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Soutenance de thèse au Larred-Uac : François Zinsou lève l’équivoque sur le profil du guérisseur en milieu Adja

En milieu adja, la profession de guérisseur est de plus en plus détournée de ses fonctions originelles, a constaté au bout de ses recherches François Zinsou, doctorant de la 17ème promotion du Laboratoire d’analyse et de recherche, Religions, espaces et développement (Larred) de l’Université d’Abomey-Calavi. Il a défendu jeudi 27 octobre, sa thèse intitulée « La fonction du guérisseur : analyses des trajectoires biographiques du guérisseur en milieu Adja ».

Par Donatien Fernando SOWANOU (Stag.)

« Qui peut-on appeler guérisseur en milieu Adja ? ». Telle est la grosse interrogation au centre des recherches de François Zinsou. Elle mérite d’être posée au regard de « L’émergence du guérisseur aux profils, pratiques et comportements divergents en milieu adja du Couffo » ce qui « contraste avec la profession et donne libre cours à des perceptions sociales au niveau de la population ».

En effet, le guérisseur -à l’origine -« tient son émergence et sa réputation des facteurs liés à l’héritage, l’initiation ou encore la révélation spirituelle » a découvert l’impétrant. Ainsi, en milieu Adja il a des profils que viennent compléter traits spécifiques. Au total, le guérisseur au niveau de cette ère culturelle, émane d’un processus d’apprentissage organisé en fonction des critères comme l’âge, l’expérience, la situation matrimoniale et le respect des valeurs socio culturelles.

 

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Or ces dernières années, le constat est celui de la prolifération de ce profil de guérisseur. Par exemple, « En 2020, des données statistiques y relèvent une dizaine d’associations et un effectif de 1046 guérisseurs évoluant dans des sphères peu conformes, ce qui fait penser à de nouveaux acteurs dans le système de guérison », étaye François Zinsou.

Il indique que dans le milieu objet d’étude, le guérisseur a un pouvoir paternaliste. « Ce qui confère au guérisseur un personnage garant des normes socioculturelles et doué des pouvoirs de protecteur et réparateur de l’être ».

Mais, déplore-t-il, de nouveaux profils et modes de vie du guérisseur se profilent à l’horizon. Les résultats obtenus par le chercheur autorisent à parler de pratiques mercantilistes, d’escroquerie. « Ils sont orientés essentiellement vers des buts mercantilistes avec des comportements peu recommandés. Cette situation laisse percevoir une profession détournée de ses fonctions originelles. Ce qui dévalorise le guérisseur et fait perdre en lui toute révérence et respect ».

L’âge, une variable déterminante de la fonction

L’un des critères qui a guidé le chercheur François Zinsou concerne l’âge. En effet, en milieu adja, la majorité des cibles qu’il a rencontrées sont unanimes que l’âge est un indicateur important. « L’âge est un indicateur pour avoir l’expérience, pour avoir la sagesse indispensable à la fonction ». En ce sens que l’expérience qui s’acquiert au fil des années est capitale dans la formation du futur guérisseur, l’acquisition de la sagesse indispensable à la fonction.

 

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Or 51% des guérisseurs investigués au cours de la recherche ont au plus 30 ans. « La première chose pour connaître un guérisseur ici c’est l’âge. Un guérisseur doit avoir au moins 50 ans. A cet âge on peut tenir un secret et faire un bon usage des recettes données par les parents pour régler les problèmes de santé, du bien-être et savoir faire la part des choses », lui a confié un sage de 63 ans.

En ce qui concerne leur instruction, « on constate ici que 45% des guérisseurs sont des déscolarisés au niveau primaire, et 44% au niveau secondaire », a révélé François Zinsou.

« Le candidat est parvenu avec les armes qui sont les siennes à nous dire le prototype du guérisseur traditionnel », a salué le professeur titulaire Dodji Amouzouvi, rapporteur, directeur de thèse et directeur scientifique du Larred.

 

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A l’issue de la soutenance, le jury présidé par Prof. Cyriaque Ahodecon lui a décerné la mention Très honorable avec félicitations. Le jury était également composé des examinateurs que sont les professeurs Edinam Kola et Komi Kouvon et le Dr (maitre de Conférences) Barnabé Jaurès Kouin.

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