire. Avouons aujourd’hui que les clivages et fractures sont tellement profonds dans notre pays que la nécessité de se parler devient un événement qui suscite beaucoup de réactions alors que se parler devrait être le minimum qu’on puisse faire dans un contexte où les préoccupations du peuple sont de plus en plus alarmantes.

Quelle est aujourd’hui la relation entre vous et les autres partis de l’opposition et surtout avec « Les Démocrates » ?

Nous n’avons pas de relations particulières avec Les Démocrates. Certains membres du parti pris individuellement restent peut-être des alliés politiques mais sinon chacun mène son combat dans le respect de l’autre. Nous au Mouvement populaire de libération, nous sommes un jeune parti et nous travaillons à prouver au peuple que nous valons l’alternative pour la nouvelle classe que nous appelons à voir naitre. Donc permettez qu’on se concentre sur notre programme politique et sur sa mise en œuvre. Lorsqu’il nous arrive d’interagir rassurez-vous, on le fait dans la courtoisie et dans le respect des divergences que peuvent porter nos partis.

Peut-on s’attendre les jours à venir à un regroupement des partis politiques de l’opposition à l’instar des grands blocs tels que le Bloc républicain et l’Union progressiste ?

Pensez-vous aujourd’hui que les partis d’opposition pris individuellement ne sont pas plus grands que les blocs dont vous parlez ? De toute façon, le Mpl ne sera contre aucun regroupement tant qu’il s’agit de mieux défendre les intérêts du peuple béninois surtout de sa jeunesse et de ses femmes opprimées sans voix qui ploient sous le fardeau de la misère ambiante.

Mot de la fin

Je voudrais inviter tout le peuple béninois notamment la jeunesse à nous rejoindre pour qu’ensemble nous puissions imprimer une nouvelle dynamique à la politique dans notre pays.

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