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Sagesse du Fâ/Tula-Sa : Pourquoi garder ses secrets conjugaux

Consulter le Fâ, c’est comme se confier à un médecin. D’une
personne à une autre, les motifs diffèrent. Le Fa-Dù du jour est
‘’Tula Sa’’. Il déconseille la divulgation des secrets conjugaux à
des tierces personnes.
Recueillis et traduit par S. B. A.

A l’intérieur d’une case en brique sans toiture d’environ trois
mètres sur trois, repose un vodoun au milieu d’un essaim de
colas. A l’entrée, quatre personnes assises sous un appatam.
Assis par terre, ‘’agunmãga’’ (chapelet) déroulé entre les
jambes, visage serein, voix assurée, le Bokonon déchiffrait le
Fa-Dù ‘’Tula Sa’’ :
– « Je lis entre une femme et son mari, le clash. Une amie
intime, indispensable, insondable en est la base », commença-
t-il. L’assistance accueillit la nouvelle par des ‘’hum !’’
d’étonnement. Le prêtre continua sans se laisser émouvoir :
« Autrefois, la poule et le lombric étaient de meilleurs amis.
Ensemble, la poule et ses poussins allaient se nourrir sur un
tas d’ordures en compagnie du Vers. Un jour, le lombric alla,
tout triste, voir la poule et lui confia qu’il a senti que les
ordures étaient infectées car il est tombé malade après leur
dîner de la veille. Pour cela, dit-il, craignant surtout pour la
santé des poussins, il souhaita que les deux n’aillent plus se
nourrir à cet endroit, d’investiguer alors jusqu’à trouver un
autre site sain. La poule et ses enfants s’enfermèrent alors et
ne trouvaient plus à manger. Un jour, acculée par l’extrême
faim, la poule s’abandonna au Fa. Le Bokonon, après
consultation, lui recommanda d’abord un sacrifice qu’il fit.
Ensuite, il la suivit au dépotoir sur lequel il planta un fer
magique avant d’autoriser la poule est ses progénitures à se
nourrir désormais sans crainte.
Un jour, alors que ses enfants et elle becquetaient les tas
d’ordures, la poule tomba sur le lombric, dont elle avait perdu
les traces, qui s’était enfoncé profondément dans le sol. Il y
avait passé du temps, s’était bien nourri et avait pris de
l’embonpoint. Surprise, la poule s’écria : « Toi ici ? Tu nous as
donc installés à dessein dans la disette et tu t’es arrogé tout
le territoire ?». Son ami, le lombric était tout penaud. Pendant
qu’il fouillait son cerveau aux fins de trouver une parole
adoucissante, la poule rebondit : « Dès ce jour, tu serviras de
nourriture à moi et mes enfants et à toute ma postérité ». A
ces mots, ils se jetèrent sur le Vers et le dévorèrent avec
appétit. Depuis ce jour, les vers sont devenus des nourritures
pour la poule et les poussins. »
L’assistance, qui écouta avec recueillement ce ‘’Fagléta’’,
poussa un soupir. Pour contextualiser son récit, le Bokonon fit
comprendre à la femme qu’elle a une amie intime, à qui elle
ne cache pas ses secrets conjugaux. Il révéla alors que ladite
amie est la cause de l’ambiance désormais tendue dans son
foyer. En réalité, elle est intéressée par son mari qu’elle a
entrepris d’arracher. « En conclusion, femme, ta bouche est
comme une jarre trouée qui déverse tous tes secrets
conjugaux en face de ton amie intime, une femme robuste,
teint clair, taille moyenne… Pour te sauver, un sacrifice
s’impose », a-t-il prescrit.

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