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Projet “You can do it too” des Usa au Bénin : Des jeunes sauvés du décrochage scolaire impactent

Le Bénin bénéficie de son partenaire de longue date, les États-Unis d’Amérique, de nombreux projets de développement. Parmi ceux-ci, “You can do it too” mené en 2018 par l’Association des femmes boursières des programmes des États-Unis (Us-Bwaa). Objectif, sortir des jeunes et adolescents des cinq départements bénéficiaires du décrochage scolaire et les outiller à la rédaction d’un plan de vie. Trois ans après, les initiateurs se frottent les mains, contents de voir les bénéficiaires réussir.

Par Koladé Raymond FALADE

Mouhinatou Issaka, juriste de formation est animatrice, actuelle chargée des Affaires juridiques à l’Ong ‘’Migration diaspora et développement’’ basée à Djougou dans le département de la Donga. Poste qu’elle occupe depuis janvier 2020. Cette jeune femme de 28 ans n’aurait peut-être jamais été une femme battante, un leader engagé au service de sa communauté tel qu’elle l’a toujours souhaité, si le projet “You can do it too” n’avait pas existé. « Le projet “You can do it too” est venu à un moment opportun de ma vie. J’ai étudié au nord dans une ville où les femmes ont de difficultés énormes pour faire de longues études », se souvient-elle. Malgré ces difficultés, elle a poursuivi les études jusqu’en année de Licence. En dernière année, les choses sont devenues plus compliquées pour la jeune juriste en formation. Heureusement, le salut et la délivrance viendront de l’Ambassade des États-Unis au Bénin. « J’étais à ma dernière année de Licence en 2017, toujours perdue dans la réussite de mon avenir quand j’ai bénéficié du projet “You can do it too” qui a été une occasion de partage d’expériences, de soutien. Les notions transmises m’ont permis d’organiser ma vie afin d’atteindre mes objectifs fixés », se réjouit aujourd’hui Mouhinatou Issaka. Son objectif, rappelle-t-elle, « est d’avoir un niveau master et de devenir une femme battante qui peut venir en aide à ses sœurs pour qu’elles ne soient pas victimes des violences et des injustices ». Rêve devenu réalité depuis. « Aujourd’hui, j’ai la satisfaction morale que j’ai réussi ma vie, car avec mes actions qui me rapprochent de ma communauté, je suis ce que j’ai tant souhaité être », indique-t-elle fièrement.

Des bénéficiaires autour de Me Marie-Élise Gbèdo

Mouhinatou Issaka fait partie des 1600 adolescents et adolescentes, jeunes des départements de l’Atacora (Natitingou et Boukoumbé), Borgou (Parakou), Donga (Djougou), Couffo (Azovè) et Collines (Dassa) ayant bénéficié de ce projet financé par les États-Unis d’Amérique à travers son ambassade à Cotonou, et piloté par l’Association des femmes boursières des programmes des Etats-Unis (Us-Bwaa). Ils/elles ont été sélectionné.e.s par appel à candidature lancé sur les réseaux sociaux et via un communiqué radio diffusé. “You can do it too” qui signifie “Tu peux le faire aussi” en français, est « un projet dont l’objectif a été de lutter contre le décrochage scolaire en outillant les jeunes filles et les garçons sur la rédaction d’un plan de vie en partant de personnes réelles ayant eu des parcours admirables dans toutes les sphères de la vie », explique la coordonnatrice Esther Djossa. D’un coût total de 36220 dollars américains, il a permis d’outiller les adolescents et jeunes des communes dont le taux de décrochage scolaire était fort dans la construction d’une ambition de vie. « Et ceci, en leur permettant d’échanger avec des icônes comme Me Marie Élise Gbèdo, Amélie Amoussou, Benjamin Honoré Nahum, l’ancienne directrice générale par intérim de l’Office national d’impression et de presse (Onip) Reine Azifan, Pamela Akplogan et bien d’autres », a-t-elle précisé.

Échos encourageants

«”You can do it too” est l’un de ces projets qui m’ont vraiment beaucoup impactée. Car, j’en ai bénéficié mais aussi aidé à sa mise en œuvre dans la commune de Natitingou et Boukoumbé. J’ai à travers les communications, appris beaucoup de choses. Ce qui me rassurait, c’est que je me disais que j’ai des exemples devant moi, à portée de main. J’ai eu un coach de ma génération qui m’a inspiré », témoigne Bernadette M’po, journaliste formée à l’École nationale d’administration et de la magistrature (Enam) de l’Université d’Abomey-Calavi. Aujourd’hui, elle est agent de développement communautaire dans le département de l’Atacora. De plus, elle dirige une Ong dénommée « Femme Baobab » basée à Natitingou. Un parcours très difficile mais rendu possible après la formation dans le cadre du projet “You can do it too”. « J’avais déjà créé un creuset de jeunes femmes mais qui n’était pas très actif comme je le souhaitais. Mais quand j’ai commencé par appliquer les conseils reçus dans le cadre dudit projet, le groupe a commencé peu à peu par croître. Il s’agit de l’organisation ” Femme Baobab” qui a commencé par se révéler peu à peu dans l’Atacora à partir de 2019 », décrypte-t-elle. « À partir du plan de carrière et de vie qu’on nous a enseigné lors de la mise en œuvre du projet, je me suis tracée un plan de vie et même s’il ne marche pas exactement comme je l’ai planifié, en grande partie il évolue comme souhaité et il faut reconnaître cet acquis du projet “You can do it too” », reconnait-elle.

Trois ans après “You can do it too”, les résultats sont là. Ce projet a positivement impacté les bénéficiaires, constate, heureuse, la coordonnatrice Esther Djossa. « En termes d’impact, des retours que nous avons eus, ce projet a permis à des jeunes de reprendre courage et de se dire que la persévérance est une puissante arme », résume-t-elle. A titre d’exemple, a-t-elle a confié, « lors des sessions de formation, plus de 25 personnes ayant bénéficié des programmes d’échange américains dans différents secteurs professionnels ont partagé leur histoire et leur parcours ». Ainsi, « grâce à ces expériences, des jeunes ont compris que cela n’a pas toujours été facile mais c’est à force de persévérer qu’on y parvient ». La plupart de ces jeunes ont été mis en contact avec les personnes ressources qui les ont coachés sur une période de six mois. « On ne peut donner aujourd’hui la position d’eux tous. Cependant, nous avons revu beaucoup de jeunes sur différents projets et ils n’ont pas baissé les bras. Ils ont continué à se battre et à travailler », observe Esther Djossa. Pour elle, le projet “You can do it too” continue de contribuer au développement du Bénin et d’impacter les bénéficiaires ainsi que leur communauté respective. « En 2021 lors de la mise en œuvre du projet ”Women political empowerment” qui vise à soutenir l’engagement politique des femmes, nous avons rencontré une ancienne bénéficiaire du projet “You can do it too”. Elle nous a confié que c’est grâce à ce projet qu’elle a repris ces études jusqu’à obtenir son Master. C’était une fierté pour nous », a-t-elle déclaré, souriante.

“You can do it too” fait partie des 5 projets pilotés par l’Association des femmes boursières des programmes des États-Unis (Us-Bwaa). Son efficacité réside dans la stratégie bien pensée, d’amener les cibles à réussir en s’appuyant sur des modèles indiscutables.

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