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Professeur Victor Topanou : « Les réformes ne visent pas à exclure »

Le débat sur la révision de la constitution, le parrainage et la prorogation du mandat de l’actuel président de la république a agité l’actualité politique ce  weekend et continue de diviser les experts. Reçu le dimanche 24 janvier sur la télévision Canal 3 Bénin, le professeur de Droit Prudent Victor Topanou s’est prononcé sur ces sujets.

La révision de la constitution du 11 décembre 1990 le 1er novembre 2019, beaucoup la critiquent et évoquent surtout le fait qu’elle soit opérée par un parlement ‘’monocolore’’. « Nulle part dans la constitution, il n’est écrit qu’il ne pourrait pas avoir révision de la constitution s’il n’y a pas l’opposition au parlement », a objecté l’invité. Par ailleurs, « la procédure d’urgence » que les opposants condamnent n’est pas inventée, selon le professeur Topanou. Elle « est prévue par le règlement de l’Assemblée nationale pour réviser la constitution », a-t-il soutenu.

L’autre sujet qui défraie la chronique, c’est bien la prorogation du mandat actuel de Talon de 45 jours. Selon l’un des députés de la mouvance, Orden Alladatin, elle est intervenue face à l’impératif de l’alignement des mandats pour des élections générales dès 2026. « Il n’y a absolument pas de parjure par rapport aux 45 jours » a également soutenu Victor Tapanou. Selon lui, Patrice Talon a prêté serment pour protéger la constitution. Et la constitution actuelle demande une rallonge de 45 jours. Donc c’est normal qu’il y reste au-delà du 6 avril 2021.

Pour le professeur de droit, ces réformes ne visent pas exclure mais plutôt à renforcer le système partisan. Les partis qui n’ont pas de parrains aujourd’hui l’auront demain. Et de prédire que l’élection présidentielle ne sera pas exclusive même si nous n’aurons plus 30 candidats comme par le passé.

Le Bénin selon le professeur est le seul pays démocratique au monde où aucun candidat de parti n’a jamais gagné de présidentielle. Et pour corriger cela, ‹‹on a pensé qu’il faut mettre les partis politiques au cœur de l’action publique. Plusieurs innovations ont été apportées pour renforcer le système partisan. Au nombre de ces innovations, nous avons le parrainage.››

Faut-il retourner à la constitution de 1990 ?

Par rapport à la décision de la Cadhp, « le Bénin a décidé de ne rien faire et le Bénin n’est pas le seul pays à ne rien faire par rapport aux décisions de cette cour. »

Au cours de sa sortie médiatique, l’ancien ministre de Yayi a commenté la sortie médiatique de l’ancien président de la Cour constitutionnelle Théodore Holo sur une chaîne étrangère qui avait demandé qu’on revienne sur la constitution de 1990 après la révision de la Constitution de novembre 2019. Pour Victor Tokpanou, « cela n’a pas de sens d’exiger le retour à la Constitution de 1990 ».

Par S. B. AGBON

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