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Rencontre culturelle « créer pour renaître » : Des blessés de la vie redonnent l’espoir

C’est à l’espace culturel « Le Centre » d’Abomey-Calavi que s’est tenue, mercredi 15 mai, la rencontre culturelle dénommée « créer pour renaître ». Organisée par l’artiste sculpteur de pierre, Charly Djikou en symbiose avec les associations ‘’Traits d’Union de France’’, Finagnon et Houéf’Art du Bénin, elle vise à semer l’espoir là où les fers de la vie l’ont éteint.

Par Sêmèvo B. AGBON

Charly Djikou, enfant de rue devenu père de la sculpture de la pierre au Bénin. Autour de lui, Monique Minni, rescapé des horreurs de la guerre et Elisabeth Nass confrontée à une grave maladie. Ils ont donc en commun d’être ou d’avoir été des enfants blessés par la vie, des personnes qu’on ne saurait jamais imaginer dans une réussite un jour. Pourtant, ils ont déjoué tous les pronostics pessimistes ou fatalistes pour se faire un nom. Leur secret : la résilience, que l’artiste Charly Djikou développe comme « l’art de traverser les torrents ». Sans oublier la créativité, qui permet de survivre à un choc traumatique, un blocage. Enfant de rue appelé à se battre seul contre les vicissitudes de la vie pour ne pas être emporté à jamais par le néant, Charly Djikou est aujourd’hui un modèle parfait de résilience, une leçon de créativité contagieuse. A juste titre, cette rencontre dénommée « créer pour renaître » lui a permis de partager son histoire avec le public. « La créativité m’a permis d’être en face de vous ce soir et elle me révèle depuis toujours qu’il faut se munir de l’espoir pour réussir », a-t-il déclaré devant un public attentif, intéressé. Et de poursuivre d’un ton assuré : « Qui vit d’abord pour les autres vit réellement et qui vit pour lui-même survit et vivote. Il faut donner suffisamment cet amour dont on nous a privé dans notre enfance pour s’épanouir ». Autant de paroles réconfortantes pour ceux qui traversent en toute silence et solitude, des situations d’enfer.

Outre ces partages, la rencontre a été également agrémentée par la projection du film dénommé : « Silences d’enfances » réalisé par les français Monique Minni et de Jullien Carvalo. D’une durée de vingt-trois minutes, il offre l’histoire d’une jeune fille qui doit se battre pour survivre dans un monde hérissé d’ennuis ayant pour noms : haine, violences, guerres, méchanceté des hommes, problèmes environnementaux. A travers « Silences d’enfances », c’est la célébration des valeurs telles que le pardon, la paix, l’amour, l’espoir, le vivre ensemble au moyens d’images et personnages dessinés sur des tableaux d’art plastique accompagnés d’un commentaire qui transperce l’âme.

L’association Finagnon dirigée par Moumouni Salami qui a soutenu la rencontre fait déjà de ces valeurs, son crédo. En témoigne les nombreuses œuvres sociales qu’elle a réalisée grâce à l’appui de ses partenaires (Traits d’Union et Energie sans Frontière) pour donner le sourire à des centaines de vie. Il s’agit notamment du projet d’adduction d’eau potable à Womey au profit de mille cinq cent élèves de l’école primaire publique de Yemaha, a évoqué Moumouni Salami. De même, c’est par amour que les musiciens du groupe Iag et de « Chant Alsace Solidaire » ont donné un concert live.

Signalons que le trio Monique Minni, Moumouni Salami et Charly C. Djikou prépare une tournée culturelle en France dans le cadre d’une résidence de formation et de production en sculpture de pierre. Ce qui permettra à Charly C. Djikou de mobiliser des partenaires au profit de son projet « La Cité des empreintes sur pierre de Savè ».

 

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