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Trésor public béninois : 60 ans d’existence au service du peuple (L’évolution de la structure de 1961 à nos jours)

14 août 1961-14 août 2021 : le Trésor public béninois a 60 ans. Les festivités entrant dans le cadre de ce soixantenaire ont été lancées jeudi 12 août, par les responsables de cette structure sous la coupole du ministère de l’Economie et des finances dans l’enceinte de cette direction technique à Cotonou.

Par Raymond FALADE

C’est l’une des structures ayant vu le jour au lendemain de l’accession du Bénin à son indépendance. Le trésor public béninois, une marche intimement liée à celle de l’Etat. Partant, 60 ans de vie, c’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup, parce que, à travers le temps, l’administration du Trésor a évolué et a dû faire face à de nombreux défis. Alors la durée de vie d’un Etat n’est qu’un détail insaisissable. Ce sont là les propos de Hermann Orou Takou‚ directeur de cabinet du ministre d’Etat en charge de l’Economie et des finances à l’entame de cette cérémonie. « L’avènement des 60 ans est célébré dans un contexte où le Trésor public du Bénin fait de la digitalisation des services aux clients, un chantier majeur de ses réformes » a souligné Oumara Karim Assouma directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. « Le Trésor public à l’ère de la dématérialisation », c’est le thème central choisi pour cet anniversaire. Au programme, des séances de prières, des communications, entretien des clients sur les services dématérialisés et diverses compétitions ludiques…
Plusieurs communications sont aussi au programme de cette célébration qui se déroule du jeudi 12 au samedi 14 août. Entre autres, la dématérialisation au Trésor public béninois : état des lieux et perspectives ; intelligence émotionnelle et bien être social et financier à la retraite ; tribune aux doyens. Ces communications auront lieu en présentiel à la direction générale du Trésor et de la comptabilité publique puis dans les Trésorerie départementale et en virtuel sur les canaux digitaux.
En 60 ans, plusieurs réformes ont été opérées au sein de la structure. Ce qui a permis de donner un visage moderne à cette structure au service du peuple. Au nombre de ces réformes, la dématérialisation des fiches de paie des agents civils et militaire, la bancarisation de tous les paiements, la gestion financière et comptable des postes diplomatiques et consulats, la mise en œuvre progressive du compte unique du Trésor, la certification à la norme Iso 9001 version 2015 du système de management…

Le Trésor public béninois : de 1961 à nos jours

Avant l’indépendance, pour assurer la tenue et la remontée de la comptabilité des territoires d’outre-mer, la France, notre colonisateur, a installé un Trésorier-Payeur Général au Sénégal et un trésorier payeur dans chacune des autres colonies de l’Afrique Occidentale Française. A côté de ces comptables publics, on retrouvait d’autres agents qui concouraient à l’exécution des budgets et qui sont dénommés Agents spéciaux. Ainsi, jusqu’à l’indépendance en 1960, il existait un Trésorier Payeur et des Agents Spéciaux au Dahomey (actuel Bénin).
Au lendemain des indépendances, le Trésor national de la république du Dahomey fut créé par la loi n° 61‐35 du 14 Août 1961. Au cours de ces soixante ans d’existence, cette structure a connu des mutations dans sa dénomination, dans son organisation et dans les services offerts aux clients. Ces différents changements sont présentés comme suit.

En matière de structure organisationnelle

• De 1961 à 1993 : existence d’un comptable principal unique de l’Etat indissocié de la plus haute fonction administrative du Trésor public (fonction de coordination, de règlementation et de direction), création de recettes des finances au niveau départemental, de recettes-perceptions au niveau communal et de directions techniques au niveau central

• De 1993 à 2015 : séparation de la fonction administrative supérieure du Trésor public (fonction de coordination, de règlementation et de direction) de celle de comptable principal de l’Etat, existence toujours d’un comptable principal unique de l’Etat, création d’une recette des finances de la dette près la Caisse Autonome d’Amortissement, création d’une recette des finances des postes diplomatiques et consulats généraux, création du service solde, création du service des collectivités locales, création du service épargne, création d’une cellule informatique qui migrera vers une direction de la gestion de l’information et des archives
• De 2016 à 2020 : passage à trois (3) comptables principaux au niveau central, création d’une cellule des réformes et de la démarche qualité, création des services comptables des ministères et institutions de l’Etat, création d’un service en charge de la collecte et du traitement des données financières des établissements publics à caractère administratif (Epa)
• De 2020 à ce jour : passage à deux (2) comptables principaux au niveau central, déconcentration de la fonction de comptable principal de l‘Etat avec l’inclusion des trésoriers départementaux (élargi à l’agent comptable de la dette) ainsi que des trésoriers des ministères et institutions de l’Etat, mise sur orbite de la fonction réglementation des changes

En matière de méthodes de travail

• De 1961 à la fin des années 90 : le travail était purement manuel
• Du début des années 2000 à 2016 :* règne de l’automatisation des tâches avec l’avènement des ordinateurs et des logiciels spécifiques de travail
• De 2017 à ce jour : amorçage du virage de la dématérialisation avec pour corollaire, des économies d’échelle pour l’Etat (moins de papier, moins de fournitures, moins de matériels/équipement, réduction des coûts d’entretien/maintenance, réorganisation du personnel déjà en nombre infime) et la migration vers des applications en mode web

En matière de tenue de la comptabilité de l’Etat

• De 1961 à 2000 : tenue manuelle de la comptabilité avec la production du 1er compte de gestion de l’Etat en 1999 relativement à la gestion 1998
• Du début des années 2000 à ce jour : tenue automatisée de la comptabilité de l’Etat au moyen de l’applicatif w-money jusqu’en 2004 du progiciel aster de 2005 à ce jour

En matière de gestion financière des collectivités territoriales

• De 1961 à 2002 : indifférenciation des collectivités territoriales avec l’Etat
• De 2003 à ce jour : : avènement de la décentralisation qui confère aux collectivités territoriales, les communes en l’occurrence, la personnalité juridique et l’autonomie financière
• De 2003 à 2012 : tenue manuelle de la comptabilité communale
• De 2013 à ce jour : tenue automatisée de la comptabilité communale avec l’applicatif w-money

En matière de gestion de la trésorerie

• De 1961 à la fin des années 90 : la trésorerie était gérée au rythme du recouvrement des recettes budgétaires (impôts, douanes et trésor), des emprunts bancaires et des appuis éventuels des partenaires au développement
• Dans la 1ère moitié des années 2000 : la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) apportait un concours ou des avances de trésorerie aux Etats membres en début d’année (souvent au 1er trimestre de chaque année) pour pallier le faible niveau de recouvrement des recettes intérieures
• De la 2ème moitié des années 2000 à ce jour : création d’un marché financier sous-régional par la Bceao, planification des interventions des Etats membres sur ce marché financier, amélioration des outils d’intervention sur ce marché financier sous-régional avec notamment l’appui d’Afritac de l’Ouest, création et responsabilisation de l’Agence Umoa-Titres (Aut) pour une dynamisation de ce marché sous-régional de capitaux

En matière de démarche qualité

• De 1961 à 2018 : les questions de satisfaction des clients n’étaient pas normées et dépendaient du bon sens ou des priorités de l’équipe dirigeante
• De 2019 à ce jour : les questions de satisfaction des clients sont désormais régies par la norme ISO 9001 version 2015 avec entre autres, une politique qualité et des objectifs qualité (certification de la Dgtcp conforme à la norme ISO 9001 : 2015, changement de paradigmes : on parle désormais de clients au lieu d’usagers, exigences des clients mieux connues et répertoriées, accroissement des moyens et stratégies mis en œuvre pour la satisfaction optimale des clients, etc)

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