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Réformes au Bubedra : La jouissance du droit d’auteur s’améliore (Homeky expose les réformes, de nouvelles cartes distribuées aux artistes)

Que se passe-t-il au Bureau béninois du droit d’auteur et droits voisins (Bubedra) pour sortir les acteurs culturels de l’indigence ? La question était au cœur d’une rencontre, lundi 20 mai au Bénin Royal Hôtel de Cotonou. Aux commandes, le ministre du tourisme, de la culture et des sports Oswald Homeky et l’équipe du Bubedra présidée par le directeur général Eugène Aballo.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Il n’est pas rare d’entendre des artistes de renom s’offusquer d’avoir perçu moins de 50 000F au titre de droit d’auteur. Cette plainte qui renseigne sur la déchéance de la structure en charge de la question, le Bubedra, est à l’origine de la rupture de confiance entre ce dernier et ses partenaires. A son avènement, le gouvernement de la Rupture a donc fait, depuis le 21 février 2018, un état des lieux en vue de cicatriser cette plaie qui ronge les artistes. L’exposé des équipes du ministère a montré que le Bubedra souffre de l’action humaine, de la caducité des textes administratifs et législatifs, l’inexistence d’un manuel de procédures, l’inefficacité du système de perception, du faible taux de recouvrement des créances et d’une faible couverture du territoire par les agents percepteurs eux-mêmes numériquement insuffisants, l’absence d’un corps de contrôle, la présence de doublons dans la base de données des sociétaires, des artistes fictifs, l’absence de relevés de programmes d’œuvres exécutées qui ne permet pas une répartition équitable des redevances, l’inexistence d’une stratégie de communication entre le Bubedra et ses partenaires, l’insuffisance du personnel et son défaut de qualification.

Thérapie du gouvernement

Face à ce tableau lugubre, le gouvernement a entamé des réformes. Globalement, elles visent à faire du Bubedra une structure moderne performante. Pour y arriver, les textes du Bureau ont été actualisés de commun accord avec quelque 407 sociétaires, la qualification du personnel contraint au résultat a été corsée, la dématérialisation du dispositif de collecte des droits d’auteur engagée, et enfin, la rationalisation des charges de fonctionnement. Sans oublier la refonte du fonds social.
Ces réformes portent déjà des fruits. En effet, au titre de recouvrement de redevances, 147 655 255 F ont été collectés en 2017, 197 329 600 F en 2018, ce qui donne une nette augmentation de 35 %. Un acteur culturel, qui percevait moins de 100 000F a témoigné au cours de la rencontre être passé à 500 000F voire 700 000F. Soulignons que les réformes ont également permis la reprise des recouvrements dans le département de l’Atlantique où ce n’était plus le cas depuis 2013.
Avec la consistance de la moisson, le Bubedra s’est permis de faire trois répartitions par an au lieu de 2 par le passé. Une première au Bénin. A titre illustratif, le Dg Eugène Aballo a renseigné qu’en 2017, la structure a reparti 59 291 777 F. les sociétaires s’élèvent désormais à plus de 4600 acteurs culturels, 341 nouveaux contrats.

Les artistes sourient

Toujours dans la dynamique de restructuration, les acteurs culturels partenaires du Bubedra sont désormais identifiés grâce à une carte plus moderne et sécurisée. Il s’agit des cartes numériques générées directement par le système qui attribue un code barre unique à chaque acteur. Certains acteurs culturels ont reçu sur-le-champ leurs cartes dont la durée de vie est de 5 ans, prix 2000F. L’avantage de ces cartes, c’est qu’elles permettent désormais au Bubedra de se doter d’une base de données fiable où des sociétaires fictifs n’ont plus de place. Par ailleurs, un fichier national informatisé des redevables du Bubedra sera bientôt disponible.
Changer ainsi de méthode est la seule solution, a soutenu le ministre Homeky. Car, l’État, dit-il, ne sera jamais capable de prendre en charge tous les artistes dès qu’ils ont une petite difficulté. Il fallait donc simplement œuvrer qu’ils vivent de leur art. Il les a donc exhortés à se faire enregistrer.
« La Culture est dans de bonnes mains », a salué le roi Alèkpéhanhou. « C’est du jamais vu ! Les artistes ne tomberont jamais », a déclaré Pipi Wobaho en félicitant et remerciant le ministre et ses équipes avec son habituel ton humoristique. La chanteuse Sessimè a salué « l’évolution observée » et le travail formidable abattu.
La ‘’Maison de l’artiste’’ est le prochain chantier sur lequel le ministre travail. Il a promis rencontrer prochainement les acteurs culturels pour une discussion à propos.

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