Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Sécurité en Afrique de l’Ouest : Barkhane se retire mais ne part pas

Sécurité en Afrique de l’Ouest : Barkhane se retire mais ne part pas

La France et ses alliés se retirent officiellement du Mali. Ce qui est officieux et qui ne devrait pas surprendre, c’est que les 5000 soldats en disgrâce dans ce pays seront bientôt déployés dans la sous-région. Il n’est pas exclu que le Bénin‚ le Togo‚ le Niger…les accueillent au regard de certains passages clés de la « Déclaration conjointe sur la lutte contre la menace terroriste et le soutien à la paix et à la sécurité au Sahel et en Afrique de l’ouest » délivrée à l’Élysée, jeudi 17 février à la veille du sommet Union Européenne-Union africaine.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Les soldats de l’opération Barkhane et de la Task force Takuba bientôt accueillis dans le Golfe de Guinée ? Bien possible ! Dans la Déclaration supra mentionnée, le Canada, la France et les autres États Européens militairement engagés au Sahel estiment que « les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel dans la lutte contre le terrorisme au Mali ». S’offusquant « des multiples obstructions des autorités de transition maliennes », ils ont alors « décidé d’entamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs dédiés à ces opérations ». Néanmoins, ils ne se sont pas arrêtés là. Ils n’ont pas dit que lesdits « moyens militaires » vont regagner leurs pays d’origine. « En étroite coordination avec les États voisins, ils ont également exprimé leur volonté de rester engagés dans la région, dans le respect de leurs procédures constitutionnelles respectives », précise le document. Autrement dit, pas de démantèlement pur et simple de Barkhane et de Takuba.

À en croire la Déclaration, « les partenaires africains » ont souhaité héberger et poursuivre les opérations sécuritaires européennes dont les conditions seront retenues d’ici juin 2022. « À la demande de leurs partenaires africains, et sur la base de discussions sur les futures modalités de leur action conjointe, ils sont néanmoins convenus de poursuivre leur action conjointe contre le terrorisme dans la région du Sahel, notamment au Niger et dans le Golfe de Guinée, et ont engagé des consultations politiques et militaires avec eux dans l’objectif d’arrêter les paramètres de cette action commune d’ici juin 2022 », lit-on au sixième paragraphe de la même Déclaration conjointe.

L’argument brandit est de « contenir la potentielle extension géographique des actions des groupes armés terroristes en direction du Sud et de l’Ouest de la région ». La menace est, en effet réelle. Le Bénin qui était jusque-là épargné a subi par exemple une série d’attaques dont celles des 8 et 9 février qui ont fait une dizaine de morts dans le parc W. Face à cette situation, « les partenaires internationaux indiquent leur volonté d’envisager activement d’étendre leur soutien aux pays voisins du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest, sur la base de leurs demandes », précise la Déclaration dont le Bénin, Togo, Niger, Côte d’Ivoire, Sénégal et le Tchad sont nommément signataires. Ils seront donc les prochains hôtes des militaires français et alliés.

Comment les peuples accueilleront-ils cette nouvelle ? Ils ne seront pas tendres avec leurs chefs d’État à qui la France a l’habitude de faire signer des partenariats aux clauses déséquilibrées qui n’arrangent que ses propres intérêts. Alors que peu sont-ils, les pays surtout francophones qui ont l’audace de lui dire non. A-t-elle tiré les leçons du Mali d’où elle part presque comme chassée ? En tout cas les présidents Béninois, Togolais, Nigériens…n’étaleront pas le tapis aux bases militaires françaises ou européennes sans avoir leurs peuples au dos. Les signes sont déjà assez perceptibles sur les réseaux sociaux.

Laisser un commentaire

Top