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Regards croisés/ Azannaï et Talon se prononcent sur la participation des partis de l’opposition aux législatives

Candide Azannaï :

« Jusqu’au 18 février, date où les partis politiques de l’opposition se sont vus obligés de tirer la sonnette d’alarme, nous étions à deux jours du démarrage du dépôt des dossiers sans qu’aucun parti politique ne soit situé sur son statut juridique. Bien que fort de notre existence juridique et malgré l’accompagnement des formalités de mise en conformité, nous étions donc incapables à cette date de savoir dans notre pays, les partis politiques pouvant présenter des candidats aux élections législatives. Personne ne savait parmi nous quels étaient les partis politiques qui avaient un statut juridique conformément aux déclarations antérieures et de la cour constitutionnelle et celle du ministre Sacca Lafia de l’intérieur au cours d’une conférence de presse. Nous ne savions pas et nous étions à deux jours. Le quitus fiscal n’est pas disponible pour la majorité des candidats. Le 21 février, le ministre de l’intérieur a choisi de délivrer aux seuls partis de la mouvance, leur récépissé provisoire suivi du fameux certificat de conformité. »

Patrice Talon :

« Si vous maintenez dans vos dossiers en l’état, des documents qui constituent à la limite même un délit, de fausses déclarations, ne demandez pas à l’administration de fermer les yeux là-dessus. Parce que nous aurons commis le péché de foutre tout en l’air ; parce que nous aurons donné la preuve que ce qu’on attend de nos concitoyens ordinaires, nous ne l’attendons pas de ceux qui sont appelés à diriger le pays. On ne peut pas accepter que quelqu’un qui aspire à être parlementaire, à briguer l’Assemblée, à être ministre de la république, à désigner des ministres au gouvernement fournisse à l’administration des dossiers avec du faux…. L’absence éventuelle des partis politiques de l’opposition que vous représentez aux élections législatives à venir, -je souhaite que ce n’est soit pas ainsi-, mais cela dépend exclusivement de vous. Personne ne peut forcer la main à un parti politique pour aller aux élections. Les dispositions à satisfaire pour aller aux élections relèvent également de votre volonté, de votre disponibilité à remplir ces conditions. Je voudrais vous prier de ne pas passer le temps à dire que la loi est mauvaise, elle est votée et tant qu’elle n’est pas remise en cause, elle est applicable ; de ne pas dire que le ministère de l’intérieur a été trop exigeant sur ce qu’on vous demande. Je voudrais vous inviter à donner suite favorable à l’attente de nous tous… j’ai espoir que les choses seront corrigées et qu’à la limite, on demandera à l’administration de travailler toute la nuit, de veiller… J’ai vu des gens convoquer des congrès extraordinaires à quelques heures. C’est n’est pas à moi de vous dire ce qu’il faut faire. Mais je serais à votre place que je serais capable d’être présent aux élections à venir. Il ne sert à rien de faire beaucoup de bruits, d’attaquer la loi qui est votée. Même si vous n’êtes pas d’accord, elle est votée. Elle s’impose à tout le monde. Si vous voulez vraiment aller aux élections, vous avez les moyens d’aller aux élections. Il ne faut pas faire exprès de décrédibiliser l’action gouvernementale en disant c’est sous lui qu’il y a eu élection où aucun parti de l’opposition n’a compéti.  Mais je serai malheureux de constater qu’il n’y a pas de partis d’opposition. Je ferai toutes les prières qu’il faut pour qu’il n’en soit pas ainsi, pour déjouer votre plan. Peut-être que vous faites exprès. Mais il faut plus que ça pour me démotiver. J’exige l’excellence en toute chose, en tout lieu. Ça peut être considéré comme un défaut. Mais je sais que l’exigence de l’excellence est pour moi le seul moyen de changer le sort de notre pays. Ça va autant pour les policiers, pour les enseignants, les médecins que pour les dirigeants politiques. Je vous invite donc à donner le meilleur de vous-même pendant qu’il est encore temps pour être présents aux élections. L’administration jouera son rôle. Les gens veilleront pour faire ce qu’il convient de faire. »

Propos recueillis par Laurent KOKOU

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