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Soupçons de « rétro-commissions » au Fac : Révélations de Fortuné Sossa sur les conditions difficiles de l’enquête

« Fonds des arts et de la culture : Des soupçons persistants de rétro-commissions ». C’est une enquête qui a valu à son auteur, le journaliste Fortuné Sossa beaucoup d’injures et de menaces. Le vendredi 28 février 2020, il était invité sur ‘’Café médias Plus’’ à la ‘’Maison des Médias’’ de Gbèdjromèdé pour apporter des détails et répondre aux questions d’autres confrères. C’était en présence de quelques responsables ou émissaires de la structure en cause.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

L’enquête intitulée « Fonds des arts et de la culture : Des soupçons persistants de rétro-commissions » a été réalisée suite à une sélection, a rappelé d’entrée Fortuné Sossa. « Il y a eu un projet que la Maison des médias a soumis à un partenaire international, Osiwa, sur les actes de corruptions et ou de mal gouvernance. C’est ainsi que nous avons fait partie des dix journalistes Béninois professionnels sélectionnés pour proposer des sujets. C’est ainsi que moi, recevant déjà un certain nombre d’information par rapport au Fonds des arts et de la culture (Fac), j’ai proposé ce sujet-là, pour fouiller sur le domaine du Fac et voir ce qui s’y passe ».

La collecte des informations a été faite auprès d’une cible diversifiée : des acteurs culturels, des administrateurs du Fonds, anciens comme nouveaux « puisque ce qui se passe est un phénomène qui était dénoncé au temps du Fac sous l’ancien régime et qui est encore dénoncé sous la formulation actuelle du Fonds », a justifié l’auteur. « Donc, nous avons ciblé d’anciens experts du Fonds, des ministres et des députés parce que entre-temps, le Parlement avait commandité une enquête sur le même Fonds sous l’ancien régime », a-t-il détaillé. Autant d’acteurs qu’il a rencontré aussi bien à Cotonou qu’à Abomey et Parakou.

Difficile accès au Dg/FAC

La plus grande difficulté pour lui a été de rencontrer le Directeur général du Fonds des arts et de la culture (Fac). Il raconte : « Je lui avais déjà dit au cours de l’événement ‘’Miss tourisme monde’’ que j’avais en projet d’aller le voir. Il m’a dit sans problème. Mais dès que j’ai finalisé mon projet, j’ai commencé par l’appeler, il ne décroche pas, je lui écris il lit mais ne répond pas. Il a fini par décrocher un jour et m’a dit de discuter avec sa Chargée de communication (ccom) pour arranger un programme. Cette dernière me dit tout le temps que le directeur est occupé. Elle a fini par me donner une réponse dans laquelle elle écrit « Il (le Dg/Fac) est tout le temps appelé par le ministre ». C’est là où j’ai été choqué et j’ai décidé de formaliser ma demande par courrier dans lequel j’ai rappelé toute la démarche menée et j’ai déposé la lettre avec ampliation au ministre en charge de la Culture, au président de la Haac ainsi qu’au directeur de la Maison des médias. Pour rencontrer le D/Fac, j’ai été tourné en rond pendant près de deux mois, mais dites-vous, j’ai déposé le courrier un mardi et déjà le jeudi la Ccom m’a appelé pour me dire que le directeur veut me recevoir ».

« Je n’ai jamais vu ça », conclut-il vu tout ce qu’il a vécu pour rencontrer le Dg/Fac, Gilbert Déou Malé. La rencontre elle-même n’a pas été cordiale. « Lorsque je suis entré dans le bureau du directeur, ses premières phrases c’est de me sermonner ; il s’est déchargé sur moi. La Ccom était là et un autre collaborateur que je ne connaissais pas. Il prétextait que je ne devrais pas adresser ampliation à son ministre ». Lorsqu’il a été amené à répondre aux « soupçons persistants de rétro-commissions », Gilbert Déou Malé a été catégorique. « Aucun de mes collaborateurs ne réclame une rançon à un acteur culturel », a-t-il martelé.

De l’autre côté, « personne (acteur culturel notamment) n’a envie de parler à visage découvert », a souligné Fortuné Sossa. Voilà les conditions difficiles dans lesquelles l’enquête a été réalisée. Suivies, après publication, d’« une campagne de dénigrement contre ma personne », a-t-il dénoncé. Cependant, il a fait observer que « Quand on lit l’enquête chacun se fait son idée : des acteurs insistent qu’on leur réclame des rétro-commissions, ceux qui sont en charge de la structure disent qu’ils ne reçoivent rien ».

Fortuné Sossa a révélé que même après la publication de son enquête, il continue d’être contacté par des acteurs culturels qui témoignent avoir ‘’payé des rançons’’ sur un projet financé. D’autres se plaignent que les mêmes projets pour lesquels ils n’ont jamais bénéficié de financement de la part du Fac sont financés par des institutions internationales. Par ailleurs, le journaliste Sossa se dit tenu par l’obligation de protéger ses sources et ne peut donc pas satisfaire favorablement les pressions à son encontre. Comme si « la campagne de dénigrement » l’a fortifié, il s’est engagé à poursuivre le dossier. Mais avant, il conseille au Girecteur général du Fac de « rendre publics les projets financés parce qu’il a une obligation de reddition de compte vis-à-vis des acteurs culturels et du peuple béninois »

« Rien que des affirmations gratuites »

Au titre des émissaires du Fac présents au Café médias plus, il y avait le comptable et la Ccom. Les deux réduisent l’enquête à un ensemble d’affirmations gratuites. Le comptable a expliqué par exemple que ce sont des chèques qu’on remette aux bénéficiaires de financement. Alors il n’est pas possible qu’on prenne de rétro-commission chez un acteur culturel. Ou « si un acteur revient remettre de l’argent à quelqu’un c’est son affaire ».

2 thoughts on “Soupçons de « rétro-commissions » au Fac : Révélations de Fortuné Sossa sur les conditions difficiles de l’enquête

  1. Manque d’équilibre dans le traitement de l’information.
    Des questions posées par l’assistance ont été esquivées, et aucune preuve n’a été restituée pour étayer les affirmations de l’enquête. Les investigations n’ont pas pris en compte une période précise quant au dossier évoqué de 700000.

    1. Je comprends. Quand on se sent morveux on se mouche. Quand on doit toute sa vie au Fonds, on ne peut qu’avoir ce genre de réaction. Quand on fait partie des porteurs-écran de projets au Fonds, on ne peut que trouver de “manque d’équilibre” à une enquête professionnelle sur le sujet aborder. Je me souviens que dans ce pays il a été publié la liste des bénéficiaires de financements vers la fin du mandat de l’ancien régime et ton nom n’y figurait pas. Mais curieusement, à la publication, sur ordre du ministre Nkoué, des noms des bénéficiaires des chèques déjà délivrés, on retrouve ton nom sur la liste, comme par miracle.
      Je comprends encore mieux puisque dès la publication de l’enquête, tu t’es empressé d’organiser une “interview-démenti” biaisée me confessant ensuite que tu n’avais même pas lu l’enquête.
      Mais je reste serein puisque ce même vendredi où la présentation des résultat de l’enquête a été faite, l’un des confrères que tu as fait venir, après vous être transiter par où je sais, l’un de ceux à qui il a été miroité l’appui financier pour le Masa, a déclaré haut et fort, en présence d’autres et j’étais là, que les retro-commissions existent bel et bien au Fac. Un autre qui n’a pas voulu suivre le mouvement m’a fait la même confidence le lendemain. Un troisième, qui a pris part à la séance m’a confié : “Pour ma part, j’ai gardé à l’esprit que je ne dois pas écrire un article dont j’aurai honte après. Je m’efforce de veiller à cela”. Parce qu’il était aussi là quand l’autre confrère a confessé l’existence de retro-commission.
      Je vais m’en arrêter là pour le moment. La publication des listes des projets financés avec les précisions afférentes nous édifiera.

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