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Scandale ANaTT : « La lutte contre la corruption est un combat de tous les instants »

Dans un décryptage rediffusé sur la Télévision nationale dimanche 11 juillet, Wilfried Léandre Houngbédji, le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement s’est prononcé entre autres sur le récent scandale financier à l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT), la fête de l’indépendance du 1er août 2021 dans un contexte de Covid, la situation des aspirants figurant dans la base de données mais non déployés et le fonctionnement de la vice-présidence.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

La sortie médiatique vient à point nommé pour éclairer sur des sujets brûlants de l’actualité nationale. A commencer par ce lourd scandale financier de 13,6 milliards de 2016 à 2020 enregistré à l’ANaTT. L’affaire révélée par le conseil des ministres du 7 juillet dernier, a surpris plus d’un. Comment cela est-il encore possible sous une gouvernance Talon aussi rigoureuse en termes de lutte contre la corruption ? La rigueur dans la gestion et l’assainissement des ressources au sommet de l’Etat se révèlent-ils comme une peine perdue ? Non, répond le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji. Il trouve qu’ils sont plutôt en train de porter ainsi leurs fruits. Leçon à tirer « La lutte contre la corruption est un combat de tous les instants. Et donc, ce qui vient de se passer ce mercredi avec le compte rendu de l’audit révélé par le conseil des ministres est la preuve que ce combat n’est jamais définitif. C’est pour ça que le chef de l’Etat a raison d’engager une veille permanente, une lutte implacable contre le phénomène ». Que ce scandale soit découvert, est la preuve même, a-t-il soutenu, de l’efficacité des différents dispositifs mis en place par le gouvernement pour traquer la corruption, la mauvaise gouvernance où qu’elles se trouvent. Il a donc réitéré le leitmotiv du gouvernement, à savoir « Tolérance zéro » contre ces pratiques. Une valeur, un engagement qu’il entend léguer à la postérité, de sorte que « la défense de la bonne gouvernance soit un impératif qui entre dans nos habitudes ».
Les personnes appréhendées dans le cadre dudit scandale sont connues pour être des soutiens du régime en place. Cela ne confond guère le gouvernement, a confié Wilfried Léandre Houngbédji. Elles rendront gorge sans exception. La posture du gouvernement, a-t-il annoncé, sera « l’attitude de la pure neutralité pour laisser la justice prendre en main, mener les enquêtes et situer les responsabilités et sanctionner les mis en cause en cas de besoin ». Dans un passé récent, a-t-il rappelé, il était loisible pour des partisans d’être impliqués dans des pratiques de corruption, de mauvaise gouvernance sans être inquiétés. Mais la dynamique a changé, et « la justice, elle est la même pour tout le monde dans notre pays ». Comme quoi, « in fine, la démocratie fonctionne parce que le gouvernement gouverne, la Justice juge. » Une confidence, le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement a indiqué que ce sont les alertes au rançonnement des citoyens parvenues au président Patrice Talon, qui ont amené celui-ci, après les avoir reçus, à exiger une enquête dans la maison ANaTT. S’agissant de la situation des propriétaires de 2646 véhicules dont les frais de douane n’ont pas été acquittés mais frauduleusement immatriculés, chacun d’eux est appelé à apporter la preuve qu’il a fait les formalités. L’exécutif refuse de diffuser leurs noms afin de ne pas créer du tort aux honnêtes personnes parmi elles qui n’ont rien à se reprocher et qui peut-être, ont donné de l’argent aux transitaires d’aller faire les formalités.

Assurance des véhicules

Pour mémoire, le Directeur général des impôts (Dgi) a exhorté à travers une correspondance, les sociétés d’assurance Incendie, accident et risques divers (Iard), au respect de l’arrêté n°686/Mfe/Dc/Dgae/Dca du 17 juin 2003 portant fixation du tarif minimal de l’assurance de responsabilité civile des Véhicules terrestres à moteur (VTM). Certains ont conclu à l’augmentation des frais d’assurance des véhicules. Or il n’en est rien, à en croire les explications du Sga. Il a fait remarquer que de la non application dudit arrêté (vieux de dix-huit ans) par toutes les sociétés, a résulté une « concurrence déloyale » entre elles. Au point que, si les frais d’assurance devraient s’élever à 50 000F, certaines sociétés percevaient moins, 45 000F par exemple. Face à cette divergence de coût, Wilfried Léandre Houngbédji note que l’agent économique par réflexe optera pour le « moins cher ». Par conséquent, le rappel à l’ordre du Dgi n’a induit aucun bouleversement financier chez les assureurs « qui appliquaient anciennement la vraie grille ». Ainsi, dit-il, s’explique l’impression d’assister à une hausse des frais d’assurance chez les citoyens qui, ne connaissant pas forcément les normes en la matière, émargeaient chez les assureurs qui pratiquaient des frais inférieurs en violation dudit arrêté.

Fête du 1er août : « Nous ne prendrons pas de risque inconsidéré »

Pas de faste autour de la célébration du 61ème anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. Le Sga et porte-parole du gouvernement a été clair devant les journalistes André Dossa (Canal 3 Bénin) et Laurice Davo (E-Télé). Pour cause, l’actualité marquée par les variants du Covid-19 encore plus virulents que le virus connu au départ. « Nous ne prendrons pas de risque inconsidéré », a-t-il déclaré. Certes, a-t-il reconnu, il n’est pas encore établi que ces variants sont déjà présents sur le territoire béninois. « Mais des Béninois voyagent et reviennent », a-t-il prévenu.
Quant aux aspirants figurant dans la base de données mais non déployés dans des classes, Houngbédji a expliqué qu’ils sont certainement en surplus. Car, dit-il, « La base de données a pour vocation d’identifier tous ceux qui potentiellement peuvent aller devant les enfants. Si nous avons besoin de dix mille et que nous sommes à douze ou quinze mille dans la base de données, il va sans dire qu’on va d’abord prendre les dix mille. Si l’année d’après le besoin grandit on irait également puiser dedans. Ceux dont vous parler se retrouvent possiblement dans ce nombre ». Les aspirants concernés, a-t-il rassuré, seront déployés dès que le besoin se fera sentir. A ceux déjà déployés, qui plaident pour être rémunérés douze mois sur douze, le Sga répond qu’ils seront satisfaits « si demain les conditions sont remplies ».
Lors de l’émission de décryptage ce dimanche, Wilfried Houngbédji a été aussi amené à se prononcer sur la suppléance du chef de l’Etat. Patrice Talon, depuis son arrivée au pouvoir n’a jamais manqué de participer à un conseil des ministres. En son absence pour diverses raisons (voyages, santé…), cette session hebdomadaire est simplement avortée. En tant que chef du gouvernement, il assume bien cette responsabilité, a commenté le secrétaire général adjoint. Ceci, en opposition à un ancien chef d’Etat qui se plaint de n’être informé de telle ou telle décision. Parlant du poste de vice-président, il a appelé à ne pas aller trop vite en besogne. « Le second mandat a commencé il y a à peine deux mois. Attendez de voir », a-t-il exhorté.

Transport du pétrole nigérien : « Le Bénin fait envie plutôt que pitié »

Le dernier sujet abordé par l’invité des journalistes, touche à la volonté affichée du président nigérian Buhari de ravir au Bénin, le transport du pétrole nigérien. « Cela doit vous réjouir désormais vous les journalistes, que le Bénin fait envie plutôt que pitié », a-t-il répondu. Il n’y a donc pas matière à s’inquiéter. « Nous commençons à faire les choses sérieusement. Nous sommes plus crédibles. Donc si des gens, qui avaient pensé qu’il aurait été facile de l’emporter face à nous parce que ce fut une compétition…nous nous regardons tout cela avec beaucoup d’à propos en considérant que nous commençons par faire les choses sérieusement », a rassuré Wilfried Léandre Houngbédji.

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