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Renforcement de la démocratie béninoise : La renaissance de la presse mobilise

À la suite du rapport remis le 3 mai dernier par le comité de relecture des textes fondamentaux des organes de gestion des médias, un atelier de validation de leurs propositions a été organisé, vendredi 27 mai à Nobila airport hôtel de Cotonou. Les professionnels des médias, sous l’œil vigilant de doyens et personnes ressources, ont eu le courage d’aborder les maux qui minent leur corporation.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Vers la création de l’Ordre national des journalistes du Bénin ou une Chambre en vue de l’assainissement de la corporation ? C’est en tout cas une des recommandations fortes des experts et personnes ressources invités à l’atelier. La nécessité d’un renouveau de la presse et dans le fonctionnement des quatre organes de gestion des médias au Bénin a été partagée par tous. Qu’il soit jeune ou doyen dans le métier, tous les professionnels sont tombés d’accord. Même si certains craignent que le moment où les réformes sont engagées peut laisser penser qu’elles sont envisagées contre des figures, le président du présidium, Agapit Maforikan a appelé à se débarrasser de cette « suspicion »

 

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Après plus de trois mois de travaux, le comité de relecture des textes fondamentaux de ces instances, a déposé un rapport de 129 pages. Le document a été présenté aux participants par Levy Ayeyemi, un des membres. S’agissant du fonctionnement des organes de gestion des médias, les propositions du comité de relecture ont fait l’objet de débats généraux, de travaux en commission et de restitution.
Les goulets d’étranglement de la presse béninoise et surtout des quatre organes de gestion des médias identifiés par le rapport ont pour nom : difficultés de financement ; les faîtières vues comme des filières de business personnel et de satisfaction des ambitions des responsables ; gestion opaque des ressources financières obtenues ; mauvaises conditions de travail des professionnels des médias ; le manque de management des faîtières.
Le problème qui s’est fait itératif dans les échanges, c’est celui lié à la vie financière des médias. Basile Tchibozo, l’ancien président du Conseil national du patronat de l’audiovisuel et de la presse (Cnpa-Bénin) va dénoncer la « fiscalité » qui tue les entreprises de presse et exhorter vigoureusement à « un guichet unique ». Les entreprises de presse, enfonce Evariste Hodonou, vice-président de l’Assemblée spéciale, « souffrent de l’amenuisement constant de leurs ressources ».

 

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Au niveau du Cnpa et de l’Upmb, le comité propose par exemple, que les membres du Bureau directeur (Bd) soient élus pour un mandat renouvelable une seule fois ; les postulants aux différents postes du Bd soient interdits de tout autre mandat des organisations des médias (faîtières ou non) ; et qu’un membre du Bd désigné, nommé ou élu à un mandat dans les organisations des médias (faîtières ou non) démissionne dans les trente (30) jours francs suivant la date de son élection ou de sa nomination.
À l’Odem, le comité suggère de faire siéger des professionnels des médias honoraires dont le professionnalisme avéré est reconnu, « ceci pour faire revêtir l’instance du poids de l’expérience, de l’indépendance, de la crédibilité nécessaire et de toute sa grandeur et de sa notoriété ». Les membres de l’Odem ne devraient postuler à aucun autre mandat des organisations des médias (faîtières ou non), et le représentant de la société civile devra être désigné par les faîtières des organisations de la société civile pour une représentativité réelle de la société civile.

 

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S’agissant de la Maison des médias (MdM), le comité a suggéré le retrait de son directeur du Conseil d’administration. « Il peut en être observateur ou participer aux sessions pour éclairer ou répondre aux préoccupations du Ca ou encore pour écouter les décisions et recommandations », insistent les rédacteurs. En ce qui concerne, enfin, la représentation de la corporation au sein des institutions de la République, les neuf membres du comité optent pour le Retour à l’option « désignation » que des participants ont eu du mal à agréer. Selon cette proposition, « Désormais, les représentants seront désignés par la corporation à travers l’Assemblée spéciale après l’examen et l’évaluation des candidats par un jury qu’elle aura mis en place ». Le candidat retenu prêtera serment devant l’Assemblée spéciale et des engagements écrits seront donnés par les postulants retenus.

Nouveau départ

Les amendements souhaités par les participants en commission, les propositions agréées et les réserves exprimées ont a été recensés. « Il revient à nous faîtières de les partager avec mes camarades en assemblée générale, afin qu’elles soient adoptées ou amendées », a précisé Evariste Hodonou, président de l’Assemblée spéciale. Selon lui d’ailleurs, les réformes sont comme des rétroviseur et miroir. La date du vendredi 27 mai, croit-il, devrait augurer de beaux jours. Elle marque la « rupture avec les pratiques peu recommandées et un nouveau départ » non seulement pour la presse en générale mais surtout au niveau de la Commission électorale autonome pour l’élection des professionnels des médias devant siéger à la Haac au nom des acteurs des médias du Bénin (Cea-Haac) ; l’Observatoire de la déontologie, de l’éthique dans les médias (Odem) ; la Maison des médias Thomas Megnassan ; et l’Assemblée spéciale des Bureaux des deux Unions professionnelles (l’Upmb et le Cnpa-Bénin) des Médias du Bénin (As).
Quant au statut de journaliste au Bénin, plusieurs participants ont observé que la corporation est devenue trop poreuse. D’où il urge de resserrer les rangs. Que les réformes soient donc « gage d’une presse professionnelle », a souhaité Cécile Ahoumènou, vice-présidente de la Haac. Dans le même sens, Ahmed Sacca Yarou a rappelé que « La démocratie et l’état de droit ont pour principale vitrine les médias ». Par conséquent, « ceux-ci doivent être performants »
La question des médias numériques et leur régulation est revenue maintes fois lors des échanges.

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