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Révision constitutionnelle : La Cour des comptes, du plomb dans l’aile

Le 1er novembre 2020 rappelle la révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, l’an dernier. Il y a donc un an que la fétichisation de la Loi fondamentale s’est effondrée. Le Texte accouché par l’historique Conférence des forces vives aura résisté à tout assaut pendant 30 ans. Mais au bout d’un si important parcours de vie, les nouvelles nécessités ou réalités socioéconomiques et politiques exigeaient ce toilettage que les querelles et traitrises politiques ont longtemps empêché. Après un premier échec retentissant, Patrice Talon eut, en 2019, enfin la chance de voir la Constitution retouchée sous sa gouvernance grâce à la clairvoyance du Parlement.
Les innovations insérées vont de la création de la Cour des comptes pour une meilleure gestion des ressources publiques, à l’institution de la vice-présidence, le parrainage et les élections générales pour faire des économies à l’Etat ; en passant par la ratification des accords par le président sans l’autorisation préalable du Parlement (il doit désormais rendre compte sous 90 jours). Cette mesure allège la procédure de mobilisation des ressources nécessaires au développement économique et social du Bénin. La Constitution modifiée instaure aussi l’alternance au niveau législatif en limitant à deux au plus le mandat d’un député, avec en filigrane le souci de renouvellement de la classe politique. A contrario, les conseillers à la Haac peuvent désormais aller au-delà d’un seul mandat. Justice à eux faites comparativement aux membres des autres institutions.
Au plan culturel, un grand vœu a été concrétisé : la reconnaissance de la chefferie traditionnelle. Justice également pour ses gardiens des Temples de l’éthique, de la culture, des valeurs endogènes, de notre identité méprisés et délaissés après les indépendances. La suppression de la peine de mort constitue, enfin, une grande avancée en matière de droits de l’Homme au Bénin.
Sur plusieurs plans désormais, le Bénin ne devrait plus justifier ses stagnations ou échecs par la caducité et les faiblesses de sa Loi fondamentale.
Seul regret, un an après cette avancée, l’une des grandes innovations contenues dans la constitution modifiée est restée à l’étape de rêve. La Cour des comptes n’a toujours pas été mise en place. Pourtant, son importance n’est plus à démontrer et les plaidoiries pour sa création s’intensifient il y a bien longtemps. Qu’est-ce qui explique alors ce statut quo ? Que diligence soit faite pour corriger le tir !

Par Sêmèvo B. AGBON

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