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Sêminvo l’Enfant Noir : “On peut dire que le slam béninois va bien”

Les rideaux sont tombés sur l’édition  2019 de la Coupe nationale du mot dont les résultats ont été proclamés le 27 décembre dernier. Les difficultés rencontrées, le déroulement, le périple qui attend les gagnants et les perspectives …Sêminvo l’Enfant Noir, l’organisateur en parle.

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON

 

Bénin Int : Qu’est-ce la Coupe nationale du mot et quels sont ses objectifs ?

Sêminvo l’Enfant Noir : La coupe nationale du mot est un concours national de slam-poésie qui a pour objectif de définir le meilleur slameur du Bénin chaque année afin de lui permettre de participer à d’autres rencontres de joutes poétiques en France et ailleurs en Afrique. Une fois le gagnant connu on peut le faire participer à des joutes oratoires dans d’autres pays, sur d’autres continents notamment en Europe, en France, en Suisse ou bien même en Afrique (en Côte-d’Ivoire à travers des festivals, au Niger, au Togo, etc.)

Comment s’est-elle déroulée en 2019 ?

Pour 2019, la compétition a eu un accent assez particulier parce que nous aurions souhaité qu’elle ait lieu et en live devant un public où chaque candidat vient défendre son texte de vive voix devant un jury. Ce qui n’a pas été le cas parce que nous n’avons pas, pour le festival de 2019 reçu le financement nécessaire. Nous avons lancé la compétition nationale du mot depuis février 2019 à travers un appel à textes et nous avons reçu en tout 68 textes de 68 poètes slameurs de partout du Bénin. Il a fallu donc étudier ces textes. Nous avons obtenu une possibilité d’organiser la compétition et d’organiser le voyage des gagnants sous une forte pression de la difficulté financière. Nous avons dû opter cette année exclusivement pour une étude des textes. Cinq jury ont été désignés en dehors et dans le Bénin pour étudier et noter les textes. Ce fut une mission très difficile mais ils ont réussi à dégager sept poètes. Nous avons pu dire : voici le gagnant de cette année de la compétition du slam-poésie, sachant bien entendu que tous ces candidats vont se retrouver bientôt pour un concert où ils vont produire les textes qui ont été retenus comme les meilleurs de la Coupe nationale du mot.

Donc c’est une compétition qui a démarré carrément à deux semaines de fin 2019. Or selon les obligations que nous avions avec les partenaires nous devions absolument tenir l’échéance avant 2020 pour paraître sérieux et concrets dans notre organisation

Quels sont les critères d’évaluation des textes ?

Les critères ont été laissés à main libre pour les membres du jury pour leur connaissance de la poésie. Ceux qui sont dans le jury sont de grands écrivains, de grands poètes qu’il a fallu choisir afin qu’ils lisent chaque texte, ce qui a pris plusieurs semaines, plusieurs nuits. Les critères étaient libres : il fallait chercher dans chaque texte où se trouve la poésie dans le message, est-ce qu’il est pertinent, vivant… Voilà ce sur quoi je suppose que le jury à statuer afin de dégager le gagnant.

Qui est le grand gagnant et de quoi sera-t-il récompensé ? Et quid des six autres ?

Le grand gagnant s’appelle Gounou Sessi Yoni. Son texte est intitulé “Je suis”. Il va représenter le Bénin en 2020 en France pour challenger d’autres compétiteurs et participer à un festival international de slam en France
Les autres membres sont invités également à aller au Gabon, en Côte-d’Ivoire, au Niger, au Togo… sur d’autres festivals. En gros la Coupe nationale du mot est un festival qui ouvre la porte à tous les sept premiers slameurs afin de leur permettre d’aller sous d’autres cieux. Il y a des livres qu’on va leur offrir, que nous offrent gratuitement des écrivains béninois comme Habib Dakpogan, Carmen Toudonou, Constantin Amoussou, Florent Couao-Zotti et même Daté Bernabé-Akayi; ce sont des auteurs partenaires de cet événement.

Quelles sont vos perspectives ?

Continuer ce projet, continuer à faire découvrir des slameurs. Surtout ceux qui viennent de gagner et ceux qui ont participé, nous les rencontrons très prochainement afin d’organiser avec eux des ateliers d’écriture et de préparer un spectacle où tous les slameurs dont les textes ont été jugés très importants notamment les vingt premiers, vont donner un spectacle à Cotonou pour montrer le travail qu’ils ont abattu pour en arriver là.

Quel est votre état d’âme à la fin de cette compétition ?

En tant que organisateur, je suis venu au slam à travers la compétition et je suis très heureux de permettre à d’autres personnes de passer par la compétition pour découvrir le slam. Je suis satisfait malgré toutes les difficultés que nous avons eues sur le parcours. Je me félicite et je félicite les gens autour de moi qui m’ont donné beaucoup d’encouragement afin que cet événement ait lieu. Je souhaite que ça continue, c’est l’idée, de sorte qu’on puisse maintenir le lien avec ceux qui gagnent pour que ce ne soit pas un concours dans le vent ou un concours de trop. L’idée c’est de travailler avec les slameurs qui ont gagné ou qui ont participé afin de leur donner la main, de les améliorer, de leur donner le mot. Comme je le dis la poésie est à la portée de tout le monde; la poésie est partout, par terre et nous irons à sa rencontre à travers les jeunes, les étudiants, les écoliers tant que nous pouvons à travers notre communauté Slamwood.

En matière de ”mot” peut-on espérer que les jeunes assurent la relève et honorent le Bénin ?

Oui. On peut dire que le slam béninois va bien, que la littérature béninoise également va bien et que la poésie béninoise va en tout cas bien. Je ne suis pas porte-parole du slam béninois encore moins de la poésie béninoise mais j’ose croire que nous sommes dans un monde où on peut espérer que le meilleur se fait chaque jour et que le meilleur reste à venir.
Merci.

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