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Renouvellement des membres des institutions : Les exhortations de Talon

C’est à Sèmè city que le président Patrice Talon a reçu, lundi 22 juillet, le serment des nouveaux membres de la Haute cour de justice (Hcj), de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), et du Conseil économique et social (Ces). Il leur a indiqué ce qu’on attend de leur mandat.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Précis et concis comme il sait l’être au pupitre, Patrice Talon a prononcé trois différents discours. Pour rappeler aux membres des trois différentes institutions, la Hcj, la Haac et le Ces, les attentes et espoirs qu’ils doivent satisfaire.

Hcj : Gendarme du Gouvernement.

La Haute cour de justice est, dans la Loi fondamentale du Bénin, l’institution chargée de juger le Président de la République et les membres du Gouvernement pour les faits qualifiés de haute trahison et les infractions qu’ils auraient commis pendant leurs. C’est pourquoi Patrice Talon exige qu’elle « assume dorénavant pleinement son rôle de gendarme du gouvernement » malgré les obstacles. « J’ai bien conscience que la mission est difficile, notamment à cause d’un cadre institutionnel qui fait dépendre le sort des poursuites de considérations politiques, et donc potentiellement politiciennes plutôt que juridiques », a-t-il souligné. Il n’a pas raté l’occasion de rappeler l’exigence « d’une justice égale pour tous ». Une juridiction spéciale (en l’occurrence la Hcj) pour des citoyens ‘’privilégiés’’, c’est-à-dire les ministres et le président de la République, déroge au principe universel de l’égalité de tous devant la loi. Pour corriger ce deux poids deux mesures, la réforme constitutionnelle envisagée, qui a échoué malheureusement, avait voulu de la suppression de la Hcj. Pour Patrice Talon, « c’est avant tout, le jeu des petits arrangements et des grandes compromissions, favorisé par un système partisan peu fiable, qui a perverti les privilèges de juridiction et fait d’eux le paravent de l’impunité ». Car, cette Cour, depuis un quart de siècle, n’a jamais pu juger un de ses cibles. Et pour cause, « un cadre institutionnel qui fait dépendre le sort des poursuites de considérations politiques, et donc potentiellement politiciennes plutôt que juridiques », a-t-il dénoncé. Il est alors impérieux que les nouveaux membres contribuent à briser les « concussion, corruption, abus de fonction, etc. » qui entravent le développement équitable du Bénin. Le peuple béninois assoiffé de justice « veut à juste titre être rassuré que la loi est la même pour tous et que nul n’est absout de ces fautes par le seul fait de sa position politique », a insisté le président Talon.

Haac : sortir le métier de l’amateurisme et de la vénalité

La Haac est l’institution de régulation des médias. Patrice Talon a une parfaite connaissance de leur monde. En témoigne la présentation critique qu’il en a faite lors de la cérémonie d’installation de la 6ème mandature. Tout en exprimant son attachement au pluralisme des opinions et à leur libre expression, il souhaite que les médias se portent mieux. Pour y arriver, les points à toucher vont de l’adaptation des médias à l’environnement concurrentiel des réseaux sociaux au problème des sources de leur financement sans occulter le modèle économique à mettre en place à leur profit. Ce sont autant de défis que le président Talon a rappelé aux conseillers de la Haac. Les travers déplorés çà et là dans cette corporation viennent, soutient-il, de « la précarisation de la profession que rien n’a préparé à la concurrence des réseaux sociaux et autres médias alternatifs ». En concertation avec les associations professionnelles, Patrice Talon souhaite que les neuf nouveaux membres fassent de « …l’éthique et de la déontologie dans les médias, … le principal instrument de la discipline au sein de la corporation ». Ce qui s’inscrit dans la double mission que la Constitution a reconnue à la Haac, à savoir : préserver, la protéger et réguler la liberté d’expression. « Il vous faudra … déployer des trésors d’ingéniosité, d’habilité et sans doute aussi beaucoup d’audace et de fermeté pour engager les uns et les autres dans les voies qui permettront de sortir le métier de l’amateurisme et de la vénalité », a-t-il exhorté.

Ces : souffler des conseils aux oreilles du gouvernement et du Parlement

« Selon la Loi fondamentale, le Conseil économique et social donne son avis sur les projets de loi, d’ordonnance ou de décret ainsi que les propositions de loi qui lui sont soumis », a rappelé d’entrée le président Talon. Il est sa 6ème mandature. Pour Talon, « Sa légitimité, au-delà de la Constitution, réside dans sa composition qui transcende toutes nos différences et les sublime pour les mettre au service de l’intérêt national ». Il ne doute pas de sa capacité à assumer convenablement sa mission. Sa composition faite « des femmes et des hommes venus d’horizons professionnels et sociaux variés, et pétris d’expériences diverses » est un atout majeur, à l’en croire. « Votre Institution a une vocation constitutionnelle à souffler des conseils aux oreilles du Gouvernement et du Parlement. Je voudrais vous réitérer ici, l’assurance que vos avis et recommandations avisés recevront toujours l’attention soutenue du Gouvernement », a promis Patrice Talon. Le Ces comporte 30 membres.

L’installation de ces trois institutions de la république est la preuve du bon fonctionnement de l’État. Il reste à espérer que les citoyens honorent leurs serments. Le développement du pays en dépend.

 

 

 

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