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Lutte contre les Vbg et le Vih/Sida : Ce que proposent les théologien.nes et leaders religieux

Vbg et Vih/Sida . Un atelier intergénérationnel a réuni du 11 au 12 août au Centre chrétien d’accueil et de formation (Ccaf) à Porto-Novo, des théologiennes et théologiens, les leaders religieux, et autres acteurs du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Togo autour de la thématique centrale « La lutte ultime contre la violence basée sur le genre et le Vih avec les leaders religieux ». Il s’agit d’un atelier de renforcement de capacité, organisé par la coordination régionale de l’Afrique de l’Ouest initiatives et plaidoyer œcuménique de la lutte contre le Vih (Coe-Ehaia), un programme du Conseil œcuménique des églises en collaboration avec le Cercle des théologiennes africaines engagées.

Par ©Sêmèvo Bonaventure AGBON

La rencontre a été l’occasion de débats et de partage d’expériences vécues sur le Vih/Sida et les Violences basées sur le genre (Vbg). Différentes présentations ont permis aux participants de s’instruire sur leurs causes, conséquences et moyens de lutte ; et de s’imprégner de la vulnérabilité de la femme face aux Vbg et le Vih/Sida.

Aussi, ont été également abordés les formes de cultures et d’éducation influençant la Vbg dans la société ; les pratiques comportementales de la belle-famille face à l’instabilité des jeunes couples ; et le rôle des théologien.nes et leaders religieux/ses dans la lutte contre les Vbg dans les institutions éducatives.

L’objectif est « d’outiller les théologiennes et théologiens, les leaders religieux à mieux informer, sensibiliser et mobiliser les populations et les décideurs à différents niveaux sur les problèmes majeurs et les principaux instruments de politiques de la lutte contre la violence basée sur le genre et le Vih en Afrique de l’Ouest et plus précisément au Bénin », a précisé la coordinatrice du Cercle des théologiennes africaines engagées, Révérende pasteure Fifamè Fidèle Houssou Gandonou, docteure en Théologie et spécialiste éthique et genre, enseignante à l’Université protestante d’Afrique de l’ouest (Upao). L’atelier, précise-t-elle, a un caractère didactique et participatif.

 

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Des principales observations relevées lors de l’atelier intergénérationnel, il ressort que les efforts des théologiennes et théologiens, des leaders religieux dans la lutte contre les violences basées sur le genre et le Vih/Sida sont souvent freinés par les normes sociales, culturels et les interprétations faites à partir des textes bibliques.

L’atelier note par ailleurs que les traditions et les croyances culturelles et religieuses influencent le comportement et les actions pour une lutte efficace.

Ils constatent avec regret, que des hommes et la plupart des femmes pérennisent la violence basée sur le genre par ignorance et manque de connaissance. L’autre chose déplorable, touche à l’absence d’intégration des questions de genre et du Vih/Sida dans le programme de la plupart des institutions théologiques n’est pas encore une réalité. Après le mariage, l’atelier regrette aussi qu’il n’y ait pas d’accompagnement des jeunes pour le mariage et pour la vie du couple.

Engagement

Face à ces réalités, les théologiennes et théologiens, les leaders religieux et acteurs de changement ont formulé des résolutions à l’issue des deux jours de réflexions.

L’atelier recommande de former les leaders des communautés religieuses sur la Vbg et sur le Vih, d’intégrer les concepts endogènes et les contextualiser dans les communications, prédications et autres messages des leaders religieux ; d’élaborer un curriculum contenant les différents modules pouvant être utilisés pour le renforcement des capacités des théologiennes et théologiens en formation et même après.

Enfin, de faire un plaidoyer auprès des autorités pour l’aboutissement des procédures de dénonciations de Vbg.

 

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L’atelier a reçu le soutien des institutionnels. Ce sont la coordinatrice régionale du programme (Coe-Ehaia)‚ Ayoko Wilson Bahun et le consultant national du programme, Eyram Amega, la chef Cellule départementale du Conseil National de lutte contre le Vih/sida, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les lnfections sexuellement transmissibles et les épidémies (Cnls-Tp)‚ Dr Charlène Atihou et la Directrice départementale des Affaires sociales et la Microfinance de l’Ouémé‚ Chénagnon Solange Odjo Ahlonsou.

La coordonnatrice du programme Coe-Ehaia à travers son représentant, a soutenu que le corps religieux joue un rôle important en matière d’information, de sensibilisation du public et de veille citoyenne pour la lutte contre les violences basées sur le genre et la prévention du Vih. Il a alors exhorté les participants et participantes à attacher du prix aux résultats auxquels ils vont parvenir au terme des travaux. Ces résultats devront servir de point d’appui pour les interventions ultérieures, a-t-il annoncé.

Les participants à l’atelier ressortent plus que déterminés à contribuer davantage au changement en matière de lutte contre la Vbg, facteur de propagation du Vih/Sida.

« Nous avons donc convenu et réaffirmé notre engagement à mobiliser les institutions théologiques et éducatives, les églises, les communautés locales et les gouvernements nationaux respectifs à travailler en collaboration avec les hommes et les femmes de foi afin de promouvoir l’égalité des sexes et des droits pour assurer une communauté sans viol ni violence sous toutes ses formes », rapporte la Révérende pasteure Fifamè Fidèle Houssou Gandonou.

Les théologiennes et les théologiens et les leaders religieux se sont engagés à faire la promotion de la masculinité positive au sein des communautés religieuses ; à changer les mentalités à travers des communications ciblées ; et à organiser périodiquement des interventions de sensibilisation sur la Vbg et le Vih/Sida dans les communautés de foi.

 

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