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Sortie de crise : Le dialogue en bonne voie (Cap sur la relecture des lois controversées)

L’on craignait que la politique de la chaise vide empêche le dialogue annoncé par le Chef de l’Etat. Du point de vue présence, la réunion de concertation avec la classe politique le lundi 15 juillet au Palais de la Marina, aura donc été une réussite. Même s’il reste que sur les vraies dissensions politiques, toutes les Forces s’ouvrent, s’humilient.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Avant ce lundi décisif, des appels à ne pas boycotter dont celui d’une tête couronnée. « Il n’y a rien sans problème. Nous devons nous asseoir autour d’une même table et essayer de trouver les solutions idoines à nos problèmes. Que nos enfants acceptent la main tendue du Chef de l’État et qu’ils aillent au rendez-vous du lundi. Il faut qu’ils répondent présents. La politique de la chaise vide n’est pas indiquée. Même si on est opposant farouche, même si on est jusqu’au-boutiste, même si on est opposant radical c’est le moment d’aller autour de la table, de s’exprimer, de dire ce qu’on veut, car nul ne viendra du dehors pour nous réconcilier », exhortait, samedi 13 juillet le roi Kpodégbé Toyi Djigla Lanmanfan d’Allada, lors d’une cérémonie de prière pour la paix.

L’écho a été favorable. Dix sur les onze formations politiques -seul Restaurer l’espoir (Re) de Candide Azannaï n’y était pas- ont répondu à ce rendez-vous qui a duré plus de trois heures d’horloge. « C’est une preuve que nous sommes capables de surmonter nos divergences, nos querelles…, que nous sommes capables de reconstruire… », a reconnu le président Patrice Talon.

L’objet de ce premier tête-à-tête, qui doit ouvrir la voie à d’autres, n’est pas moins important. Il était consacré en effet, aux partis politiques en souffrance de personnalité juridique et vise à voir les voies et moyens pour surmonter les éléments de blocage éventuels afin de normaliser leur situation. Les formations invitées étaient donc celles ayant fait les démarches de constitution ou de mise en conformité au niveau du ministère de l’Intérieur, mais dont les dossiers n’ont pas abouti. Dans ce lot, il y a ceux qui avaient engagé leurs démarches avant le processus électoral et ceux qui les ont engagées après les élections. Leur point commun, c’est que ledit ministère n’a pas encore donné de suite à leur demande. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a été instruit pour voir, avec chaque parti, les corrections ou ajustements à faire pour obtenir son récépissé ou son certificat de conformité. Sur-le-champ il a aussitôt convenu d’un chronogramme avec ces formations.

Le plus dur…

L’on sait, ce qui divise la classe politique c’est surtout la réforme du système partisan. Réforme concrétisée à travers deux lois fortement controversées : le Code électoral et la Charte des partis politiques. Cela, le président Talon le sait. Et il a mandaté le Parlement issu des législatives décriées, de procéder à leur relecture. Dans son message à la nation le 20 mai, il invitait l’Assemblée nationale « a rassuré l’Opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution de notre pays. » Ce qui permettra, estime-t-il aux députés de gagner eux-aussi en crédibilité et confiance. Ce même souhait, le président l’a réitéré lundi dernier. Ce qui fera l’objet d’autres dialogues avec, cette fois-ci, tous les partis régulièrement constitués pour convenir des retouches à apporter à ces deux textes. Bien sûr sans remettre en cause la réforme du système partisan dont nul n’a contesté jusque-là la pertinence.

Le dialogue politique annoncé est donc effectivement amorcé et les bases pour la décrispation de la tension sociopolitique ont commencé à être posées.

Des déçus et des satisfaits

Divergences d’impressions après la réunion avec le président Talon. Déçu est Fidèle Sonon, porte-parole de l’Union sociale libérale. Et pour cause, il espérait que le président leur indique les dispositions que l’« administration (était) en train de prendre ou a déjà prises pour délivrer le certificat de conformité » », a-t-il déclaré sur Rfi. Il a conclu que « Si la séance que nous avons eu avec le Président de la République pourrait suffire à l’administration publique, je dirai oui. Mais si nous allons rentrer encore dans un autre processus de va et vient, je crains que l’Usl ne soit pas partant ». Comme le Chef de l’État, il souhaite un dialogue qui réunira toutes les ‘’parties pertinentes’’ et dont les conclusions seront exécutées. Pas de marché de dupe, a insisté Fidèle Sonon.

De son côté, Claudine Prudencio, présidente de l’Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn) a été satisfaite. « Le président Patrice Talon nous a convaincus par ses propos. Il a démontré qu’il est un homme de parole. Il a témoigné une fois encore qu’il est à la recherche de la paix. Nous avons été satisfaits de la rencontre et on va travailler pour la suite », a-t-elle témoigné.

Liste des représentants des formations politiques présentes à la réunion

UDBN

  • Madame Claudine A. PRUDENCIO
  • Monsieur Gildas AIZANNON.

GOUVERNER AUTREMENT

  • Monsieur Marly-Odilon SONON
  • Monsieur Demagnon Nazis. DOHOU

Force Agissante (FA)

  • Madame Eric Arnaud BEHA
  • Monsieur Amédée Eric. DJOSSOU

DUD

  • Monsieur Léon BIO BIGOU
  • Madame Hélène LOUIS KEKE.

PER

  • Monsieur Bruno IAHO
  • Monsieur Abou SALOMON.

GSR

  • Monsieur C. Antoine GUEDOU VISSETOGBE
  • Madame Julie Esther MIGNAWANDE.

Parti la Flamme Renouvelée (PFR)

  • Monsieur Bernadin NOUMONVI
  • Monsieur Laurex Ayivi Gabriel AJAVON

USL

  • Monsieur Semassou AHOUANTCHEME
  • Monsieur Fidèle SONON

FCBE

  • Monsieur Nourenou ATCHADE
  • Monsieur Paul HOUNKPE

PCB

  • Monsieur Philippe NOUDJENOUME
  • Monsieur Gilbert KOUESSI

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