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Tabaski 2021 : La cherté des moutons plombe l’engouement des musulmans

La communauté musulmane célèbre ce mardi la Tabaski dans une atmosphère économique marquée par une flambée drastique des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité. Le mouton, intrant incontournable de cette fête n’échappe pas à la conjoncture. Intrigués par l’idée de ne pouvoir se procurer un mouton pour une fête dénommée ” fête des moutons”, les musulmans interrogés sont partagés entre incertitude, indécision, plaintes, et absence d’engouement. Certains ne pourront pas carrément sacrifier de moutons‚ d’autres s’associent pour le faire. C’est ce qu’il ressort de ce micro trottoir.

Propos recueillis par Laurent KOKOU

 

SANDA Oumarou, électronicien. Fidèle musulman.

Cette année, je dois célébrer la Tabaski parce que c’est une obligation pour nous fidèles musulmans de le faire. Sinon les choses coûtent chères sur le marché. L’année dernière, j’ai payé moi-même mon mouton mais cette année, je suis obligé de m’associer à d’autres personnes juste pour honorer mon statut de musulman. Ce n’est pas la joie.

 

Habib Idriss Aboubacar, revendeur. Fidèle musulman.

La fête se prépare bien à mon niveau. Étant donné que c’est Allah le miséricordieux qui nous a ordonnés de le faire, je suis obligé de me soumettre. Seulement que cette année, la fête sera réduite au strict minimum, crise économique aidant. J’ai déjà acheté le mouton. Ce n’est pas ce que je voulais mais c’est ça que mes moyens financiers ont pu acheter étant donné que les animaux ont vraiment augmenté de prix cette année.

 

ASSANI Nansirou, imam.

La fête se prépare difficilement à cause de la flambée des prix des denrées sur le marché. C’est en association que beaucoup de personnes seront obligées de payer leur mouton. Mais avec cette option, les gens ne pourront pas faire l’aumône aux pauvres. Or la Tabaski c’est aussi et surtout ça. Les années antérieures, la communauté musulmane béninoise recevait des dons de bœufs d’un peu partout à travers le monde. Ces bœufs étaient répartis à travers les mosquées et leur viande était partagée aux nécessiteux. Mais cette année à cause de la crise économique, les donateurs n’ont pu envoyer que 120 bœufs. Imaginez 120 bœufs à répartir dans combien de mosquées ? Nous sommes obligés de fêter selon nos moyens.

 

ABOKI Afisse, professeur de mathématiques et fidèle musulman

Comme tout fidèle musulman, je prépare bien la Tabaski. Je n’ai pas encore payé un mouton mais je sais que par la grâce de Dieu je le prendrai soit demain ou bien le jour J. C’est vrai que les choses coûtent chères en l’occurrence, le mouton. Mais les crises économiques n’ont jamais empêché les fêtes religieuses d’avoir lieu. La Tabaski 2021 aura bel et bien lieu et sera bien organisée comme auparavant. J’en ai la conviction parce que toute fête de cette envergure devrait se préparer bien à l’avance. Ce n’est pas la veille qu’on doit commencer par se plaindre de la cherté de la vie. Moi j’ai commencé par prendre mes dispositions depuis, raison pour laquelle je ne suis pas surpris.

 

Moustapha Fadilath, technicienne en ressources humaines et musulmane

À deux jours de la fête, je suis incapable de dire si je parviendrai à accomplir le devoir sacrificiel. Je sais que la période que nous traversons va empêcher beaucoup de musulmans de tuer un mouton quand bien même ils en auront la volonté. Mais Allah connaît le cœur de ses enfants et les comprend. Nous avons déjà parcouru trois marchés de bétail pour trouver un mouton convenable à un prix abordable sans succès. Demain nous nous rendrons encore ailleurs. De toute façons, si ma petite famille ne parvenait pas à tuer un mouton le mardi, ce ne serait pas sans avoir essayé. Conjoncture économique et cherté obligent.

 

TOURE Aboudou Samadou Comptable, fidèle musulman

A mon niveau, la fête sera belle comme d’habitude. Certes les choses coûtent chères, c’est pourquoi chacun fera avec ses moyens de bord comme l’a dit le prophète. Aucun musulman n’est à blâmer s’il n’a pas les moyens. Le sacrifice (du dromadaire ou du bœuf ou du mouton ou encore le cabri) est obligatoire pour ceux qui ont les moyens. La fête sera rose.

 

KEKE Afissou, opérateur économique. Musulman.

La fête se prépare vaille que vaille. Ce qui est sûr, elle aura lieu. Vous savez, la fête de Tabaski est une grande réjouissance chez nous les musulmans. Nous immolons des animaux recommandés selon nos moyens et nous partageons nos repas avec des proches et nécessiteux. Les denrées entrant dans la cuisson de ces repas étant chers, l’influence sur la fête est évidente. Mais cela ne va pas empêcher le sacrifice du mouton d’avoir lieu. Plaise à Dieu. Nous allons fêter selon nos moyens. Le plus important, c’est le sacrifice du belier selon les recommandations du prophète (Saw).

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