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Recteur Maxime da Cruz : « L’université ne peut plus se limiter à former les cadres pour servir l’administration »

L’Uac célèbre 50 ans d’existence. Au-delà de la fête dont cela fait l’objet, l’heure est au bilan du parcours effectué. Le recteur Maxime da Cruz qui a la chance d’organiser l’événement sous son mandat, rend hommage à ses prédécesseurs et reconnaît le défi de réactualiser les offres de formation. La mission de départ, celle de former des cadres au service de l’administration coloniale, est aujourd’hui largement caduque, soutient le linguiste reçu, jeudi 17 décembre par la presse à Abomey-Calavi.

Propos recueillis par Raymond FALADE

 

Bénin Intelligent : Que retenir de l’Université nationale du Bénin (Unb) devenue Université d’Abomey-Calavi (Uac) en termes d’apport positif, 50 ans après ?

Recteur Maxime da Cruz : L’Université d’Abomey-Calavi, comme elle s’appelle aujourd’hui, célèbre ses 50 ans. En réalité ce sont les 50 ans de l’université béninoise puisse que en 1970, le 6 novembre plus précisément, la première pierre a été posée parce que c’était une nécessité. A l’époque c’était une révolution, un changement de paramètre de mettre en place une institution universitaire. Le chemin a été long. Au début nous avions deux sections. Une section Lettres et sciences humaines à Lomé et une section Sciences à Porto-Novo.

Pour ceux qui font un tour à Porto-Novo, si vous allez au Lycée Béhanzin, ex Lycée Victor Ballot, vous allez voir ce qu’on appelle le Bâtiment blanc qui abritait l’Institut des sciences. Pour les moins jeunes, c’est là-bas que nous allions écouter les résultats du BAC qui étaient proclamés en un seul endroit à l’époque. Donc il fallait être au Lycée pour écouter les résultats de tous les candidats au Bac. Même le Bepc c’était là. Même avant le BEPC, le Cep aussi se faisait-là. Quand moi j’étais allé au Bepc, c’est à Porto-Novo que j’ai eu les résultats au plan national.

Pour parler de l’Université, nous étions dans ce qu’on appelle l’Afrique francophone française. Et à l’époque, il y avait un institut supérieur à Dakar. Cet institut a été créé en 1950. Et puis neuf ans plus tard en 1959, il est devenu Université de Dakar, connu aujourd’hui comme l’Université Cheik Anta Diop (Ucad). On ne va pas rappeler les péripéties que notre pays a connues. A un moment donné, il y a eu des situations notamment à travers le militantisme de ce qu’on appelle Union générale des élèves et étudiants du Dahomey (Ugeed) de l’époque qui a été une organisation très militante. Elle était au-devant de la plupart des luttes, que ce soit par rapport au système éducatif ou au plan politique. Donc suite à une série de situations, les Dahoméens de l’époque à travers ce mouvement d’élèves et étudiants ont exigé que notre pays se dote d’une université. Je vais vous dire qu’entre temps, nos compatriotes qui étaient dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, ont vécu des difficultés qui ont commis certains à être rapatriés. Il y a eu une fronde suite au renversement du pouvoir du président Nkrumah, premier président du Ghana. Un panafricaniste comme on en voit plus malheureusement. Quelqu’un qui a cru en l’Afrique, qui était convaincu que c’est par l’unité que nous pouvions relever les défis. Donc les étudiants Dahoméens ont protesté dans les pays où ils étaient contre le renversement de Nkrumah. Ce qui a mis mal à l’aise, les gouvernements des pays dans lesquels ils étaient et on les a expulsés. Il y a eu aussi des expulsions après ce qu’on appelle les événements de mai 68 en France où une fronde de la jeunesse contestait carrément le système en place. Cela a conduit à une crise qui là aussi a eu comme conséquences, le rapatriement des Béninois qui étaient en France. Cette situation de crise a convaincu les Dahoméens de l’époque notamment à travers l’Ugeed, d’exiger des autorités de notre pays l’érection d’une université. D’où, la pose de la première pierre le 6 novembre 1970.

En tant que université à l’époque, l’objectif essentiel de l’administration qu’elle soit publique ou privée, est de former des cadres. Et cette vision allait en droite ligne des préoccupations du colonisateur. Quand le colonisateur a décidé de créer des écoles, c’était parce qu’il avait besoin de cadres pour faire fonctionner son administration pour le servir. La création de l’université ne s’est pas écartée de cette vision. Donc, le blanc est parti, l’européen est parti et nous nous sommes installés et nous avons pratiquement reproduit le même schéma. On a mis des cadres à la disposition de notre pays et des pays de la sous-région et même les institutions internationales. Les Dahoméens de l’époque dès la période coloniale étaient très présents dans beaucoup de pays. Si vous vous renseignez bien auprès de vos parents, ils vous diront que les gens étaient au Tchad, en Centrafrique, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Sénégal, au Congo, au Gabon. Les cadres béninois étaient très présents dans les administrations à l’époque. Ils étaient très recherchés. C’est l’université qui a formé ces gens pour qu’ils puissent servir l’administration de leur pays, l’administration des pays de la sous-région et servira aussi dans les institutions sur le plan international. Ça s’est fait pendant 50 ans. La plupart de ceux qui occupent des postes de responsabilité dans différents secteurs sont des produits de l’université. Donc en terme de bilan, on peut s’en réjouir, mais vous savez toute expérience humaine, il faut l’évaluer.

L’université dans le conteste où elle a été créée avait une mission. Elle a assumé cette mission dans une bonne mesure. Mais le contexte aujourd’hui a changé. L’université ne peut plus se limiter à former les cadres pour servir l’administration parce que les besoins du pays vont au-delà de l’administration publique. Les besoins du pays sont plus importants, plus complexes. Ces besoins ne présentent plus les mêmes contours. Pour aborder un aspect en termes d’illustration, quand je prends le vice-recteur et moi-même, au moment où on a fini notre formation à l’université, l’emploi nous attendait. On n’a jamais écrit à l’administration pour demander un emploi parce que dès que vous finissez, des gens qui étaient en formation à l’étranger, on les forçait à venir. Il y en a qui ont dû interrompre leur formation à l’étranger. Quelqu’un qui a fait une maitrise et qui veut aller faire son doctorat, on lui dit « non, non le pays a besoin de toi ». Certains ont dû descendre pour prendre des emplois. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il y a beaucoup de gens qui ont fini leur formation et qui depuis des années sont encore en quête de l’emploi. Ce qui veut dire que l’obtention d’un diplôme contrairement à ce qui se passait à l’époque n’est plus une garantie pour l’emploi. Et c’est une préoccupation sérieuse. Donc les offres de formation aujourd’hui doivent intégrer cette donne. Les offres de formation intègrent déjà la professionnalisation. Il faut donner aux étudiantes et étudiants qui décident d’étudier ici, les compétences dans la filière qu’ils ont choisie mais il faut aussi les préparer à affronter le monde professionnel. Au-delà même d’affronter le monde professionnel, il faut les préparer à être des créateurs d’entreprise. Donc à être des potentiels utilisateurs des ressources humaines.  Il est révolu le temps où on dit « j’attends une opportunité ». Regardez seulement la question de stage. Même pour obtenir des stages qui ne sont pas payés malheureusement, c’est la croix et la bannière. Il y a des gens qui déposent des demandes et cela ne garantit pas l’obtention d’un stage. Un stage bénévole ! Cela veut dire que le problème, il est important. Les raisons, on peut les développer après mais la réalité est là. L’université a assumé sa mission pendant 50 ans. Le contexte aujourd’hui fait que les missions de départ ne peuvent plus être celles d’aujourd’hui. On aura toujours besoin de former des cadres compétents mais il faut que l’université adapte le contexte d’aujourd’hui à cette réalité.

A quel moment le système d’affectation systématique s’est effondré ?

L’Uac a été créée en 1970 et a eu comme premier recteur le professeur Edouard Adjanohoun. Il a été remplacé en 1975, trois ans après la révolution avec le coup d’Etat de 1972. Et dans cette année 1975, le pays est devenu la république populaire du Bénin. C’est ça qui a amené le premier changement du nom. Et ensuite, il y a eu bien évidemment la création de l’Université de Parakou. Je rappelle qu’en 1975, moi en tant qu’étudiant j’ai vu beaucoup de réactions, beaucoup de revendications pour la création de l’Université de Parakou. Comme aujourd’hui, l’université est le fer de lance des revendications sociales. Ces revendications sociales partaient souvent du problème de préoccupations du monde estudiantin en général et répercutaient sur l’environnement politique. De ce point de vue on est allé jusqu’à la conférence des forces vives de la nation en 1990. Je crois que l’idée de créer, d’ouvrir l’université, puisqu’à l’époque de la Révolution, on a travaillé à la déconcentration du pouvoir qui était déjà conçue depuis cette époque, même si elle a été renforcée après 1990. Il y a eu donc le changement de nom en 1975 et en 2001. Entre ces deux parties, le combat des étudiants a fait son chemin. Je me rappelle des nombreuses grèves pour exiger ceci ou cela, notamment l’augmentation des frais de bourse mais l’autre élément déterminant, je vous ai dit que lorsqu’on finissait sa formation l’emploi était garanti, jusqu’en 1986, où il y a eu rupture. On a mis un terme aux processus d’affectation systématique. Les gens faisaient la liste de ceux qui finissaient et c’est le conseil des ministres qui fournissait une longue liste des affectations.

A partir de 1986 il y a eu rupture avec ce schéma. Et désormais, les étudiants ont compris que la répartition systématique dans l’administration, c’est terminé. Dans la période révolutionnaire, à côté de l’administration publique, le gouvernement a créé beaucoup de sociétés d’Etat. Ces sociétés consommaient aussi une bonne part des ressources humaines qui sortaient des universités. Avec l’interruption de cette mise à disposition, on a commencé à vivre le cauchemar d’étudiants diplômés qui ont leurs parchemins mais qui sont sans perspective. On peut estimer que c’est l’un des moments déterminants à partir de 1986 qui concerne l’université parce que c’est elle qui forme. Ce moment concerne l’ensemble du pays parce que c’est comme si un monde s’effondrait.

Les offres de formation répondent-elles encore aux besoins du pays ?

Une offre n’est pas quelque chose de statique. Une offre est dynamique. Cela veut dire que dans un contexte normal, si on met en place une offre de formation, il faut de temps en temps l’évaluer selon une certaine périodicité. Il faut l’évaluer pour voir si les objectifs assignés au départ sont atteints. Si l’évaluation est conduite à son terme, il ne faut pas exclure qu’une offre de formation qui ne répond plus aux besoins de développement soit supprimée. Ce travail se fait dans nos entités aujourd’hui. Lorsque nous avons présenté le rapport de gestion, nous avons donné des statistiques par rapport au nombre d’offre de formation qui ont besoin d’actualisation, de révision et si le besoin se fait sentir d’autres doivent être supprimées. Et vous savez, il y a des filières dans lesquelles des formations ne garantissent plus l’insertion professionnelle à ceux et celles qui choisissent d’y être formés. Donc il faut en tant qu’institution universitaire se prononcer là-dessus. L’autre aspect qu’il faut ajouter, l’université doit être davantage dans une logique d’anticipation. On peut se dire qu’il y a des offres qui existent, qu’il y a des formations qui se créent on va tout faire pour répondre à ces besoins mais la réponse à ces besoins ne peut plus se faire intra-muros, dans les quatre murs à l’université. Il y a heureusement longtemps que l’université s’ouvre au monde professionnel. Il y a beaucoup de professionnel du monde de l’entreprise privée qui interviennent dans nos formations. Ils ont des enseignements qu’ils assurent comme encadreurs de stage. Beaucoup parmi eux siègent dans les jurys et ils sont associés même à l’élaboration des offres de formation ; ce qui était inimaginable au début de la création de l’université. L’université était comme une citadine. Maintenant l’université s’ouvre au monde. C’est une démarche incontournable. On ne peut pas faire économie de cette immixtion, de cette intrusion, de cette ouverture de l’université à la société. L’entreprise étant à l’intérieur de la société, il faut s’ouvrir.

Mais l’autre aspect qu’il faut intégrer aussi, il ne faut pas se limiter à ce qui est visible. Il faut être dans une démarche prospective. Observer le fonctionnement de la société, de notre monde pour imaginer les métiers de demain et anticiper, parce que si on attend  que le métier se crée avant d’initier une offre, il y aura des besoins qui ne seront pas satisfaits. Regardez dans notre environnement aujourd’hui, il y a eu des progrès. Nous avons globalement trois formats de système. Il y a ce qu’on appelle système formel, les écoles que ça soit au primaire, au secondaire ou à l’université ; il y  a le système non formel qui relève de l’éducation des adultes ; mais il y a le système informel qui concerne tous ceux qui  se présentent comme apprenti dans nos ateliers de couture, de mécanique… Aujourd’hui nous avons fait de progrès au point où dans ces ateliers, ils passent ce qu’on appelle le « Certificat de qualification professionnelle ». Cela veut dire qu’il y a ce souci de formaliser ces secteurs de formation mais aussi de permettre aux gens de jouir d’une formation de qualité ; et le développement vers lequel il faut aller, il faut tenir compte des réalités professionnelles du monde aujourd’hui.

Quand vous prenez le cas d’une institution comme l’Uac, il est arrivé que nous dépassions cent mille étudiants. C’est énorme ! Ce n’est pas vivable parce qu’il faut que l’université gère les effectifs. Et selon les standards, globalement c’est autour de 20 mille. Quand on arrive à 100 mille, ça veut dire qu’une seule université héberge les effectifs de 5 universités. Cette université a été créée en 1970. Elle est devenue Unb en 1975 puis Uac en 2001 à la création de l’Université de Parakou. Aujourd’hui on est à 4 universités publiques pluridisciplinaires et thématiques. Ce n’est toujours pas suffisant. Mais en son temps il faut réfléchir aux opportunités qu’il faut offrir à tout ce grand nombre d’étudiants qui pour certains, sont appelés à choisir des filières juste par conformisme. Il faut que l’étudiant dans ses choix tienne davantage compte de ses opportunités qui s’offrent à lui. Si je fais cette formation, qu’est-ce que j’ai la possibilité d’avoir comme opportunité ? Quels sont les moyens qu’elle me donne à moi-même de créer des opportunités ? Donc il faut de plus en plus nous préparer à ce qu’on appelle des « formations aux métiers ». Tout à l’heure j’ai parlé de mécanique, je peux parler d’électricité, de plomberie…

Regardez tout ce qu’il y a comme chantiers chez nous ici. Quand vous avez un suivi rigoureux avec des structures de contrôle, vous vous rendez compte que les conditions de travail ne sont pas toujours conformes aux normes. Imaginez un apprenti qui ne peut pas lui-même renforcer ses capacités. Et le premier outil de renforcement, c’est la capacité à exploiter la documentation. Comment puis-je exploiter une documentation si je ne peux pas y accéder, si je ne peux pas la lire, si je n’ai pas accès à la langue dans laquelle les supports sont proposés. Même si c’est un support audiovisuel, si la langue dans laquelle c’est fait je n’y ai pas accès, j’ai beau écouter mille fois, je ne comprendrai pas de quoi il est question. Pour dégrossir un peu donc l’effectif, il faut offrir les possibilités du choix alternatif aux bacheliers, leur faire comprendre que l’université est saturée en terme de capacité à héberger, à accepter les bacheliers. Il faut leur donner des possibilités. On ne peut pas leur demander de faire tous les choix. Il faut leur donner les structures qui peuvent les accueillir pour leur offrir la possibilité du choix alternatif. L’Université a fait son chemin. Elle est dans le processus d’actualisation de ses offres pour tenir compte davantage des besoins du marché. Mais ce travail doit être renforcé parce que, tant qu’on a des plaintes, tant qu’on a des observations critiques sur ce que nous faisons -et c’est utile pour nous- on a besoin de ce feedback parce qu’on a besoin d’entendre l’évaluation que font les utilisateurs potentiels des ressources, des cadres que nous formons. On a besoin de ces observations pour ajuster des choses, pour corriger ce qui doit être corrigé.

A côté des formations, j’ai dit qu’on prépare des gens à l’administration. Il y a un travail qui se fait dans les laboratoires. Les laboratoires viennent appuyer les formations à partir de ce qu’on appelle les études avancées. Lorsque vous êtes en master ou lorsque vous préparez votre doctorat, vous avez besoin d’être actif dans un laboratoire parce que les recherches viennent appuyer le travail de l’enseignant pour lui permettre d’actualiser son cours ; les recherches ont besoin justement de tous ces outils mais en même temps, les résultats de ces recherches viennent appuyer l’actualisation du cours. Si vous faites des recherches et que ces recherches vous conduisent à des innovations, il faut que ces innovations soient mises au service de la qualité de l’enseignement. Donc c’est un scénario de va-et-vient, d’interaction entre ces deux pôles de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique où il faut toujours viser l’objectif de la qualité de l’enseignement supérieur.

Après 50 ans d’existence, quelles sont les perspectives ?

Pour l’Uac, il faut continuer d’améliorer les conditions de formation des étudiants. Il faut les préparer à mieux faire face aux défis du monde professionnel. Mais il faut aussi les préparer à être des créateurs d’entreprises. Il faut les préparer à plus d’autonomie, en nous rappelant quelque chose d’essentiel que quand on vient à l’université on doit être préparé pour la vie, le prétexte c’est d’aller chercher un diplôme, mais au-delà l’université doit nous donner les moyens d’affronter les problèmes de la vie. Je suis formé dans tel secteur, mais j’ai eu l’opportunité qui ne correspond pas exactement à ce que j’attendais d’exercer comme métier, les ressources que l’université me permet de développer doivent me servir à m’adapter. Je dois montrer que j’ai la capacité de relever ce défi. Je dois montrer ma capacité d’adaptation et d’innovation. C’est important pour la vie de l’université. C’est la vie de l’universitaire. Parce qu’on dit souvent : les gens sortent, ils ont une formation qui n’est pas adaptée au marché de l’emploi. Je crois que ce commentaire, il faut le nuancer, parce que personne ne sort de l’université comme du prêt à porter. Personne ne sort avec tous les outils qu’il lui faut pour affronter le monde professionnel. C’est l’exemple du médecin. Lorsqu’il intègre un centre de santé, il y a des choses qu’il va apprendre de l’aide-soignant, de l’infirmier, parce que leurs expériences leurs permettent d’avoir une longueur d’avance sur lui par rapport à la manière d’aborder un certain nombre de problèmes.

En termes de souvenir, nous avons un joyau à l’université. Il y a quelques années, Calavi a gagné le Prix de « Commune verte ». Vous savez à quoi Calavi doit cela ? C’est grâce au Jardin botanique. C’est une mine d’or, et il faut encourager les Béninois, les inciter à venir davantage le découvrir. Il y a des gens qui sont sur le campus, des étudiants qui n’y sont jamais entrés. Il n’y a pas que des étudiants, il y a aussi des enseignants, des membres du personnel administratif. Il faut visiter cela, parce que vous y avez des richesses auxquelles vous ne pouvez pas penser. C’est un joyau, et ce joyau on le doit au premier initiateur, le Premier recteur de l’Uac, professeur Edouard Adjanonhoun. D’autres enseignants ont pris le relai de l’université notamment le recteur Brice Sinsin qui s’est beaucoup investi dans la vie de ce jardin botanique. Nous avons le directeur du Jardin, le docteur Pierre Agbani qui fait un travail formidable.

Au niveau de l’université, il y a encore un travail en termes d’identification des bâtiments. On a aujourd’hui baptisé des rues, ce qui n’était pas le cas. Quand les gens de ma génération venaient à l’université, pour retrouver une faculté c’était la croix et la bannière. Aujourd’hui, il y a des panneaux. Ces panneaux, vous avez constaté,  ont été enlevés entre temps pour être en phase avec les instructions du gouvernement d’être repris avec les armoiries du Bénin. Nous avons reçu les informations qui doivent aider à mettre en place ces plaques et la procédure de passation des marchés publics a fait que nous attendons, mais cela va se faire sous peu. Le processus est déjà avancé, les attributaires de ces marchés doivent pouvoir nous remettre nos enseignes. Chaque fois que ces enseignes n’étaient pas en phase avec les instructions du gouvernement on a dû les enlever.

Il faut aussi voir le problème en termes d’amphis. On en a réfectionné les plus anciens : l’amphi de l’ex Flash, de la Fast, de la Fadesp…les plus vieux amphis du campus. On les a réhabilités pour les mettre au goût du jour, parce que c’était important pour l’histoire de l’université. A l’occasion des 50 ans, grâce à certains étudiants et des acteurs de l’université nous avons identifié et nous nous sommes réconciliés avec le site de la Première pierre, libéré de la végétation qui l’étouffait, nous l’avons réhabilité, pavé…Ce sont des choses qui nous permettent de mieux percevoir ce que notre institution est. Nous avons érigé un monument du cinquantenaire pour marquer ce passage. Il faut que le cadre de vie soit adapté aux besoins de ceux qui viennent. Quand on arrive dans son lieu de travail on y passe l’essentiel de son temps. Les personnes avec lesquels on conserve les meilleures relations ce sont généralement des personnes sur le lieu du travail. Il faut que cet environnement soit vraiment au service du vivre ensemble, que les gens se sentent épanouis, qu’ils aient envie de se rendre sur leur lieu de travail. Il y a une amélioration entre ce que l’université était au départ et ce qu’elle est aujourd’hui.

Il faut rendre justice et dire que les résultats auxquels nous sommes parvenus sont le fruit du travail de tout le monde.

Vous voyez le nombre de recteurs qu’on a eus depuis ces années-là, chacun d’eux a apporté sa pierre à l’édifice. C’est important de le souligner. Je rends hommage à tous les anciens recteurs. Je m’incline devant la mémoire de ceux qui ne sont plus de ce monde. Que Dieu accueille leurs âmes dans son royaume céleste ! Mais c’est un travail de plusieurs générations. Que ce travail se poursuive en mettant au cœur de toutes nos préoccupations l’intérêt de notre institution. Elle doit passer avant nos individualités. Si nous faisons tout pour l’institution c’est clair que tout ce que nous allons faire de bien va rejaillir sur nous. Quand on fait aussi de mal ça rejailli. Travaillons pour que ce soit le bien qui prime. Nous avons les moyens de le faire, il faut le vouloir. Il faut être engagé, déterminé, travailler dans la confiance, le respect des règles, dans l’amour avec beaucoup d’humanisme, de solidarité et d’empathie.

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