Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Vernissage sur le travail des enfants : Lucie Appart décrit « l’économie de la débrouille »

Vernissage sur le travail des enfants : Lucie Appart décrit « l’économie de la débrouille »

Jeudi 5 décembre à l’Institut français de Cotonou, un vernissage a marqué la fin de la présentation des Actes du colloque sur la protection de l’enfant au Bénin organisé par l’Ong Changement social Bénin. Il a été réalisé par Lucie Appart de Terre rouge.

A travers une série de photos chargées de sens et d’émotion, elle a illustré combien les enfants se débrouillent pour survivre. A juste titre, elle a rangé ces images sous le titre ‘’Tshata, l’économie de la débrouille’’. Sur le mur on peut lire cette description poignante : « A Cotonou, capitale économique, une grande partie de ses enfants âgés de 6 à 15 ans, se retrouvent au marché Dantokpa. Véritable labyrinthe, il est le plus grand d’Afrique de l’Ouest. Dans ce dédale rempli d’échoppes, les enfants déambulent à la recherche de quelques francs. Des heures durant, ils pratiquent meboto, qui consiste à trier le gingembre, les oignons, les tomates. Ils aident les femmes à porter leurs courses ou les marchands dans leur vente. Tshata est leur deuxième activité principale, ces jeunes hommes vagabondent sur d’énormes décharges à ciel ouvert à la recherche de boîtes de conserve, de fils électriques ou de bouteilles en plastiques. Ils les échangent dans des « points de vente » à la fin de leur parcours. Une bonne journée pour un enfant représente 800Fcfa récoltés. (650=1 euro) De quoi manger au mieux deux repas par jour et acheter de nouveaux vêtements. »

Et ce n’est pas tout. « Ces enfants sont livrés à eux-mêmes dans une rue qui les regarde d’un mauvais œil. Les Cotonois sont méfiants. Les enfants des rues sont souvent considérés comme peu fiables, voleurs et arnaqueurs. Pour beaucoup, ils ont fui leur quotidien. Accusés de sorcellerie, maltraités, abandonnés, orphelins, ils ont quitté leurs villages pour Cotonou. Dans l’espoir d’obtenir une vie meilleure, ils se retrouvent dans la rue. Le faible niveau de scolarisation des parents, l’exode rural, la tradition et le faible coût de la main-d’œuvre infantile ne les aide pas à s’en sortir », écrit Lucie Appart.

Très répandu au Bénin, 58% d’enfants, selon une étude de l’Unicef, seraient exploités. « Là où 40% de la population (11 millions d’habitants) vit sous le seuil de pauvreté, 7800 enfants (Insae) sont en situation de travail », poursuit-elle.

Les images exposées par elle sont le fruit de l’atelier photo qu’elle a organisé en mars 2018 avec les enfants des rues accueillis par ”Terres rouges”. Sa démarche a été, après s’être présentée à eux, de les initier à l’utilisation des appareils photo jetables (Fuji film 27 vues). Devenus photographes, ils vont travailler avec des appareils en poche. C’est ainsi qu’ils se sont filmés eux-mêmes durant une ou deux jours. « Je fais le choix de ne pas les accompagner, afin de ne pas altérer leur travail et les laisser libres lors de la prise de vue », a-t-elle expliqué.

Laisser un commentaire

Top