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Prévention de la torture au Bénin : Les acteurs s’approprient les standards internationaux (L’Ong ‘’Changement social Bénin’’ prône une synergie d’action)

L’Ong ‘’Changement social Bénin’’ milite pour que le Bénin se dote enfin d’un mécanisme national de prévention de la torture. A cet effet, elle a organisé avec le soutien financier du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme un atelier d’appropriation des standards internationaux en la matière. C’était le mardi 16 avril à Paradisia hôtel de Godomey (Abomey-Calavi).

Par Sêmèvo B. AGBON

Présents à cet atelier, les acteurs de la lutte contre la torture, qu’ils soient de la société civile ou acteurs publics. En les réunissant autour du projet ‘’Plaidoyer pour la mise en place d’un mécanisme national de prévention de la torture en république du Bénin’’, ‘’Changement social Bénin’’ souhaite une synergie d’action, a justifié Alexandrine Tchekessi, directrice exécutive de l’Ong. Elle a rappelé qu’au regard de son dispositif normatif, le Bénin a toujours été perçu comme un modèle en matière de droits humains. Mais des textes aux réalités, de nombreux efforts sont encore attendus. Car, a-t-elle soutenu, « en l’absence d’effectivité, les droits humains ne sont que simples aspirations. Ainsi, la consécration des droits humains induit-elle la mise en place de garantie institutionnelle », a conclu la directrice exécutive.
En effet, les conditions de détention au Bénin laissent encore à désirer. Pourtant, depuis la Conférence nationale de 1990, les citoyens ont opté pour un État où primauté est donnée aux droits de l’Homme. Une volonté davantage attestée par la ‘’Convention contre la torture’’ ratifiée par le Bénin le 12 mars 1992 et son ‘’Protocole facultatif’’ adopté par les Nations unies et ratifié par le Bénin le 20 septembre 2006. Or, selon les confidences de Montesquieu Hounhoui, coordonnateur du projet, « l’article 17 de ce Protocole dispose que chaque Etat partie doit mettre en place un Mécanisme national de prévention de la torture au plus tard un an à compter de la ratification du Protocole. Le Bénin ayant ratifié ce Protocole le 20 septembre 2006, normalement le 20 septembre 2007 il devrait déjà avoir mis en place son Mécanisme. Mais rien n’est fait jusqu’à ce jour. » Un vide assez préjudiciable à la protection des droits humains au Bénin, a-t-il poursuivit citant la visite du Sous-comité de prévention de la torture de l’Onu au Bénin du 11 au 15 janvier 2016 : « A l’issue de cette visite, les experts onusiens ont remarqué que les conditions de détention au Bénin étaient quasiment inhumaines. L’inexistence d’un mécanisme de prévention de la torture favorisait beaucoup cet état de chose ».
L’Ong Csb croit qu’un Mécanisme national de prévention de la torture est un outil important dans l’amélioration des conditions de détention et de réduction de mauvais traitement à l’endroit des citoyens. C’est pourquoi à travers l’atelier, elle prône une synergie d’action pour aboutir à une feuille de route devant orienter le plaidoyer pour la mise en place effective dudit Mécanisme. Pour ce faire, l’Ong Csb entend amener, par cet atelier, les acteurs à s’approprier d’abord les standards internationaux en la matière. A l’ordre du jour, des débats et surtout une communication sur l’établissement et le fonctionnement d’un Mécanisme national de prévention de la torture.
Sidikatou Adamon Houédété a représenté à cette occasion la Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh) mise en place le 3 janvier 2019. Après avoir rappelé les missions de ladite commission et partagé le constat que « les conditions de détention ne préservent pas encore les droits de l’Homme », elle a nourri l’espoir que ce projet « fera bouger les lignes ». Les travaux ont été officiellement lancés par Clément Dassi, représentant du ministre de la justice et de la législation. Ce dernier a reconnu que malgré les avancées accomplies dans la protection des droits des prisonniers, il y a « nécessité de plus d’effort ».
Soulignons que le Sous-comité pour la prévention de la torture recommande que l’État partie fasse de la mise en place d’un Mécanisme national de prévention de la torture une priorité à travers un processus inclusif, en consultation avec toutes les organisations de la société civile intéressées.

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