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Rythme Toba Hanyé : Cécile Houekin signe son 5e album dimanche

‘’Gbèvi Mandjogbèdo’’ ou Cécile Houekin à l’état civil est artiste pratiquant le rythme Toba Hanyé. Le cinquième album de ce chantre passionné de Dieu sera dévoilé dimanche 28 mars prochain à la Maison des jeunes d’Abomey. En prélude à ce grand rendez-vous culturel, elle relate à votre journal, ses débuts dans la carrière musicale, les compétitions auxquelles elle a participées, sa vie au-delà de la musique et l’expérience difficile de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19.

Propos recueillis par Sabirath AWO (Stag.)

 

Bénin Intelligent : Que peuvent retenir nos lecteurs sur votre identité ?

Gbèvi Mandjogbèdo : A l’état civil, je suis Cécile Houekin et mon nom d’artiste est ‘’Gbèvi Mandjogbèdo’’. J’ai choisi ce surnom parce que j’ai traversé beaucoup d’épreuves dans ma vie qui ont failli m’éloigner de Dieu, mais il m’a accompagné et guidé et je continue de prêcher sa Parole. J’ai survécu jusqu’à ce que je veuille sortir un album donc je suis enfant de vie.

Comment êtes-vous devenue artiste ?

Chanter ne relève pas de ma propre volonté. Toute petite, je fredonnais déjà des chansons que personne n’avait jamais chantées dans mon entourage. Des sages me demandaient à l’époque leur origine mais je leur répondais que c’est ma chanson. C’est ainsi que j’ai commencé et je me disais qu’en grandissant je vais intégrer un groupe de musique. Dans le temps les groupes de musique n’était pas légion. Je réfléchissais donc à comment procéder et avais aussi peur de la réaction de mes parents quant à mon désir d’intégrer un groupe musical. C’est alors que je suis tombé gravement malade. On ne me comptait plus parmi les vivants. Mes parents ne savaient plus où se donner de la tête ; ils ont tout fait. Je me suis alors tourné vers Dieu et j’ai reçu la bonne nouvelle du Christ. Grâce à ma foi en lui, j’ai obtenu la guérison par la prière. J’ai tout de suite commencé par fréquenter l’Eglise. A peine trois mois après, l’inspiration est revenue et je fredonnais mes anciennes chansons d’enfance mais cette fois-ci avec une particularité, celle de rendre gloire à Dieu. Ainsi, petit à petit j’ai commencé à chanter. Un jour, celui qui nous dirigeait à l’église dans le temps s’est rapproché de moi pour connaitre l’origine de mes chansons et je lui ai répondu que c’était une inspiration personnelle. C’est ainsi qu’il m’a encouragée et c’était mes débuts. Je voyais que ce serait difficile, et je me suis dit que je n’allais pas faire d’album. On mettait juste l’ambiance au cours des manifestations festives et à l’église. Mais Dieu en a décidé autrement et j’ai réalisé mon premier album.

Combien d’album avez-vous à votre actif ?

Au départ, je ne voulais pas produire mon premier album ; alors je l’ai juste joué au cours des cérémonies et à l’Eglise. Mais le plan de Dieu n’étant pas celui des Hommes, j’ai alors sorti mon premier album de 6 morceaux intitulé ‘’Aklounon Jésus’’ le 13 septembre 2009 dans lequel j’ai joué du Tôba. S’en est suivi ‘’Gbèmèlé’’ qui comporte 7 chansons vidéos vers la fin de l’année 2014, ‘’Azon wè gni mè kin to’’ qui comprend aussi 7 chansons vidéos.  Après ces trois albums j’ai été gravement malade mais par la grâce de Dieu j’ai retrouvé maintenant ma pleine santé. Mon quatrième album est intitulé ‘’Jésus gigo non’’ qui est aussi une collection de vidéo. Ensuite j’ai réalisé un cinquième album ‘’Min man wo lè’’ qui est un audio qui devrait faire son apparition dans le showbizz depuis 2020 mais le contexte du Covid a modifié mon programme malgré tous mes investissements et toute la communication autour du lancement. Nous avons donc été obligés d’annuler le lancement à quelques jours de la cérémonie. C’est donc le lancement du cinquième que nous ferons le dimanche 28 mars prochain à 16h à la Maison des jeunes d’Abomey.

Quel rythme musical pratiquez-vous et pourquoi ?

Je joue le Toba Hanyé et je fais un peu du Tradi-moderne. C’est à cause de ‘’Gbahun’’ que j’apprécie le Toba hanyé sinon ce n’est pas un rythme féminin. Je suis la première femme ayant sorti un album Toba hanyé au Bénin. Au début, les gens me conseillaient d’abandonner parce que c’est un rythme réservé aux  hommes mais j’aime tellement ce rythme que j’ai persévéré et Dieu m’a aussi aidée à avancer.

Quelles sont les compétitions auxquelles vous avez déjà participé ?

J’ai deux fois participé au Conavab. Pour la première participation je suis allé en demi-finale. La deuxième fois j’ai perdu en finale contre mon adversaire à 4 points. J’ai aussi participé au concours Fécas organisé ici à Abomey. Dans notre pays comme tout ne marche que par la politique, j’ai néanmoins fini deuxième avec fierté parce que la population a aimé ma musique et je rends grâce parce que j’ai aussi remporté un prix.

Que faites-vous en dehors de la musique ?

Je suis commerçante, revendeuse dans le marché d’Abomey mais j’ai aussi une boutique. Je ne peux pas dire que je suis riche mais je vis du peu que Dieu me donne au quotidien. Je ne peux pas non plus dire que ce dont je dispose je l’ai eu à travers la musique mais j’ai espoir qu’avec le temps elle me rapportera beaucoup comme mes aînés.

Le coronavirus a-t-il impacté négativement votre carrière ?

Le Covid-19 nous a beaucoup embêtés et ce sont nous les artistes qui en ont fait surtout les frais parce que les prestations d’un artiste drainent du monde. Or cette pandémie a fait interdire les rassemblements. Nous sommes alors obligés de subir. Le lancement que j’ai raté par exemple à cause du coronavirus, m’a laissé des dettes. Nous ne sommes plus invités pour les manifestations et c’est très difficile. Normalement on ne peut pas parler d’aide social et abandonner les artistes parce qu’on a trop souffert.

Votre mot de la fin

Il faut remercier nos partenaires qui nous aident parce que chanter et se produire demande des moyens financiers, mais Dieu confie souvent cette tâche aux gens qui ne disposent pas d’assez de moyens. C’est donc grâce aux bonnes volontés que nous arrivons à nous en sortir. Nous allons chaque fois prier pour eux afin que la source de leur générosité ne tarisse jamais. Je remercie également mes fans et que Dieu les bénisse. Je prie aussi les fans d’acheter les disques afin de décourager la piraterie et encourager les artistes.

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