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Transformation de noix de palme : Les femmes de Bonou satisfaites et reconnaissantes à Talon

Les coopératives de femmes acheteuses et transformatrices de noix de palme de la commune de Bonou sont satisfaites de la saison d’activités du partenariat avec les Coopératives d’aménagement rural (Cars). Lors d’une cérémonie, samedi 10 septembre au Centre des jeunes et de loisirs, elles ont exprimé leurs reconnaissances au président Patrice Talon pour « sa politique d’ouverture » tout en évoquant la vente à bas prix de leurs productions et l’exportation pénalisante des noix de palme brutes.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Des centaines de femmes ont brandi avec allégresse des banderoles élogieuses à l’endroit du chef de l’État Patrice Talon. Elles proviennent de plus d’une cinquantaine de coopératives villageoises. De celles de Bonou à Affamè en passant par Atchonsa, Fonlin-Djelou, Agbonan-Kinta et Hounviguè, le message est similaire : les femmes remercient le président Talon « pour sa politique d’ouverture aux femmes dans le processus d’achat et d’acquisition de noix de palme sur les Cars de la commune de Bonou ». Les Coopératives d’aménagement rural (Cars) sont elles aussi félicitées « pour la mise en œuvre » efficace de ladite politique.
« La transformation reste une activité préoccupante, une activité à valoriser. Étant donné que la palmeraie se trouve sur notre territoire, nous devons en jouir fortement », a réaffirmé Thierry Tolègbé, maire de la commune de Bonou. Il se rappelle qu’en 2015 une étude a révélé que la pauvreté à Bonou est monétaire. Autrement, « les gens ne trouvent pas de l’argent pour entreprendre », a-t-il compris. « Donc pour avoir un retour positif il est dans l’ordre normal des choses que les femmes de Bonou puissent avoir la possibilité d’acheter des régimes de noix de palme pour faire la transformation et bénéficier des avantages qui entourent et puissent aussi créer de la valeur ajoutée à leur commune. Parce que en le faisant cette valeur ajoutée aura nécessairement d’impact sur l’économie locale, l’économie de la commune (…) Si les familles sont en paix, les autorités à divers niveaux auront certainement la paix et seront également en joie », a-t-il soutenu.

 

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À titre illustratif, les Coopératives d’aménagement rural (Cars) d’Affamè et Bonou ont transformé environ 950 tonnes de régimes de noix de palme en une saison de moins d’un an (janvier-septembre).

Justice sociale et équité

Des raisons d’être joyeuses, les femmes de la commune de Bonou réunies en coopératives ou groupements, en ont. L’activité de transformation des noix de palme induit une révolution économique dans la commune. Les revenus qu’elle génère ont considérablement amélioré leurs conditions de vie. Hermione Codjia, leur représentante parle de réduction du « taux de la pauvreté financière au sein de la population ». Ce que confirme Togbédji A. Florence, membre de la coopérative ‘’Enangnon’’. « Nous sommes sorties de certaines difficultés, nous sommes devenues autonomes. Avant nous n’arrivions pas à scolariser nos enfants ou faute de moyens financiers ils abandonnaient les classes. Lorsqu’ils sont aussi souffrants, difficilement nous les amenions en soins. Mais désormais, avec l’aide de l’État et des Cars, nos familles connaissent la paix », a-t-elle témoigné.
La mise en valeur de noix de palme a désormais remplacé l’activité d’extraction de sable fluvial dans la commune. Le partenariat entre les coopératives villageoises et les Cars a permis de « sortir des centaines de nos sœurs et mères …» de cette activité « source de plusieurs problèmes de santé pour les femmes », a ajouté Hermione Codjia. Et de conclure que « le développement au plan national est d’abord porté par le développement à la base avec pour indicateur d’appréciation, la satisfaction des aspirations de la population ». Comme quoi « le gouvernement du président Patrice Talon ne s’était pas trompé en prenant l’importante et équitable décision d’autoriser et de favoriser l’accès à l’achat et à l’acquisition de régimes de noix de palme aux structures locales organisées », a-t-elle soutenu.
Dans la commune de Bonou, l’engouement des femmes pour la transformation de noix de palme est fort. De multiples demandes de sollicitations ont été enregistrées par les institutions financières, a confirmé Blaise A. Akambi, leur représentant. Son souhait est alors de voir les réformes « aboutir à l’instauration d’un mécanisme efficace de gestion durable qui permettra aux coopératives de s’inscrire et d’assurer leur rôle de secteur multidimensionnel du développement socioéconomique ».

Doléances

Les femmes restent préoccupées par la vente à « vil » prix des productions et l’exportation des noix de palme brutes. « Nos productions sont achetées moins chères et emportées dans d’autres communes qui en profitent mieux que nous. Nous avons désormais des marchés, nous voudrions que nos productions soient vendues dans nos propres marchés afin de les animer. Avec l’achat de tickets notre commune aussi en tirera des ressources. Donc nous souhaitons vivement que toute la production de noix de palme brute de la commune reste sur place pour transformation », a plaidé Boton Honorine.
Ces préoccupations sont très brûlantes, a réitéré Rosine Vodinon, elle aussi membre d’une coopérative. Tout en souhaitant « que cette politique qui a soulagé nous femmes de Bonou se poursuive », elle a déploré «que les noix de palme brutes sont emportées massivement à Porto-Novo, Cotonou et autres, et finalement il ne nous reste qu’une modeste quantité sur place ». Or, « des femmes n’ont pas la matière première à transformer et s’en plaignent. Beaucoup d’entre elles n’ont pas voulu venir à la cérémonie de ce samedi », a-t-elle dévoilé.
Tout n’est pas rose, a justement reconnu le maire de la commune de Bonou. « Les saisons à venir nous allons travailler avec vous pour que les femmes qui n’ont pas de régimes puissent en profiter également », a promis Thierry Tolègbé.

 

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Les coopératives d’aménagement rural ont connu une crise institutionnelle depuis 2004. Elle s’était transformée « en des foyers de tension entraînant des violences qui ont conduit à la mort de plusieurs coopérateurs », a rappelé Hermione Codjia. Cette crise née du manque de transparence dans les affaires des Cars, a compromis « l’atteinte des objectifs des coopératives censées être de véritables unités de production agricoles et industrielles et de dynamiques sources de développement économique ». Arrivé au pouvoir, le gouvernement du président Talon a adopté un plan de sortie lors du conseil des ministres du 31 octobre 2018. Ce plan a favorisé le retour à la normalité en 2020 au sein des Cars.

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