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Présidentielle 2021 : Social Watch prêche en faveur des principes démocratiques

L’élection présidentielle de 2021, est « un grand rendez-vous que nous devons aborder avec précaution à travers un scrutin transparent et concurrentiel, gage de la paix et de la concorde nationales ». L’alerte vient de Social Watch. Dans une déclaration faite devant la presse, jeudi 21 janvier 2021, Blanche Sonon, sa présidente a relevé que malheureusement des « germes de l’exclusion » subsistent qu’il faut préalablement levés. Ils sont nés depuis l’application de la Charte des partis politiques et du Code électoral. L’Osc apostrophe entre autres le parrainage que « des voix s’élèvent de plus en plus, pour dénoncer ». Pire encore, la Cour constitutionnelle s’est déclarée incompétente relativement aux cours formulées contre cette disposition. Social Watch invite alors « le Chef de l’Etat, débiteur de la paix nationale, l’Assemblée nationale, voire toute la classe politique, à lever tous les obstacles législatifs en vue de faire participer tous les citoyens qui le désirent, à la compétition électorale de 2021 pour le respect des principes démocratiques et la sauvegarde des acquis démocratiques ».

Par S. B. AGBON

 

PRESIDENTIELLE DE 2021 AU BENIN : APPEL DE SOCIAL WATCH BENIN A UNE REFORME LEGISLATIVE POUR JUGULER LA CRISE PREELECTORALE DANS LE RESPECT DES PRINCIPES DEMOCRATIQUES ET POUR LA SAUVEGARDE DES ACQUIS DEMOCRATIQUES

 

Cette nouvelle sortie médiatique qu’organise Social Watch Bénin, comme vous pouvez vous en douter, porte sur l’actualité électorale de notre pays et a pour objectif d’appeler toute la classe politique au respect des principes démocratiques et à la sauvegarde des acquis démocratiques.

 

Comme nous vous l’avions promis lors de nos précédentes rencontres, c’est une responsabilité pour nous de maintenir la veille citoyenne avec vous, hommes et femmes des médias, afin de jouer objectivement notre partition. En effet, le fonctionnement des démocraties modernes repose en grande partie sur la séparation et la complémentarité entre l’espace public, la société civile et les institutions politiques, dans les limites de leurs rôles.

Aussi, dans les Etats démocratiques modernes comme celui du Bénin depuis 1990, le pouvoir politique trouve-t-il sa légitimité dans le contrat social, dans la mesure où, la société est fondée sur un pacte social par lequel les citoyens et les institutions s’engagent librement à respecter en toute responsabilité, les lois qu’ils ont élaborées ensemble.

Cependant il est à noter que depuis la mise en œuvre des lois portant charte des partis politiques et du code électoral, des germes de l’exclusion sont disséminés dans le déroulement de nos processus électoraux. Vous n’êtes pas sans savoir l’imminence de la tenue de l’élection présidentielle de 2021 dans notre pays, un grand rendez-vous que nous devons aborder avec précaution à travers un scrutin transparent et concurrentiel, gage de la paix et de la concorde nationales.

Inexorablement, ce processus électoral a amorcé sa phase décisive avec la convocation, le 25 novembre 2020 du corps électoral pour le dimanche 11 avril 2021, par le gouvernement du Bénin et surtout, avec la publication officielle par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), le lundi 11 janvier dernier, du calendrier électoral selon lequel les députés et maires devant parrainer les candidats à ladite élection sont invités à retirer des formulaires de parrainage, pour la période allant du 12 au 31 janvier 2021.

Evidemment, aux termes de l’article 132 alinéa 9 du Code électoral du 15 novembre 2019, “nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires”. Ainsi, les candidats à l’élection présidentielle d’avril 2021 devront bien se faire parrainer par au moins, 16 députés ou maires.

Or, en raison du défaut du mécanisme juridique d’application de cette disposition légale et du nouveau contexte politique où l’opposition est absente au parlement et presque absente à la tête de la plupart des mairies, cette réforme électorale souffre de consensus national, soulève de vives polémiques et plonge le Bénin dans une crise préélectorale qui, malheureusement, risque de perturber la paix, un joyau que le Bénin vend au plan international.

Social Watch Bénin, dans la perspective de la consultation électorale de 2021 qui se révèle assez déterminante pour l’enracinement de la démocratie béninoise, entend jouer pleinement sa partition, en tirant encore une fois, la sonnette d’alarme.

Ainsi, nous invitons le Chef de l’Etat, débiteur de la paix nationale, l’Assemblée Nationale voire, toute la classe politique, à lever tous les obstacles législatifs en vue de faire participer tous les citoyens qui le désirent, à la compétition électorale de 2021 pour le respect des principes démocratiques et la sauvegarde des acquis démocratiques. En effet, au fur et à mesure que nous nous approchons de cette fatidique élection présidentielle, des voix s’élèvent de plus en plus, pour dénoncer la  barrière du parrainage. Pire, des recours ont même été formulés devant la Cour Constitutionnelle de notre pays pour que ces questions soient réglées au mieux, dans l’intérêt supérieur de la nation béninoise, mais elle s’est déclarée incompétente. Or, l’arbitrage de cet organe de régulation du fonctionnement des institutions de la République était attendu aussi bien par la communauté nationale et internationale, la société civile que par les partis politiques et les autres institutions impliquées dans le processus électoral.

Au regard de ce tableau que nous  venons de présenter, il y a urgence ! Et Social Watch bénin ne pouvant rester silencieux face à ce suspens d’enjeu national, invite expressément les pouvoirs publics béninois et toute la classe politique à prendre la mesure de la situation et y apporter des solutions politiques d’apaisement nécessaires et susceptibles de remettre tous les acteurs politiques voire, toute la population béninoise en confiance.

Nous sommes d’ailleurs confortés dans notre position pour la belle raison que le Bénin a signé des instruments régionaux ou internationaux visant à promouvoir  les principes démocratiques, notamment la Charte de l’Union Africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance ; le Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance.

Nous en appelons au sens élevé de responsabilité du Président Patrice Talon afin qu’il mette tout en œuvre pour faire de la prochaine présidentielle, “une fête de la démocratie”, comme promis, en vue d’éviter, pour le Bénin :

-un faible taux de participation des populations à ce scrutin d’enjeu national

-une élection présidentielle exclusive et le cas échéant, contraire aux principes démocratiques,

-la contestation des résultats de l’élection présidentielle

-la violence électorale avec  ses impacts sur la paix nationale

-la diffusion récurrente d’informations violentes qui peuvent impacter négativement la paix aux niveaux familial, communautaire et national

-la remise en cause de la légalité et de la légitimité du pouvoir exécutif.

Enfin, en ces moments très éprouvants pour tout le peuple béninois, nous en appelons au calme et à des comportements vertueux.

Vive le respect des principes démocratiques au Bénin !

Vive la sauvegarde des acquis démocratiques au Bénin !

Vive le Bénin !

Nous vous remercions.

 

Blanche Sonon

Présidente Social Watch Bénin

 

 

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