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Tribune/ Masa : Noble marché culturel jamais financé par les États africains

Le Masa au début était le Marché des Arts et du Spectacle Africain. Le Festival du Masa (Marché des arts du spectacle africain), créé en 1993 par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, est un festival des arts vivants africains (théâtre, musique et danse) organisé tous les 2 ans à Abidjan. Pendant longtemps ce marché était là pour la diffusion et la promotion de l’art africain. Il se veut une plateforme de valorisation de l’art africain. Quand je parle de marché de l’art, je parle de la recherche de débouché, de la rentabilité de l’art et des spectacles offerts par les troupes et compagnies africaines. Le Masa est d’origine Ivoirienne mais veut un rayonnement international pour tous les artistes africains qui désirent vivre de l’art.
Pendant des décennies des pays africains ont profité du Masa en se faisant représenter par des artistes auto-promus. Rien n’est exigé aux États africains qui se faisaient représenter sur ce marché. Si ce n’est que la prise de part active dans ce réseau que des particuliers ont mis en place.
Mais vous savez comme moi combien de fois nos États africains sont forts dans les déclarations incantatoires et de participations fantomatiques dans les grandes rencontres internationales. Pendant longtemps les États africains qui ont tout le temps profité de cette tribune offerte par, je le rappelle, des entrepreneurs culturels privés, n’ont jamais eu la moindre intention de contribuer au fonctionnement de ce festival. Les ressources du Masa sont constituées principalement des contributions financières du ministère de la Culture et de la Francophonie, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et du District autonome d’Abidjan. Les financements additionnels proviennent d’organismes internationaux tels que l’Union africaine (Ua), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le Commonwealth, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Des partenaires privés apportent également leur soutien financier au Masa .
Au titre des autres contributeurs au Masa nous avons les réseaux des instituts français, pour ne citer que ces sponsors historiques. Pourtant il est dit clairement que les Instituts français en Afrique sont là pour la diffusion et la promotion de l’art français en Afrique et partout où elle sont représentés. Pourtant les instituts français sont des partenaires de ce Marché. Zie Coulibaly qui en est le secrétaire général travaille à l’institut français. C’est pour dire combien de fois les autres croient en nous et nous même non.
J’en reviens aux États africains qui, si ils contribuaient à hauteur de deux millions de francs Cfa (franc symbolique) aideraient de manière significative ce réseau afin de donner plus d’énergie au Masa. Si l’Afrique veut avoir des événements à la taille du festival d’Avignon, du Festival de Cannes et autres, il faudra penser à une économie de la culture décidée par les ministres de la culture africains. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de conseillers charlatans qui conseillent aux ministres qu’en soutenant des artistes à participer au Masa feront d’eux, des super-Ministres. Non. Il faut penser avenir, il faut penser dans le long terme en mettant en place des mesures fortes pour soutenir les initiatives privées responsables. Je suis sûr que les artistes africains ont de vrais potentiels et le seul fait d’organiser des réseaux forts, des marchés forts de divulgation de la culture permettrait à nos États de dépasser le folklore que nous connaissons de l’art, en installant de véritables marchés.
Je me rappelle de la petite définition du marché que me donnait mon professeur d’économie au lycée. Il disait ” le marché est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande”. En créant des marchés de l’art vous valoriserez la culture et vendrez l’art de nos pays. Vous allez trouver une solution à l’éternel problème de financement de la culture.
Revenant au Masa, il est devenu aujourd’hui le Marché des Arts et Spectacles d’Abidjan en remplacement de l’ancienne dénomination, car à mon avis l’objectif des premiers concepteurs du marché n’est pas atteint. Les pays africains ne sont pas vue concernés par cela. Ils n’ont jamais contribué. Mais ils envoient des artistes à qui ils remettent le drapeau national pour aller défendre leur État. Quelle hypocrisie?
Mon intime conviction est que chaque état africain doit choisir et investir dans un réseau d’acteurs cultuels qui mettent en place des marchés de la culture qui permettent à ces derniers de mettre en place une industrie de la culture rénovée pour le développement et la croissance de leur pays.
Nous devons être tous unis pour le développement de l’art en mettant en place des chaines de la culture indispensables pour le développement de la culture.

Boris AGOSSADOU
Ingénieur Culturel

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