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Tribune-Artistes/ Alosso Bo Gbèvi : chanteur par admiration !

Du plaisir d’interpréter des classiques de la musique traditionnelle en région Mahi, il s’est aujourd’hui retrouvé dans une vraie carrière musicale à défendre. Lui c’est Gbédji Daniel à l’état civil, ‘’Alosso Bo Gbèvi’’, nom d’artiste. Âgé de 33 ans, il compte aller loin, même si son autre statut d’instituteur boucule son art. Interview !

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON

 

Si vous avez à faire la genèse de votre carrière musicale, que diriez-vous ?

Je dois situer mes premiers pas depuis le collège. En effet je m’amusais à interpréter les artistes Alokpon, Ezin Gangnon, Gbèzé, et bien d’autres. Les situations aidant, mon grand frère qui pratiquait le rythme Tchingounmè y mit un terme pour se rendre en Côte d’Ivoire. Bon nombre de personnes souhaitèrent alors que je le remplace. C’était aussi le vœu de mon grand frère. A l’époque je forçais vraiment l’admiration par ma capacité d’interprétation. D’où mon nom ‘’Alosso Bo Gbèvi’’ pour dire en Mahi ‘’aimé de toute la population’’. Alosso étant le nom de mon grand frère. Ma première sortie officielle a été effectuée le 4 janvier 2004 devant la population de Ouèdèmè, mon village natal. Mon tout premier album a été lancé le 22 avril dernier à Abomey-Calavi.

Nous avons connu la musique et les thématiques eschatologiques d’Alokpon, roi du Tchingounmè que vous avez choisi. Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Les sources d’inspiration sont diverses. Les événements malheureux peuvent constituer une source d’inspiration. L’amour aussi. Une fille que nous aimons, sa beauté, son comportement exemplaire…nous inspire. Le comportement et nos rapports avec les Hommes nous inspire également. En Afrique on parle toujours d’ennemis ; ils nous inspirent aussi. Je ne dis pas forcément que j’ai des ennemis, juste pour dire que les actes des Hommes nous soufflent des mots. Je ne dirai donc pas qu’un génie m’inspire. Non ! C’est plutôt les expériences que je fais auxquelles j’ajouterai l’esprit de Dieu ; il est la plus grande source d’inspiration. Si tu n’es pas éclairé par lui tu ne peux être bien inspiré.

Qu’est-ce que Gbèvi chante alors ?

Les thèmes que j’aborde, rejoignent mes sources d’inspiration plus haut. Les expériences, les événements, l’amour, les louanges et prières à Dieu, la paix, la conscientisation des jeunes, l’habillement, l’éducation, la maladie, la protection de l’environnement… Ce sont là autant de sujets qui peuvent passer par la voix de l’art.

Vous êtes en même temps chanteur et instituteur. Concilier les deux, est-ce aisé ?

L’enseignement et la musique, c’est difficile ! Parfois je reçois des invitations à prester aux heures de classe. A cause de l’enseignement je ne peux donc pas y répondre. J’essaie quand même de gérer. Je demande souvent à ceux qui m’invitent de me programmer pour les weekends.

Mon métier d’instituteur m’est tellement utile dans la musique. L’enseignant sait, en effet, que lorsqu’il prend un thème il doit faire une introduction, un corps du devoir et une conclusion. Si une chanson ne respecte pas cette structure, ce n’est pas bien. Donc l’enseignement m’aide à avoir beaucoup de sujets et à bien les développer.

Pour finir, vos projets ?

Il me tient à cœur de sortir chaque année un album audiovisuel. Le nombre de clip dépendra des moyens dont je disposerai. Par ailleurs je voudrais créer une école où enseigner des instruments de la musique traditionnelle notamment le Tchingounmè. Il ne s’agira pas que d’apprentissage d’instruments ; je vais aussi former les usagers pour la danse, le chant… J’embaucherai, pour la cause, des professionnels.

 

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