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Raymond Assogba, sociologue du développement: « L’Ordre international est aujourd’hui remis en cause »

Raymond Assogba est maître de Conférences des universités du Cames, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi. Sociologue du développement et anthropologue il analyse l’actualité du Coronavirus comme un échec de la mondialisation. Porte flambeau de la Boologie (science du Boo ou gri-gri) inventée par feu professeur Cossi Apovo, il ajoute la contribution de cette science à un nouvel ordre mondial vertueux.

« Face à la pandémie du Coronavirus, des Etats ferment leurs frontières terrestres, aériennes et navales les uns aux autres. C’est une remise en cause du principe de la globalisation, qui a transformé toutes les économies mondiales en un marché et gérées par les accords du Gate (general of agreement on tarif and trade), c’est-à-dire le panier des décisions pour décider des biens culturels à vendre ou des biens qui relèvent de l’exception culturelle. Ce qui a permis que nous découvrons à la télévision les émissions de toutes les cultures. Et même ce qu’on ne peut pas consommer nous est projeté.

Mais brutalement les États-Unis ferment leurs frontières. Suivis de l’Allemagne, la France…ça veut dire que l’Ordre international est aujourd’hui remis en cause ; il est en déliquescence. Ce qui veut dire aussi que les modèles de classement des pays en sous-développés ou développés se sont éclatés.

Donc au Bénin, pays du Vodoun nous devrions nous retrouver pour redéfinir un nouvel ordre national par rapport à la santé, l’économie. Ce qui se fait déjà en politique, avec la gouvernance de la Rupture. Elle a complètement redéfini les bases en politique. Est-ce heureux ou malheureux ? cela n’importe pas actuellement. Cela nous donne juste la preuve qu’avec la pensée on peut utiliser l’action pour construire le bonheur du peuple dans ce qu’on a défini comme politique du développement.

Au plan général il faut redéfinir le rapport des Béninois à la chose endogène. Ce qui a commencé avec le 10 janvier. De plus on a reconnu la chefferie traditionnelle dans la Constitution. C’est heureux !

Alors, la Boologie qui est une science qui s’occupe de l’importance des variables scientifiques de tous ces phénomènes apporte un nouvel éclairage pour montrer que la pensée doit provenir du Vodoun qui est la matrice à partir de laquelle ce pays avait été construit depuis longtemps. Aujourd’hui il faut que nous revenions aux fondamentaux des Jowamon (héritage ancestral), et que nous partions de l’éthique de ces Jowamon pour redéfinir les droits de l’Homme, la politique, l’économie, le bonheur du peuple, remettre les choses à leur place en accordant la liberté aux communautés, aux régions dans le cadre de la décentralisation et sauvegarder les richesses territoriales des Jowamon, des chefferies. La Boologie peut appuyer cette dynamique en formant les jeunes dans la connaissance, la manière d’utiliser les cultures, les Jowamon pour produire de l’équilibre, de la richesse. Nous nous attelons à cela. Et si l’État nous donne les moyens de créer le Département de Boologie nous allons former beaucoup de jeunes qui vont chercher d’abord l’intérêt du Bénin ».

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON

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