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Présidentielle 2021 : La Société civile prône “la suppression pure et simple du système du parrainage “

Désormais pour être candidat à l’élection présidentielle au Bénin, il faut s’armer du parrainage d’un certain nombre d’élus. Ce système imposé par la Constitution révisée du 7 novembre 2019, continue d’être combattu. Dans un document de position, dix organisations de la Société civile dont Changement social Bénin, Amnesty international Bénin et Social watch demandent la « relecture consensuelle du cadre légal électoral en vue de l’élection présidentielle de 2021 pour la paix et le renforcement de la démocratie ».

Par S. B. AGBON

« Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s’il n’est dûment parrainé par des élus dans les conditions et suivant les modalités fixées par la loi” (Article 44 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 révisée par la loi constitutionnelle n°2019-10 du 07 novembre 2019) » ; « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires” (Article 132 alinéa 9 du Code électoral du 15 novembre 2019).

Pour la première fois, cette règle de parrainage sera expérimentée au Bénin lors de la présidentielle de 2021. Dans leur document de position, les Osc font observer que la constitution instituant ce système a été modifiée « par un Parlement composé uniquement de députés de la majorité présidentielle issus des législatives contestées d’avril 2019 desquelles l’opposition a été exclue et sur la base d’une proposition de loi modificative inconnue du public jusqu’à la fin du processus ». De plus, ce sont donc ces « députés élus avec un fort taux d’abstention » et les « maires majoritairement désignés (51 sur 77)» qui sont habiletés en l’état à parrainer les candidats. Il subsiste alors aux yeux de ces Osc, un défaut de légitimité de ces potentiels parrains-élus. « En somme, au regard du déroulement des élections législatives d’avril 2019 et l’élection des maires de mai-juin 2020 au Bénin, sur les 16026 parrains institués par le système de parrainage, 135 parrains (soit 84,37%) sont entachés de fortes suspicions d’illégitimité. Par ailleurs, sur les 160 députés/maires parrains, 154 (soit 96,25%) appartiennent à la majorité présidentielle », écrivent-elles.

Recommandations

Une élection présidentielle inclusive et apaisée. C’est ce qui préoccupe ces dix organisations de la société civile. A cet effet, elles recommandent, au Chef de l’Etat et à l’Assemblée Nationale, primo, la suppression pure et simple du système du parrainage et l’ouverture du scrutin présidentiel à tou.te.s les Béninois.es capables et ayant de l’ambition pour leur pays. Secundo, elles appellent à revoir les « réformes politiques de manière inclusive avec l’implication de toutes les parties prenantes (partis politiques de la mouvance et de l’opposition, Société civile, universitaires, etc.) ; et « le retrait au Ministère de l’Intérieur de la validation de la création des partis politiques et revoir le mécanisme d’enregistrement des partis politiques… »

Il ne reste à compter que sur la volonté des autorités interpellées. Sinon le Bénin est encore dans le délai de six mois imposé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), avant toute révision des normes électorales.

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