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Réouverture des classes : La reprise qui divise !

La réouverture des classes décidée par le gouvernement n’a pas le consentement des centrales syndicales. Elles estiment que les conditions de cette reprise ne rassurent pas quant à la sécurité sanitaire des apprenants.

Par Sêmèvo B. AGBON

Préoccupé par le retour progressif au cours normal de la vie et des activités économiques, le gouvernement a acté la levée du cordon sanitaire le lundi 11 mai prochain avec la réouverture des écoles même si tous les apprenants ne sont pas concernés. Ainsi, dès lundi prochain, seuls les écoliers du CM2, les élèves et les étudiants aussi bien du public que du privé vont reprendre les cours. En vue de les prémunir contre la contamination au coronavirus, le gouvernement, lors du conseil des ministres du mercredi 6 mai, a décidé d’une panoplie de mesures pour accompagner cette réouverture. Il s’agit de l’obligation de port de masques pour tous les usagers (apprenants, enseignants, divers personnels de soutien). Dans ce sens, des masques seront gratuitement distribués dans les écoles, collèges et universités publics, a promis le conseil ; et le dépistage systématique et progressif des enseignants, du personnel administratif et de service.

La consternation des syndicats

Ces précautions annoncées par le gouvernement ne sont pas efficaces aux yeux des syndicats. Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) est le premier responsable syndical à avoir affiché son indignation. Dans une publication sur sa page Facebook, il a fait observer que le cadre des écoles n’est vraiment pas propice pour la mise en application des mesures sanitaires de lutte contre le virus dont la distanciation. Il a justifié sa position par les effectifs pléthoriques dans les classes et dans les cours de récréation. « Ne nous leurrons pas, il est impossible de faire respecter les mesures de distanciation et d’interdiction des regroupements à plus de 50 personnes, dans la plupart des établissements secondaires de notre pays », a-t-il écrit, péremptoire. De plus, entre la réouverture des classes et le maintien de la fermeture des églises et mosquées par exemple, Anselme Amoussou s’offusque d’une contradiction suicidaire. « La contradiction est flagrante à plusieurs égards. Quelle est la différence entre un regroupement de campagne électorale interdit et une cour de récréation d’un établissement scolaire ? Quel est le plus dangereux entre la circulation des bus et un attroupement d’élèves de classes pléthoriques de 6e, 5e ou 4e ? Comment peut-on interdire la célébration des cultes et autoriser une reprise entière des classes pour les collèges de 3000 élèves confinés sur des espaces réduits de quelques mètres carrés ? », interroge-t-il. Face à ces constats, le syndicaliste ne veut pas imaginer que « les bons efforts déployés par les autorités jusqu’ici pour maîtriser la pandémie dans notre pays, ne seront pas anéantis à partir de nos écoles ».

Dans le même registre, ‘’lechasseur.infos’’ apprend que « les Centrales, confédérations syndicales (Csa-Bénin, la Cgtb-, la Cosi-Benin, l’Unstb, la Csub, la Cspib) et la Fédération nationale des Parents d’élèves et étudiants du Bénin (Fenapeb) sont remontrées contre le gouvernement à propos de sa dernière décision de réouverture des salles de cours ». Et à travers une note en date du jeudi 7 mai, elles demandent à rencontrer les ministres des trois ordres de l’enseignement pour mieux comprendre les raisons qui justifient la réouverture des classes annoncée pour lundi prochain. Même le réaménagement du calendrier scolaire est mal vu par les syndicats.

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