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Sagesse du Fâ/ ”Ablaɖɔgouda” : Savoir se confier à la femme

Le ventre de la femme, disait un auteur, est comme une bouteille transparente. Du coup, il est souvent déconseillé aux maris de confier des secrets aux femmes ou le faire tout au moins avec une grande prudence. Le Fadù de cette semaine, ‘’Ablaɖɔgouda’’ nous donne également une leçon en la matière. Le Fagléta nous a été raconté par le Bokonon Kindohoundé du village Colli Dogoudo (Toffo).

Recueillis et traduit par B. Yélian KINTOHOU (Coll.)

L’histoire date des temps immémoriaux où les animaux pouvaient parler et même se métamorphoser en Homme. En ces temps-là ils allèrent au marché tout comme les humains. Un chasseur, haut perché sur un arbre situé à côté d’une termitière au fond de la forêt, assistait souvent à la métamorphose des béliers et brebis. Une fois transformés en garçons ou en jeunes filles au charme envoûtant, ils laissaient leur peau d’animaux dans la termitière et à leur retour du marché, ils reprenaient leurs formes simplement en touchant à leur peau. Un jour, notre chasseur prit la peau d’une brebis pendant qu’elle partit pour le marché. A son retour elle ne vit donc pas sa peau. Elle la chercha, la chercha… en vain ; le chasseur l’avait déjà emportée et dissimulée sur le plafond de sa chambre. En assistant les nombreux tours de la brebis, le chasseur se rapprocha d’elle et lui demanda ce qu’elle cherchait. La brebis ne répondit pas. « Je veux que tu sois ma seconde épouse », formula le chasseur. L’animal accepta ses avances après hésitations mais une posant une seule condition :  on ne m’appellera pas brebis, interdit-elle. Ainsi unis, les deux eurent ensemble trois enfants.

Avec le temps, le chasseur commis l’erreur de révéler à sa femme, la vraie nature de sa coépouse. Ainsi, au motif que son mari accordait plus de soins à la femme-brebis, la première épouse provoca une dispute avec elle. D’injure en injure, elle lâcha le morceau : « Qui ne connaît pas ton origine ? Bête sauvage ! ta peau de brebis est sur mon plafond ». Enflammée et se sentant humiliée, la brebis se précipita au plafond, arracha sa peau qu’elle découpa en quatre morceaux. Les trois premiers morceaux furent collés aux enfants qui devinrent des brebis. Le quatrième, elle s’en servit elle-même pour retrouver sa forme animale. Avant de se retourner dans la forêt avec ses enfants, elle tua le chasseur, sa coépouse et leurs enfants. La confidence du chasseur à sa femme a été donc la cause de sa mort et de celle de sa petite famille.

Leçon : Ne jamais confier son secret à sa femme ou à la limite savoir ce qu’il faut dire à sa femme. Car ces confidences, une fois dévoilées peuvent vous coûter la vie ou votre emploi.

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