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Présidentielle 2021 : Le choc des marches

Après l’épisode de Ghislain Assogba, ce jeune qui a marché de Glazoué pour Cotonou la semaine écoulée pour encourager le président Patrice Talon à briguer un second mandat, un autre vient de lui emboîter les pas. Thibaut Ogou, comme c’est de lui qu’il s’agit, est un jeune opposant qui a entamé dimanche 2 août une marche de Parakou pour Cotonou. Il exige quant à lui, des élections inclusives et transparentes en 2021. La démarche de ses deux jeunes illustre bien le combat en prélude à la présidentielle de 2021.

Par Raymond FALADE

Deux itinéraires différents, l’un plus long que l’autre. Deux aspirations différentes voire contradictoires mais exprimées à travers une même méthode : la marche.

Leader de la Coalition des jeunes de l’opposition (Cjo), Thibaut Ogou a entrepris cette marche pour poser au président Patrice Talon, un certain nombre d’exigences au sujet de la crise sociopolitique qui secoue le pays. Joint au téléphone par un média en ligne, le jeune opposant a confié que sa marche n’a pas pour objectif comme c’est ventilé sur les réseaux sociaux, d’exiger du chantre de la Rupture de respecter l’engagement pris en 2016 de ne faire qu’un seul mandat. Une promesse électorale de mandat unique dont il avait même fait un grand principe démocratique, gage de développement et de bonne gouvernance au point de vouloir l’inscrire dans la Loi fondamentale. La marche de Thibaut Ogou vise plutôt à adresser à Talon des revendications. « Ma marche n’est pas pour dire à Patrice Talon de respecter son engagement de faire un seul mandat. Il est bien libre puisque la constitution lui permet d’aller à deux mandats. Une fois que nous faisons une opposition allant dans le sens du respect de la constitution, ça veut dire qu’il est bien libre. S’il voit qu’il est un homme de parole, il peut respecter l’engagement qu’il a pris en 2016 quand il prenait le pouvoir. L’essentiel pour moi à travers cette marche, est de réclamer la libération de mes frères prisonniers politiques, c’est de réclamer que les exilés politiques rentrent librement au pays, c’est de réclamer l’abrogation des dispositions sur le parrainage pour la présidentielle et enfin, c’est de réclamer du Cos-Lepi, la confection d’une liste fiable pour les élections présidentielles de 2021 », a énuméré le jeune opposant qui, à propos de sa sécurité, dit avoir pris des dispositions pour informer les responsables de la Police Républicaine des différentes villes qu’il aura à traverser de son initiative.

Ce sont là des revendications des opposants que le jeune réaffirme face à l’actuel régime. Comme quoi, contrairement au premier ‘’marcheur’’ Ghislain Assogba partisan d’un Talon II, son compatriote Thibaut Ogou rejoint ainsi un combat contraire, celui de renverser Patrice Talon souvent peint par l’opposition comme le goulot d’étranglement de la démocratie béninoise.

L’intérêt de sa démarche, est qu’il apporte de l’équilibre dans ce nouveau moyen trouvé par les jeunes pour exprimer leurs sentiments par rapport à la gouvernance actuelle et à quelques mois de la présidentielle.

Arrivé à Cotonou, Gislain Assogba a été accueilli, mercredi 29 juillet par le ministre des Sports Oswald Homéky qui a promis rendre compte à qui de droit. Alors, beaucoup de Béninois attendent de voir si pareillement, il recevra aussi Thibaut Ogou de la Coalition de l’opposition une fois à destination. En tout ça devrait être le cas au nom de l’impartialité et de la non-discrimination. Encore que certains analystes eussent jugé la marche des jeunes contraire au code pénal, la caution du ministre aussi. « Certains agents publics s’amusent à susciter la candidature des citoyens aux élections présidentielles prochaines. Faites attention ! Je vous rappelle cette disposition : « Sont punis d’une peine d’emprisonnement de un (01) an à deux (02) ans  et d’une amende d’un million (1.000 000 )  de francs CFA à cinq millions (5.000 000) de francs CFA, assortie de la déchéance  des droits civils et politiques pendant une durée de six (06) ans, toute autorité non élue de l’administration territoriale, tout membre de l’organe en charge  des élections, tout le personnel électoral en général qui se prononceront publiquement d’une manière quelconque sur la candidature, l’éligibilité et l’élection d’un citoyen  ou pour susciter ou soutenir sa candidature  ou s’impliqueront dans toute action ou initiative qui y concourt. Si le coupable est un fonctionnaire de l’ordre administratif ou judiciaire, un agent ou un préposé du gouvernement ou d’une administration publique ou est chargé d’un ministère de service public, la peine est portée au double », avait critiqué le juriste Serge Jean-Paul Prince Agbodjan, en citant l’article 266 du code pénal.

 

 

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