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Soglo, Yayi et Talon : « Le dialogue des trois » préoccupe la ‘’3e Voie’’

Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon. Anciens chefs d’Etat pour les deux premiers et actuel président de la république pour le dernier. Voilà trois ‘’grands’’ compatriotes que tout semble opposer et éloigner actuellement. Tout comme les citoyens qui souhaitent, leur réconciliation, la Coalition de la 3e Voie vient formellement exprimer également ce vœu. Dans une lettre ouverte adressée au peuple, ce mouvement dévoilé le jeudi 10 septembre dernier, estime que la paix et le développement réside dans les valeurs de l’unité et du consensus. Ar conséquent, « Le dialogue des trois ne sera pas facile et c’est peu dire. Cependant, nous n’avons pas le droit de croire qu’il est impossible à ces amis d’hier de retrouver au nom de la patrie, des raisons de faire le sacrifice ultime pour sauver la nation. Les passes d’armes épistolaires et les estocades par organes de presses interposés ne doivent pas nous décourager », écrit-elle.

 

Coalition Citoyenne LA 3è Voie

LETTRE OUVERTE AU PEUPLE

Citoyennes, citoyens,

Frères et sœurs de tous les horizons de notre pays, valeureux et dignes compatriotes de nos hameaux et de nos cités urbaines, la *Coalition Citoyenne la 3e VOIE* est heureuse par la présente de prendre langue avec vous.

Dans l’incapacité de toucher individuellement chacun de vous, nous avons fait l’option de vous adresser cette lettre ouverte en prélude à deux autres lettres ouvertes. La première est adressée conjointement aux trois Chefs d’état. Les deux anciens et le Président en exercice. La seconde va à l’endroit des rois et des dignitaires de toutes les confessions religieuses de notre pays.

 

Chers concitoyens, en écrivant toutes ces lettres, nous avons à cœur de convier humblement nos deux anciens Chefs d’états *Dieudonné Nicéphore SOGLO* et *Thomas YAYI BONI* ainsi que notre Président en exercice *Patrice TALON* à oser le dialogue.

En effet, la situation de *ni paix ni guerre* dans laquelle notre pays a sombré depuis la crise des *législatives de 2019* nous interpelle. Convaincue que nous pouvons faire l’économie des dernières péripéties de l’histoire socio politique de notre pays, il importe de rappeler et cela sans porter de jugements de valeurs que le rigorisme de la nouvelle charte des partis politiques et du code électoral a poussé notre pays dans une crise sans précédent.

En autorisant les deux partis de la mouvance à conquérir à eux seuls, le suffrage des béninois pour installer la huitième législature, la nouvelle loi interdisait à une partie du peuple son droit à la différence et instaurait de facto, une assemblée nationale monocolore et unidirectionnelle. En d’autres termes, la nouvelle *Assemblée Nationale* censée être le premier *garant de contre-pouvoir* venait d’être dépouillée par la nouvelle loi de sa principale prérogative.

A fortiori, il n’est pas excessif de dire que les nouvelles lois électorales ont constitué dans le fond, un attentat au principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs.

Subrepticement, le costume du Président de la République a pris les courbures de la tunique du roi et nous sommes passé en dépit des abstentions records et des bulletins nuls à l’instauration de fait d’une monarchie. C’est pour s’insurger contre cette incongruité intolérable dans le berceau des conférences nationales, que les anciens Présidents sont montés au créneau. Malheureusement leurs résistances et celles de nombreux de nos compatriotes ont buté contre le mur rigide de la loi.

L’esprit du consensus fortement agité pour fléchir la position du Chef de l’état n’a pas prospéré.

Frères et sœurs, chers compatriotes, un an après et à quelque mois d’une élection aussi majeure que celle de la présidentielle, nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière. La crise n’est pas derrière nous et la tempête gronde déjà. Face à cette incertitude, nous n’avons pas deux solutions. Quand une loi met en péril l’équilibre de la nation, elle devient un ennemi du peuple et il faut nécessairement et par tous les moyens l’empêcher de prospérer.

Dans les mêmes circonstances et avec les mêmes acteurs qui se repositionnent déjà dans leurs fiefs, il y a fort à parier que les lois qui ont embrasé le pays et tué nos compatriotes fassent encore des victimes.

Chers compatriotes, il importe de ne pas ‘’fétichiser’’ la loi qui met en péril tout le village et nous empêche de nous regarder sans hypocrisie et sans gêne. Sachons-le, quand un fétiche ou une divinité en venait à constituer une menace pour la quiétude des populations, nos parents savaient se donner les moyens de s’en débarrasser.

Frères et sœurs, dans les circonstances qui sont les nôtres et de peur de foncer tout droit dans l’œil du cyclone, il vaut mieux que périssent les lois *‘’confligènes’’* pour que vive la République. C’est notre défi et nous voulons le partager avec vous.  Vous le peuple, détenteur du pouvoir, vous, le peuple souverain.  Il vous appartient à présent de choisir d’aller au-devant du péril par couardise ou par résignation. A contrario,  vous avez la lourde responsabilité d’inviter les trois Présidents à qui vous avez déjà dévolu votre pouvoir, à vous écouter.

Vous le pouvez et ensemble nous le ferons si vous le décidez.

Nous parlerons à leurs cœurs et ils nous écouterons.  Et si vous y croyez avec la ferme conviction qu’en politique, aucune porte n’est jamais indéfiniment fermée et que les lignes finissent toujours par bouger, alors rejoignez-nous dans la campagne :

*‘’ADO ATON  MA  FLI ZIN’’*

Par cette campagne pour la paix que nous lançons officiellement *le premier octobre à Cotonou à travers notre conférence de presse,* nous mettons nos trois chefs d’états face à leurs responsabilités historiques. La paix dépend d’eux, le chaos aussi.

Toutefois, nous n’avons pas le droit de les laisser tergiverser puisque nous sommes tous embarqué sur le même navire. Si par leurs fautes individuelles ou collectives, le navire fait naufrage, nous serons les premiers à couler. Cette campagne pour la paix vise à protéger les murailles de la cité assaillies par la haine et les frustrations et partout nous devons nous constituer en gardiens de la citadelle.

Le dialogue des trois ne sera pas facile et c’est peu dire. Cependant, nous n’avons pas le droit de croire qu’il est impossible à ces amis d’hier de retrouver au nom de la patrie, des raisons de faire le sacrifice ultime pour sauver la nation. Les passes d’armes épistolaires et les estocades par organes de presses interposés ne doivent pas nous décourager. Partout, nous sommes invités par nos prières et nos actions à devenir des artisans de paix. Qu’il est facile de mettre de l’huile sur le feu et d’appeler chacun des trois acteurs à boucher les oreilles de son cœur à la petite voix de l’humilité qui invite au dialogue.

Enfin, cette lettre ouverte est une invite à chacun où qu’il soit à nous rejoindre dans cet élan de Paix pour faire advenir par ses contributions diverses, le dialogue des Trois. La Paix et la Cohésion Sociale sont à ce prix et à ce prix seul.

 

LA COALITION CITOYENNE LA 3e VOIE

 

Le Président

Bruno AHOUANMAGNAGAHOU

 

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