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Sagesse du Fâ/ Goudakpatoula : les fruits du bien et du mal

Les actes que nous posons, en bien ou en mal, portent toujours des fruits que nous récoltons. Le fagléta du jour ‘’Goudakpatoula’’, qui met en scène Gouda et son petit-frère Toula recommande la charité. Le récit de ce signe secondaire est assuré par Bokonon Adjinakoun de Sèhouè/Aclonmey, commune de Toffo.

Recueillis et traduit par Barnabé Yélian KINTOHOU (Coll.)

Gouda et Toula sont des frères consanguins. Gouda est l’aîné et Toula le benjamin. A la mort de leur père Mintôlonfin, l’héritage leur fut partagé. Leur champ est séparé par une voie. L’un est à gauche et l’autre à droite. Chacun labourait et plantait ce qu’il veut pour son propre épanouissement. Un bossu empruntait souvent la voie qui sépare le champ des deux frères. Arrivé à leur niveau, il demanda de l’eau pour se désaltérer. Gouda l’avare, ne lui en donne jamais. « Je viens au champ avec la quantité d’eau qui peut juste me suffire pour mes activités de la journée », se justifiait-il. A l’opposé de Gouda, Toula offre non seulement de l’eau mais aussi du haricot au bossu. Son geste ému le bossu qui décida de l’en récompenser. Il le rendit immensément riche.

Toula riche ? Aussi bien la population que son frère Gouda en furent étonnés. Incapable de continuer à résister aux questionnements persistants de Gouda, Toula finit par lui avouer la source de sa richesse. « Frère, si je suis aisé aujourd’hui, c’est bien grâce à ma générosité envers le bossu. Un jour, il me demanda de lui fendiller la bosse à l’aide d’une machette bien affûtée et de ramasser les richesses que j’y trouverai. Ce que je fis. Et effectivement je découvris de l’argent, des perles et beaucoup d’autres biens que je pris ». Un secret qu’il ne devrait révéler à personne ni à son frère Gouda. L’origine une fois connue, Gouda se jeta un jour sur le bossu et lui fendilla le dos, mais n’y vit rien. Toula ne l’ayant pas informé de la feuille qui ressuscite le bossu après l’opération, ce dernier mourut des blessures. Alors Gouda le déposa subrepticement dans le champ de son frère.

A la découverte du cadavre, tout le monde incrimina Toula. Le roi l’enferma. Le vingt-et-unième jour où l’on devait l’exécuter, il demanda de le vêtir des attributs du roi, de le mettre ensuite en hamac et de l’amener chez lui sous l’animation d’un groupe folklorique. Une astuce pour amener le criminel à se dénoncer de lui-même, pensa-t-il. A la vue du cortège, Gouda interrogea son frère. Toula répondit que pour avoir tué le bossu, le roi l’a intronisé et renforcé sa richesse. Eberlué, « Tu ne peux jamais jouir indument de ce crime. Je suis l’assassin légitime du bossu. C’est donc moi qui devrais en bénéficier », lui asséna-t-il. Il se rendit sur ce pas chez le roi et y fut décharger. Toula recouvra sa liberté.

Leçon : Le bien a un prix autant que le mal. Faites toujours preuve de charité, de générosité et de franchise. Ce n’est jamais perdu. Si vous n’en profitez pas personnellement, vos descendants en jouiront même sans le savoir.

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