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Sommet sur le financement des économies africaines : Intégralité de la Déclaration finale

La pandémie de Covid-19 a provoqué une crise économique mondiale sans

précédent, aux conséquences sociales majeures. Après 25 ans de croissance continue,

l’Afrique est gravement touchée et a connu une récession en 2020. Le Fonds monétaire

international (FMI) estime que jusqu’à 285 milliards de dollars de financements

supplémentaires sur la période 2021-2025 seraient nécessaires aux pays africains, dont

près de la moitié aux pays africains à faible revenu, pour renforcer la réponse apportée

à la pandémie. Les pays à revenu intermédiaire nécessitent également une attention

particulière. Sans action collective, le financement et les objectifs du Programme de

développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine seront

compromis.

La plupart des régions du monde lancent à l’heure actuelle de vastes plans de

relance, en utilisant les instruments monétaires et budgétaires massifs dont elles

disposent. En revanche, nombre d’économies africaines ne possèdent ni des capacités

suffisantes ni d’instruments similaires pour faire de même. Nous ne pouvons pas nous

permettre de les laisser de côté.

Nous, les dirigeants participant au Sommet, en présence d’organisations

internationales, avons la responsabilité d’agir ensemble et de combattre la grande

divergence qui est en train d’apparaitre entre les pays et au sein de chaque pays.

Cela nécessite d’agir collectivement pour mettre en place un plan de soutien

financier très substantiel visant à donner une impulsion indispensable à l’économie de

ces pays et à apporter les moyens d’investir pour un avenir meilleur. Nous ambitionnons

de répondre aux besoins de financement immédiats, d’améliorer la capacité des

gouvernements africains à soutenir une relance économique vigoureuse et durable, et de

renforcer le secteur privé africain, dont le dynamisme représente un facteur de

croissance à long terme pour le continent.

Dans l’immédiat, la priorité absolue est de vaincre la pandémie. Nous

reconnaissons le rôle d’une immunisation à grande échelle contre la Covid-19 en tant que

bien public mondial et nous unissons nos efforts pour veiller à un accès équitable en

Afrique à des vaccins, des traitements et des moyens de diagnostic sûrs et abordables

grâce au dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19

(Accélérateur ACT) et à sa facilité COVAX, ainsi qu’à l’initiative AVATT de l’Union

africaine. Nous nous efforcerons d’accélérer ces efforts pour faire en sorte que l’Afrique

reçoive davantage de vaccins, notamment en partageant les doses, en soutenant les

garanties de marché et en favorisant le commerce tout au long de la chaîne de valeur,

ainsi qu’en développant les capacités locales nécessaires à la distribution des vaccins.

Nous devons aussi, en partenariat avec le secteur privé, accélérer la production de

vaccins en renforçant les capacités locales sur le continent africain. Cela peut être facilité

par un partage volontaire de la propriété intellectuelle et par le transfert actif des

technologies et du savoir-faire, conformément aux cadres juridiques internationaux, par

exemple par la mise en commun des licences et la conclusion d’accords de fabrication

pour permettre une production locale.

Nous nous appuierons sur le système financier international pour créer l’espace

budgétaire nécessaire aux économies africaines. Nous appelons à rapidement décider

d’une allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI d’un montant sans

précédent, qui devrait atteindre 650 milliards de dollars, dont près de 33 milliards

destinés à augmenter les avoirs de réserve des pays africains, et à la mettre en oeuvre

dans les meilleurs délais, et nous demandons aux pays d’utiliser ces nouvelles ressources

d’une manière transparente et efficace. Nous sommes déterminés à amplifier

considérablement son impact en Afrique en étudiant le prêt de DTS à titre volontaire

par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la

croissance (FRPC) du FMI, et en envisageant avec le FMI, la Banque mondiale et d’autres

banques multilatérales de développement (BMD) diverses options supplémentaires pour

prêter des DTS en vue de soutenir la relance verte, résiliente et inclusive des membres

du FMI, au sortir de la pandémie, conformément aux Objectifs de développement

durable (ODD). Ce soutien sera complété par l’aide publique au développement (APD),

une 20e reconstitution ambitieuse des ressources de l’Association internationale de

développement (AID-20), la 16e reconstitution générale des ressources du Fonds africain

de développement (FAD-16) en 2022 et la mobilisation de financements concessionnels

supplémentaires par le FMI, les banques et les fonds multilatéraux de développement,

ainsi que les organismes bilatéraux de développement. Nous demandons aux BMD de

mobiliser davantage de financement privé en Afrique en mettant au point et en

renforçant les instruments de partage des risques pertinents.

Cet effort multilatéral s’articulera étroitement avec l’action du réseau des

banques publiques de développement africaines, en impliquant la Banque africaine de

développement (BAD) et les institutions financières publiques nationales et régionales.

Solidement ancrées localement, leur capacité à faire émerger davantage de projets de

qualité, en particulier pour le climat, la santé, l’éducation, les infrastructures et le secteur

privé, est indispensable à la réussite de toutes les mesures prises à l’échelle internationale

pour financer efficacement les économies africaines.

Pour soulager les économies africaines qui pâtissent de vulnérabilités liées à leur

dette publique extérieure, les créanciers du G20 et du Club de Paris agissent tel que

convenu dans le communiqué des ministres des Finances et des gouverneurs de banques

centrales du G20 d’avril et le Cadre commun pour les traitements de dette au-delà de

l’Initiative de Suspension du Service de la Dette (ISSD) adopté en novembre 2020.

Pour dynamiser la croissance et la création d’emplois, nous soutenons les

stratégies africaines nationales et nous saluons l’ambition de développer une Alliance

pour l’entrepreneuriat en Afrique, qui aura une large portée panafricaine et accordera

une place prépondérante aux entreprises. Cette Alliance permettra de mobiliser tous les

partenaires désireux de mettre des ressources financières et techniques au service du

développement du secteur privé en Afrique, des microentreprises et des petites et

moyennes entreprises (MPME), et notamment des femmes-entrepreneurs soutenues par

l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA). Nous

attendons avec intérêt que la Société financière internationale (SFI), en coordination

avec la BAD, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)

dans ses pays d’opérations, la Banque européenne d’investissement (BEI), les autres BMD

concernées et les institutions de financement du développement bilatérales intéressées,

poursuive les efforts pour lancer cette Alliance, en collaboration avec la Commission de

l’Union africaine, d’une manière progressive et ciblée. Ces efforts s’appuient sur ceux

déployés dans la cadre de l’approche Équipe Europe aux côtés des institutions

européennes de financement du développement pour contribuer aux objectifs de ce

Sommet.

Nous réitérons notre soutien continu à l’égard de l’initiative du G20 sur le soutien

à l’industrialisation en Afrique et dans les pays les moins avancés, du partenariat du G20

avec l’Afrique, du ! Compact with Africa “, ainsi qu’à l’égard d’autres initiatives

pertinentes. Comme la relance et la prospérité à long terme sont indissociables de

réformes favorables au développement du secteur privé, nous prenons acte de la

proposition commune de la France et de l’Allemagne visant à renforcer davantage

l’initiative du G20 ! Compact with Africa “.

Nous saluons la mise en oeuvre de l’Accord portant création de la Zone de libreéchange

continentale africaine et la transformation numérique du continent visant à

réduire la fracture numérique et à accélérer l’adoption d’écosystèmes numériques

ouverts, équitables et non discriminatoires, ce qui produira des bénéfices significatifs en

matière de productivité, d’innovation et de croissance durable. Compte tenu de notre

foi commune en l’impact positif du commerce sur le développement, nous examinerons

des solutions pour accroître la valeur ajoutée africaine dans les chaînes mondiales

d’approvisionnement.

Un soutien international est indispensable pour soutenir des plans de relance

ayant l’envergure requise, mais cela pourrait au besoin s’accompagner de plus de

flexibilité concernant les plafonds d’endettement et de déficit lorsque c’est approprié

et de réformes difficiles mais nécessaires à mener au niveau national, avec l’aide de la

communauté internationale en tant que de besoin. Afin de financer des politiques

publiques clés pour une croissance inclusive et durable, telles que l’éducation, la santé,

la protection sociale et les infrastructures, il sera nécessaire de mobiliser plus fortement

les ressources intérieures, d’accroître la transparence et l’efficacité de la gestion de la

dette et des dépenses publiques, d’améliorer la gouvernance et l’intégrité financière et

de créer un environnement favorable au secteur privé au moyen de partenariats publicprivé

et de financements privés. Nous améliorerons en outre la préparation et le

financement des projets d’infrastructure.

Nous promouvrons une trajectoire de développement durable, circulaire et à

faible intensité de carbone de l’Afrique et veillerons à assurer sa résilience climatique et

environnementale au cours des décennies à venir. Nous nous efforcerons d’élargir

l’éventail des donateurs et des investisseurs en faveur du financement de l’action pour le

climat et la biodiversité et du développement technologique en Afrique, notamment en

mobilisant davantage de ressources vers le continent par l’intermédiaire du Fonds vert

pour le climat et du Fonds pour l’environnement mondial. Par ailleurs, nous appelons les

institutions financières internationales à se fixer des objectifs ambitieux dans leurs

projets portant sur le climat, en équilibrant adaptation et atténuation, et à aligner

complètement leurs activités sur l’Accord de Paris dans les plus brefs délais.

En définitive, la croissance et la résilience reposent sur le capital humain. Notre

objectif prioritaire est de mobiliser ce capital et le potentiel démographique de l’Afrique

et ainsi fournir au secteur privé les atouts dont il a besoin. Nous nous engageons à

renforcer les systèmes de santé, de protection sociale, et d’enseignement et de

formation sur le continent africain, en reconnaissant qu’ils constituent des facteurs

déterminants pour accroître la productivité sur le continent et garantir la résilience

économique en protégeant les vies, les emplois et les compétences des Africains.

Nous oeuvrerons ensemble pour renforcer la mobilisation des talents africains et

consolider l’expertise du secteur public et les ressources et connaissances au niveau

local. Nous estimons que l’engagement des pays concernés est primordial et que la série

d’actions que nous nous engageons à mettre en oeuvre doit aller de pair avec un fort

renforcement des capacités. Nous travaillerons pour accroître et mobiliser l’expertise

africaine, qu’elle soit sur le continent ou en dehors.

Investir aujourd’hui dans le développement durable des économies africaines et

dans leur population active en pleine expansion contribuera à faire de l’Afrique la future

championne de la croissance mondiale.

En marge des prochaines Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale

en octobre 2021, il sera opportun de faire le point sur les efforts que nous aurons

déployés pour assurer la mise en oeuvre effective de ces mesures et d’affiner les

initiatives que nous proposons.

 

Une série d’actions reposant sur deux piliers

Répondre aux besoins de financement pour promouvoir une relance rapide, verte, durable

et inclusive

Nous appelons à décider rapidement d’une allocation générale de droits de tirage

spéciaux (DTS) du FMI, d’un montant sans précédent (650 milliards de dollars), et à la

mettre en oeuvre dans les meilleurs délais, ce qui devrait permettre d’accroître les

réserves des pays africains de 33 milliards de dollars. Nous demandons instamment aux

pays d’utiliser ces nouvelles ressources de manière transparente et efficace.

En outre, nous sommes déterminés à accroître considérablement son impact en Afrique,

en étudiant à titre volontaire :

– le prêt de DTS au Fonds fiduciaire FRPC ; en s’appuyant sur la révision en cours du

financement et des politiques concessionnels du FMI, le FMI estime que ses prêts aux

pays à faible revenu pourraient être substantiels sur la période 2021-2025. Nous

étudierons les options pour garantir la pérennité du compte de subvention du Fonds

fiduciaire FRPC, qui permet des prêts à taux zéro ou à taux concessionnel ;

– une série d’options supplémentaires, avec le FMI, la Banque mondiale et d’autres

BMD, pour prêter des DTS en vue de soutenir la relance verte, résiliente et inclusive

des membres du FMI, au sortir de la pandémie, conformément aux Objectifs de

développement durable (ODD).

Nous prenons les engagements suivants :

– Soutenir une 20e reconstitution ambitieuse des ressources de l’Association

internationale de développement (AID-20), accordant une attention renforcée aux

sujets du capital humain (y compris au handicap et à la protection sociale), du

changement climatique, de l’emploi et de la transformation économique, du genre,

de la fragilité, des conflits et de la violence, et sous-tendue par les thématiques

transversales de la gouvernance et des institutions, de la soutenabilité de la dette, de

la technologie et de la préparation aux crises. Cela s’appuie sur le partenariat

historique de l’AID avec l’Afrique, notamment sur sa réponse à la crise de la Covid-19

sous la forme de subventions et de prêts consentis à des conditions très favorables

au cours des exercices 2021-2022. Nous appelons également l’AID à réfléchir à des

moyens de débloquer des ressources supplémentaires pour ses membres de manière

durable, en optimisant davantage son bilan financier.

– Renforcer les institutions financières publiques africaines, soutenir une mobilisation

accrue de la BAD au service d’un développement vert, résilient et inclusif en

s’appuyant sur la 15e reconstitution des ressources du Fonds africain de

développement, sur la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de

développement (FAD-16) et sur la 7e augmentation générale de capital de la BAD, et

renforcer l’implication du réseau des institutions financières africaines pour que

celles-ci soutiennent la création d’emplois et les investissements sociaux et

climatiques conformément aux objectifs de l’Accord de Paris.

– Maintenir l’APD à un niveau ambitieux et, pour les pays développés qui se sont

engagés à cet égard, s’efforcer d’atteindre les objectifs de 0,70 % du revenu national

brut (RNB) consacré à l’APD, et de 0,15 à 0,20 % du RNB consacré à l’APD à destination

des pays les moins avancés.

– OEuvrer au service d’une plus grande intégration de l’Afrique au sein de l’architecture

financière internationale, en :

o soutenant, pour les pays qui disposent d’une capacité d’endettement, le

développement de marchés performants pour la dette publique, y compris d’outils

pour améliorer leur accès et leur liquidité, en examinant entres autres la faisabilité

d’une facilité de liquidité ;

o exhortant le Groupe de la Banque mondiale, la BAD et les autres banques et fonds

multilatéraux de développement, notamment le Fonds vert pour le climat et le

Fonds pour l’environnement mondial, et les organismes bilatéraux de

développement, à ! fonctionner en système ” et à améliorer d’ici à la fin de

l’année 2021 les dispositifs de mobilisation des financements privés, y compris par

le renforcement des instruments de partage des risques, dont les Project Based

Guarantees, les Policy Based Guarantees et la couverture du risque politique dans

les cas appropriés.

– Lutter contre les vulnérabilités liées à la dette pour la première fois au sein du Cadre

commun pour les traitements de dette, approuvé par le G20 et le Club de Paris qui

agissent tel que convenu dans le communiqué des ministres des Finances et des

gouverneurs de banques centrales du G20 d’avril, dans le contexte d’un cadre

macroéconomique solide et de réformes mises en oeuvre par les pays bénéficiaires

au titre d’un programme soutenu par le FMI. Nous saluons les premières réunions

organisées pour le traitement de la dette du Tchad, et deux autres demandes reçues

de l’Éthiopie et de la Zambie seront discutées. Cela aidera à éviter un nouveau cycle

de surendettement en remédiant aux vulnérabilités liées à la dette, et contribuera à

débloquer de nouveaux financements en faveur d’une croissance durable et inclusive.

– Améliorer le financement durable du développement et éviter un nouveau cycle de

surendettement :

o en encourageant le passage à des pratiques de financement de plus en plus

durables, tant pour les emprunteurs que pour les créanciers. L’élaboration des

programmes du FMI devrait demeurer flexible dans la mesure du possible pour

prendre en compte la nécessité de soutenir la croissance dans le contexte de la

crise actuelle, tout en limitant les vulnérabilités liées à la dette. La politique de

financement du développement durable de l’AID doit continuer à soutenir des

pratiques de financement plus transparentes et durables ;

o en saluant le lancement en 2021 de l’auto-évaluation volontaire des pratiques des

créanciers en matière de prêt, fondé sur les G20 Operational Guidelines for

Sustainable Financing, et en soutenant la mise en oeuvre des Institute for

International Finance Voluntary Principles for Debt Transparency ;

o par le déploiment par les pays débiteurs de réformes améliorantl’efficacité de leurs

dépenses publiques et leur gestion des finances publiques, en visant notamment

des progrès en matière de gestion et de transparence de la dette, dans l’exactitude

des données sur la dette et la manière dont il en est rendu compte, y compris en

renforçant les services nationaux chargés de la dette et leur capacité à évaluer les

risques budgétaires, les engagements budgétaires et passifs contingents, ainsi

qu’en matière de gouvernance et d’intégrité financière, en particulier pour lutter

contre la corruption, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ;

o en accroissant la mobilisation des ressources intérieures grâce à des systèmes

fiscaux durables, transparents et responsables. À cet effet, nous saluons l’avancée

dans la mise en oeuvre du Programme d’action d’Addis-Abeba, notamment

l’adoption croissante des Cadres nationaux intégrés de financement (FFI), les

travaux de l’Initiative fiscale d’Addis-Abeba et sa récente Déclaration à l’horizon

  1. Nous saluons également les efforts des partenaires de la Plateforme de

collaboration sur les questions fiscales pour accroître le soutien au développement

et à la réforme des politiques et administrations fiscales en Afrique. Nous

soutenons le développement de l’initiative Inspecteurs des impôts sans frontières

de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et

du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour renforcer

les enquêtes en matière de délinquance fiscale, ainsi que la fiscalité des ressources

naturelles. Nous saluons également la mise en place par l’OCDE d’une Académie

de l’Afrique de l’Ouest pour les enquêtes fiscales et financières afin de renforcer

les capacités en matière de lutte contre la délinquance fiscale dans toutes les

régions du continent africain ;

– Donner la priorité au sein du budget national à des politiques publiques clés en

matière de croissance durable, telles que l’éducation, la formation et les systèmes de

santé. Soutenir un plus grand engagement au sein des forums de coordination

existants tels que le Partenariat mondial pour une protection sociale universelle en

vue d’atteindre les objectifs de développement durable (USP2030).

**

Soutenir une croissance de long terme stimulée par un secteur privé et un entrepreneuriat

dynamiques et par le développement et le financement de projets d’infrastructures de

qualité

Nous réitérons notre soutien continu à l’égard de l’initiative du G20 sur le soutien

à l’industrialisation en Afrique et dans les pays les moins avancés, du partenariat du G20

avec l’Afrique, de l’initiative du G20 ! Compact with Africa “, ainsi qu’à l’égard des autres

initiatives pertinentes. Comme la relance et la prospérité à long terme sont indissociables

de réformes favorables au développement du secteur privé, nous prenons acte de la

proposition commune de la France et de l’Allemagne visant à renforcer l’initiative du G20

! Compact with Africa “.

Avec le soutien des institutions financières internationales, des organisations

internationales et des agences de développement, nous accélèrerons les réformes en

faveur d’un environnement économique et d’un climat des investissements plus stables,

plus transparents et plus fiables.

Des efforts seront déployés pour traiter le problème croissant de l’économie informelle,

au moyen de réformes dédiées portant sur les cadres juridiques et fiscaux, pour renforcer

les capacités nationales et pour améliorer et harmoniser les cadres règlementaires et les

pratiques administratives, notamment grâce à des mesures portant sur la gouvernance

et l’intégrité financière.

Nous encourageons les banques multilatérales et bilatérales de développement et les

autres partenaires de développement, notamment les banques nationales et régionales

publiques de développement africaines, à jouer un rôle clé en matière d’incitations

financières visant à mettre en oeuvre ces réformes.

Nous encourageons un ciblage plus important vers le secteur privé dans les guichets

concessionnels du Groupe de la Banque mondiale et de la BAD, en envisageant des

solutions pour accroître l’impact du Guichet de promotion du secteur privé à l’occasion

de la 20e reconstitution des ressources de l’AID et de celui de la Facilité de rehaussement

de crédit de la BAD à l’occasion de la 16e reconstitution générale des ressources du Fonds

africain de développement (FAD-16).

Nous saluons l’ambition de développer une Alliance pour l’entrepreneuriat en Afrique

visant à contribuer à la mobilisation de tous les partenaires, publics et privés, prêts à

appuyer le développement du secteur privé africain par des moyens financiers,

techniques et le renforcement des capacités.

Cette Alliance permettra de mobiliser tous les partenaires prêts à consacrer des moyens

financiers et techniques au développement du secteur privé africain, notamment les

MPME, et à l’amplification de la dynamique entrepreneuriale à l’oeuvre en Afrique, en

portant une attention particulière à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes. Nous

soutenons en priorité les investissements dans les jeunes entreprises africaines grâce à

l’élaboration de nouveaux outils adaptés et au développement des instruments déjà

existants, en ajustant notre approche aux besoins spécifiques des MPME en fonction de

leur niveau de développement, en ciblant de nouveaux pays et en associant de nouveaux

acteurs.

Cette Alliance a spécifiquement pour objectifs de développer des MPME innovantes et

d’avant-garde, principales sources de croissance et de création d’emplois, et de

renforcer la capacité des entrepreneurs à avoir accès à des financements, ce qui

constitue un vecteur principal de changement, d’innovation et d’une croissance

économique inclusive en Afrique. Cette Alliance devrait par ailleurs bénéficier de l’entrée

en vigueur de l’Accord portant création de la zone de libre-échange continentale

africaine, dont la mise en oeuvre sera soutenue par les partenaires de développement,

en portant une attention particulière au renforcement de l’intégration régionale et à ses

effets positifs à long terme sur le développement des marchés locaux et régionaux et la

croissance durable.

Afin de soutenir cette Alliance, nous nous appuierons sur la coalition existante

d’institutions financières1, constituée lors du Sommet Finance en commun de novembre

2020, qui s’est engagée à unir ses efforts pour échanger des bonnes pratiques porteuses

de solutions pour les MPME en Afrique. Nous mobiliserons les apports positifs de toutes

les BMD et institutions de financement du développement centrées sur le secteur privé

et engagées en Afrique.

Nous attendons avec intérêt que la Société financière internationale (SFI), en

coordination avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne

pour la reconstruction et le développement (BERD) dans ses pays d’opérations2, la

Banque européenne d’investissement (BEI), les autres BMD concernées et les institutions

de financement du développement bilatérales intéressées, redouble d’efforts afin de

lancer cette alliance, en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, d’une

1 Banque africaine de développement, Banque ouest africaine de développement, Institut de financement du

développement Canada, International Development Finance Corporation (agence de développement américaine),

Société islamique pour le développement du secteur privé (SID) et 15 institutions de financement du développement

européennes.

2 Nous prenons acte du fait que le Cadre stratégique et capitalistique 2021-2025 de la BERD, adopté par les

gouverneurs de la BERD, affirme un intérêt stratégique continu à l’égard d’une expansion limitée et graduelle en

Afrique sub-saharienne. Cela ne présage en rien de l’éventuelle décision des gouverneurs à ce propos.

manière progressive et ciblée. Ces efforts s’appuient sur ceux déployés dans le cadre de

l’approche Équipe Europe par les institutions européennes de financement du

développement, pour contribuer aux objectifs de ce Sommet, en commençant dans un

premier temps par les mesures prometteuses suivantes :

– Nous soutenons le développement de fonds de capital-investissement et de capitalrisque

africains, et d’associations de capital-investissement et des institutions de

microfinance africaines, en tant qu’acteurs clés pour accélérer la croissance des

MPME :

o en nous appuyant sur des outils dédiés (y compris des instruments concessionnels) et

des partenariats existants comme Boost Africa (initiative conjointe de la BAD, de la

BEI et de la Commission européenne), nous aiderons les gestionnaires de fonds à

répondre aux besoins récurrents des jeunes entreprises et MPME africaines, pour

contribuer à constituer plus rapidement des viviers d’entreprises prêtes à recevoir

des investissements, pour accompagner les efforts de levée de fonds des

gestionnaires de fonds et pour aider à recruter, former et fidéliser des spécialistes des

investissements durables. Pour tenir compte du fait que la grande majorité des

entreprises appartiennent à la catégorie des microentreprises, une attention

particulière sera portée au rôle des accélérateurs et incubateurs d’entreprises, des

réseaux d’investisseurs providentiels et des écoles de commerce ;

o en recourant à des mécanismes de partage des risques (tels que des garanties et la

couverture du risque politique) destinés à réduire certains risques spécifiques comme

le risque de change ou de liquidité, nous renforcerons l’attractivité de la classe d’actif

du capital-investissement africain pour attirer davantage de capitaux privés, tant au

plan national qu’international. La mobilisation des flux de financements privés

passera aussi par un approfondissement des marchés secondaires pour les prises de

participation dans des fonds africains de capital-investissement ;

o en développant les cotations croisées sur les marchés régionaux et panafricains pour

accroître l’ensemble des fonds disponibles pour les investissements et pour accélérer

les réformes juridiques, règlementaires et institutionnelles visant à harmoniser les

différents marchés, afin d’améliorer la liquidité comme la stabilité.

– Nous sommes favorables à de nouvelles mesures innovantes, à discuter de manière

plus approfondie au sein des organes de gouvernance de chacune des institutions

concernées, pour remédier aux difficultés spécifiques auxquelles font face les MPME

africaines, telles que :

o la proposition présentée par la SFI, avec le soutien du Guichet de promotion du

secteur privé de l’AID, de la BERD, de la BEI et de Proparco, pour améliorer l’accès des

MPME aux financements en Afrique grâce à des structures innovantes et à des

instruments d’atténuation des risques, pour stimuler les prêts à ce secteur. Cette

initiative étudiera de nouvelles pistes de financement pour les MPME et les marchés

en développement, sous l’angle spécifique des MPME, notamment par le biais de

fonds et de plateformes numériques, tout en ayant recours à des instruments

d’atténuation des risques. Elle pourrait aussi viser les MPME des chaînes de valeur

agroalimentaires et les exploitations agricoles de taille intermédiaire, secteurs qui

jouent un rôle moteur pour la croissance, les emplois et le développement durable en

Afrique ;

o les efforts de la SFI et de la BERD pour appuyer les échanges commerciaux de biens,

d’équipements et de produits essentiels avec l’Afrique pendant la phase de

redressement économique de la crise de la Covid-19 ;

o l’AFAWA, l’initiative panafricaine soutenue par la BAD, et d’autres initiatives en faveur

des femmes comme SheInvest et le Défi 2X, qui proposent des financements en

SOMMET SUR LE FINANCEMENT DES ECONOMIES AFRICAINES

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faveur des femmes, pour surmonter les difficultés d’accès aux financements

auxquelles sont confrontées les femmes en Afrique ;

o une priorité accrue sur les MPME pour les faire bénéficier d’accès aux plateformes

numériques, telles que la facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique

(ADFI) lancée par la BAD, en reconnaissant que le soutien à l’intégration financière et

la facilitation de l’accès aux services financiers sont essentiels pour les MPME et pour

le secteur informel.

Nous encourageons également l’approfondissement de la coopération entre entreprises

privées africaines et non-africaines, notamment grâce à des plateformes

d’investissement comme l’African investment forum (AIF) et au développement des

coentreprises ou des participations conjointes aux marchés publics. Nous appelons à

plus d’investissement pour soutenir les chaînes de valeur et les PME en partenariat avec

nos associations d’entreprises.

Nous déploierons des efforts pour faire émerger et financer des infrastructures de

qualité et durables en Afrique dans le respect de la situation particulière des pays et

conformément aux lois et aux règlements en vigueur localement, en :

– renforçant l’environnement macro-financier et la fiabilité des cadres juridique et

institutionnel des politiques publiques en matière d’ouverture et de transparence des

passations de marchés, d’efficacité économique en termes de coût tout au long du

cycle de vie, d’égalité des conditions de concurrence dans la passation de marchés,

de lutte contre la corruption, de perception des risques, de transparence budgétaire,

de soutenabilité et de gestion de la dette ;

– travaillant plus avant concernant la mobilisation des instruments et produits

financiers multilatéraux et bilatéraux, notamment les garanties, la couverture du

risque politique, les instruments de partage des risques et les autres formes d’appui

aux projets de partenariats public-privé, ainsi que dans la mobilisation de

financements commerciaux ;

o Nous appelons les institutions financières multilatérales à accroître leur

financement des investissements publics dans le secteur du numérique, tout en

tenant dûment compte des questions de cybersécurité et de respect de la vie

privée. Nous les appelons également à recourir à différents instruments,

notamment aux garanties partielles de risque et à la couverture du risque

politique, le cas échéant, pour encourager les investissements directs étrangers

dans ce secteur. Parvenir à une transformation numérique en Afrique requiert un

accès universel au moyen d’un effort soutenu de réformes et d’investissements

dans les infrastructures, les compétences et les plateformes numériques, ainsi

que les services financiers. La Banque mondiale estime que le coût de ces

investissements pourrait atteindre 80 à 100 milliards de dollars au cours des

10 prochaines années, répartis de manière égale entre les secteurs public et privé.

o Nous appelons les organisations multilatérales à accroître le financement de

projets en matière d’énergies renouvelables en Afrique. En outre, compte tenu

du rôle clé que peut jouer le secteur privé pour parvenir à un accès universel, nous

appelons les acteurs de ce secteur à avoir recours à tous les instruments

disponibles, notamment les garanties partielles de risque et la couverture du

risque politique, le cas échéant, pour encourager les investissements privés dans

le secteur de l’énergie en Afrique. Pour atteindre l’accès universel à l’électricité

en Afrique, environ 200 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires

d’ici à 2030, soit environ 20 milliards de dollars par an. Ces investissements

n’incombent pas tous aux États, la production et la distribution d’électricité étant

de plus en plus assurées par le secteur privé. Les États doivent pour leur part

investir dans les lignes de transmission et mettre en place les cadres juridiques et

réglementaires porteurs d’investissements privés. Une meilleure couverture du

risque politique peut rassurer les investisseurs pour qu’ils investissent dans des

partenariats public-privé en Afrique. De plus, l’intégration régionale contribuerait

à atteindre l’accès universel en permettant aux pays en surproduction d’exporter

de l’électricité vers leurs voisins.

– augmentant la quantité d’investissements dans les infrastructures, y compris au

moyen des fonds nationaux dédiés, tout en améliorant les investissements dans les

infrastructures durables et de qualité, notamment grâce à l’engagement volontaire

des États africains à évaluer la qualité et la durabilité de leurs projets

d’infrastructures, entre autres à travers l’Agence de développement de l’Union

africaine (AUDA-NEPAD) et du Consortium pour les infrastructures en Afrique, avec

le soutien politique de l’Union africaine et l’appui technique de la BAD, du FMI, de la

Banque mondiale et de l’OCDE. Cette évaluation volontaire et non contraignante

s’appuiera sur des principes agréés au plan international tels que les G20 Principles for

Quality Infrastructure Investment, en lien avec les travaux de certification du label de

qualité du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA).

Elle visera notamment à garantir ! l’ouverture et la transparence des passations de

marchés pour que les projets dans les infrastructures soient rentables, sûrs et

efficaces et que les investissements ne soient pas détournés de leur destination

originelle “3;

– soutenant le développement des capacités de planification et de préparation des

projets clés d’infrastructures et en favorisant l’émergence de projets bancables par :

la promotion du déploiement de la plateforme multilatérale SOURCE pour la

préparation de projets d’infrastructures durables, dirigée et financée conjointement

par les BMD, ou autres instruments comparables ; le soutien aux facilités de

préparation et de financement de projets d’infrastructures de qualité en Afrique,

notamment les initiatives menées par l’Afrique comme Africa50 ; le renforcement de

la communauté des professionnels africains des infrastructures, notamment la

plateforme africaine des connaissances et de la formation dans le domaine des

infrastructures (AILEAP), dirigée par l’AUDA-NEPAD, le Centre africain pour la

transformation économique (ACET) et l’OCDE.

3 Principe 6.1 des Principes du G20 pour les investissements dans des infrastructures de qualité.

 

Liste des participants au sommet ayant adopté la déclaration

Pays :

Afrique du sud, Algérie, Allemagne, Angola, Arabie saoudite, Belgique, Benin, Burkina

Faso, Cameroun, Canada, Chine, Comores, Congo, RD Congo, Côte d’Ivoire, Egypte,

Emirats arabes unis, Espagne, Etats-Unis, Ethiopie, France, Ghana, Italie, Japon, Kenya,

Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigeria, Pays-Bas, Portugal,

Royaume-Uni, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie.

Ainsi que le Président en exercice de l’Union africaine, le Président de la Commission de

l’Union africaine, le Président du Conseil européen et la Présidente de la Commission

européenne.

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