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Sagesse du Fâ/Gbétoumila : Une leçon de patience aux gouvernants

Le Fadù du jour ‘’Gbétoumila’’ à travers la personne de Mintolonfin invite les dirigeants à la patience et à la maîtrise de soi pour construire l’intérêt général. Le Fagléta nous a été conté par Bokonon Ahouanmlangni. Nous vous proposons aujourd’hui le premier volet, le mercredi pour prochain.

Recueillis et traduit par Barnabé Yélian KINTOHOU (Coll.)

« Autrefois, le Crocodile et l’Hippopotame venaient à la vie. La condition exigée pour vivre dans l’aisance ici-bas était d’y aller avec un soufflet. L’hippopotame fit la sourde oreille et n’obtempère pas. Seul le crocodile avait sacrifié à ce rituel. Une fois sur terre, il s’installa dans un village derrière le domicile de Mintolonfin. Aucune source d’eau n’était dans ce village. Et les habitants vivaient dans le dénouement total. Grâce à son soufflet, le crocodile fit apparaître un grand marigot. C’était la joie pour tous. La population de Mintolonfin vint désormais s’approvisionner en eau au ‘’marigot du Crocodile’’. Et le Crocodile était à l’aise dans le lit du cours d’eau contrairement à son frère Hippopotame devenu famélique et errant sans domicile. Il réalisa finalement qu’il était un animal aquatique et ne pouvait survivre sur la terre ferme. Mais que faire ? Il cherchait la solution lorsque son frère Crocodile l’invita à s’installer avec lui dans le marigot. La joie de l’étourdi fut immense.

Une fois aux côtés de son frère, l’Hippopotame pris de l’embonpoint à tel enseigne que les habitants de Mintolonfin débaptisèrent le cours d’eau pour le surnommer désormais ‘’marigot de l’Hippopotame’’. Cette nouvelle appellation vexa le Crocodile qui dans sa colère viola une des femmes de Mintolonfin avant de partir du village avec son soufflet. Alors le marigot tarit ! L’absence d’eau réinstalla la population de Mintolonfin dans leur croix. Déboussolé, Mintolonfin consulta l’oracle. « On doit faire revenir le Crocodile par le biais de Lègba, puisque lui seul avait le pouvoir de chercher et trouver quelqu’un qui s’enfuit », prescrit le Bokonon en expliquant le signe révélé ‘’Gbétoumila’’. Les nécessaires furent donnés à Lègba pour la recherche du Crocodile. Lègba entonna une chanson qui demandait si quelqu’un lui a vu le Crocodile. Il chercha et chercha le Crocodile qu’il finit par identifier à Adja. « Je ne retournerai point dans ce village. J’y ai commis un grand péché », opposa le Crocodile à Lègba. Mais grâce à ses pouvoirs mystérieux, Lègba l’emmena à Mintolonfin. Ce dernier voulu savoir la cause de sa fuite. « Au lieu d’appeler le marigot par mon nom, tes habitants se complaisent à l’appeler plutôt ‘’le marigot de l’Hippopotame’’. Fâché, j’ai commis un sacrilège, celui d’avoir couché avec l’une de tes femmes », avoua le Crocodile. Mintolonfin ayant besoin de l’eau, il fit sortir toutes ses femmes et demanda au Crocodile de désigner celle avec qui il avait commis son forfait. La femme fut désignée et Mintolonfin l’abandonna au Crocodile qui s’installa à nouveau avec elle dans le marigot. Cette femme fut nommée désormais ‘’Tossi’’, c’est pour cela que l’on parle de Toxossou. Il eut à nouveau de l’eau pour tout le village.

Leçon : sachez qui domicilier. Aussi, maîtriser sa colère, si beaucoup de personnes doivent subir ces conséquences. La patience de Mintolonfin n’est pas une caution à l’adultère mais plutôt le signe d’un bon dirigeant qui ne vise que l’intérêt de son peuple. S’il n’était pas patient, il peut décapiter le Crocodile et mettre ainsi son peuple en péril (l’eau étant source de vie). Pour lui, entre sa femme et le peuple, l’intérêt de ce dernier passe d’abord.

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