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Schadrac Agossevi : « L’étuvage apporte la valeur ajoutée de manière nutritionnelle au riz »

Mini rizerie de Glazoué

À la Mini rizerie de Glazoué‚ plus de 300 femmes travaillent et vivent du riz étuvé au sein de l’Union régionale des femmes étuveuses des Collines (Urfc). L’union est dotée d’une usine de traitement final. Grâce à l’appui financier de la Banque mondiale à travers le Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (Ppaao) et le Projet de productivité et de diversification agricole (Pada), elle dispose d’équipements de dernière génération. Sur place, le riz est transformé jusqu’à son emballage. Des jeunes en excursion dans le cadre de l’initiative ‘’Africa Can’’ de la Banque mondiale se sont rendus dans cette mini rizerie le mardi 12 avril. Ils ont été reçus par Schadrac Agossevi, le responsable d’usine qui leur a expliqué le processus de la transformation.

 

Propos recueillis par Sêmvèo Bonaventure AGBON

 

Bénin Intelligent : Présentez-nous le centre de traitement du riz de Glazoué.

Schadrac Agossevi‚ chef d’usine : Je suis le responsable d’usine au niveau du centre de traitement final de Glazoué, qui est le centre qui finit la transformation du riz provenant des six communes du département des Collines. Le réseau, c’est Union régionale des femmes étuveuses des Collines (Urfc). Nous avons démarré depuis 2016. L’Union regroupe plus de 300 femmes.

Ici au centre de traitement final, notre rôle est de finaliser le processus. Parce que les femmes font l’ étuvage du riz dans les communes et elles apportent le riz étuvé. Certaines coopératives disposent des équipements dont la décortiqueuse pour décortiquer le riz. Elles nous envoient donc le riz semi fini.

Nous, qu’est-ce que nous faisons ? Nous décortiquons le riz, nous faisons le calibrage, donc tout le processus du tri jusqu’au conditionnement. Nous nous occupons aussi de la distribution. L’Union régionale s’occupe de cette partie de la distribution.

 

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Nous faisons du riz étuvé parce que l’étuvage apporte la valeur ajoutée de manière nutritionnelle au riz. Ce qui a pour avantage d’améliorer la santé de nos consommateurs. Nous avons de différentes gammes : le riz long grain et le riz cassé disponibles ici et à Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, etc.

C’est un réseau de femmes appuyé par la Banque mondiale ainsi que d’autres partenaires, ce qui a permis d’avoir le matériel et l’infrastructure adaptés pour le riz étuvé.

Quels sont les équipements majeurs que vous utilisés ici ?

Nous avons la décortiqueuse ou mini-rizerie parce qu’elle dispose non seulement de l’option décorticage mais aussi l’option vannage et blanchement du riz. Elle nous donne du riz jusqu’à une capacité de 1,2 tonnes l’heure. Nous avons une trieuse optique qui est le nœud de tout le processus.

Quand on décortique le riz, notre manière aujourd’hui de faire la production ne nous permet pas d’avoir le riz avec le même niveau de maturité et aussi, lors de l’étuvage d’être rassurés que nous avons la même couleur des grains. Cet appareil est le nœud qui nous permet d’avoir le riz de qualité à la fin. Elle fait une bonne séparation, permet d’avoir un riz homogène de la même couleur, de la même taille. Cela a l’avantage de réduire la tâche pour les femmes. Imaginez que vous avez deux tonnes de riz à trier et il faut passer à la table, trier manuellement. Donc c’est l’équipement vraiment majeur.

Nous avons aussi une ensacheuse qui permet d’emballer le riz selon la quantité que nous voulons.

La couleur jaune du riz provient d’où et est-elle à fuir ?

Nous ne sommes pas habitués à prendre ce riz. Au départ c’est le riz blanc qu’on retrouve beaucoup plus sur le marché. Les populations ne sont pas plus attirées vers le riz jaune pour plusieurs raisons.

Pour le riz étuvé, l’intérêt de l’acheter et de le consommer, c’est que le riz étuvé après étuvage, il y a les vitamines B1 et B2 qui se retrouvent dans les balles de riz. Lors du décorticage ces vitamines s’en vont. Lorsqu’on fait l’étuvage ces vitamines migrent vers le grain, c’est ce qui provoque le changement de couleur. C’est un peu comme nous avons le manioc à chair blanche que nous retrouvons généralement. Mais aujourd’hui les chercheurs ont développé d’autres variétés et nous avons désormais le manioc à chair jaune. C’est jaune tout simplement parce qu’ils ont travaillé, ils ont amélioré en apportant de la vitamine A.

La couleur jaune c’est rien de sale. Elle n’a rien à voir avec tout ce qu’on peut s’imaginer. C’est de la valeur qu’on apporte à notre santé.

Vos services peuvent-ils être sollicités par l’extérieur ?

Nous sommes disponibles à prester pour tout le monde. Nous faisons la prestation de service pour ceux qui viennent de l’extérieur. Nous faisons pratiquement tout. Tout le processus nous sommes disponibles à le faire aux clients. Donc ce n’est pas juste femme-femme. Nous sommes ouverts à tout le monde.

Le produit fini est-il exporté ou seulement destiné au marché local ?

Le produit fini est exporté. Le Nigeria à côté par exemple le consomme.

Quelle est la capacité de transformation par mois et par an ?

Aujourd’hui nous sommes dans la dynamique de faire une extension de nos activités. Avant avec nos équipes, nous parvenons à exporter au moins une à une et demie tonne par jour. Je parle du produit complètement emballé. Parce qu’il y a un certain nombre d’élément qui induisent une certaine lenteur dans le processus. Par exemple, pour ce qui se faisait, lorsque vous triez il y a de tout petit caillou qui se retrouve dans le riz. Là il faut passer à la table pour un tri manuel. L’appareil ne sépare pas tout, des fois. Si on arrive à agir dessus on améliore nos performances. Ce sont des choses sur lesquelles nous avons envie de travailler. Nous envisageons de passer à 2 à 3 tonnes la journée. Cela demande d’autres investissements, juste de petits points clés. Jusque-là ce qui est fait c’est bien.

 

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Depuis que nous avons installé les équipements, nous avons des marchés où nous pouvons fournir jusqu’à 250 tonnes de riz étuvé. Après, nous avons eu des difficultés. Donc nous ne pouvons pas évaluer combien nous arrivons à sortir par an. Il faut avoir traversé une bonne année, avec une production continue pour pouvoir dire par an je peux sortir telle quantité. Nous l’avions fait par le passé mais nous n’en avons pas écoulé. Donc je ne peux pas vous dire avec exactitude notre capacité annuelle de transformation.

Merci.

 

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