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Violences post-électorales : Djougou indique le chemin du bonheur (Déclaration)

Les élus communaux et municipaux des quatre départements du septentrion à savoir Atacora/Donga et Borgou/Alibori se sont retrouvés à Djougou le jeudi 9 avril pour examiner et prendre positions par rapport aux violences qui ont emmaillé le scrutin du dimanche 28 avril.

Par S. B. AGBON

Les travaux qui se sont déroulés à l’École nationale des instituteurs (Eni) ont été sanctionnés par une « Déclaration d’appel à la paix » lue par le maire de Banikoara, Tamou Bio Sarako. Elle a reçu l’adhésion de 25 des 27 maires du nord et de la quasi-totalité des conseillers communaux, qui étaient d’ailleurs présents. A l’analyse de ladite Déclaration, les élus du septentrion désignent, arguments à l’appui, l’ancien président Boni Yayi comme le premier responsable et l’instigateur des violences. Avant donc de réitérer leurs soutiens au président Talon, ces autorités ont mis en garde contre toutes nouvelles velléités de violence liées aux législatives 2019 et exhortent à la culture de la paix et du dialogue. Cette sortie concertée des maires et conseillers communaux et municipaux du septentrion met fin à l’illusion que Boni Yayi entretient sur le contrôle du Nord. En tant qu’invité, le gouvernement a participé à la cérémonie d’ouverture et de clôture. Il était représenté par une délégation conduite par le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, accompagné du Ministre par intérim de la décentralisation, Alassane Séidou et la Ministre des affaires sociales, Adam Bintou Taro. Dans leurs interventions, les représentants du gouvernement ont salué la démarche des élus et appelé les organisateurs à faire passer le message dans tous les coins du pays ; « l’appel de Djougou » est un acte de haute portée », a salué le ministre d’Etat Bio Tchané.

« Déclaration d’appel à la paix ».

Préambule

Préoccupés par la situation politique que traverse notre pays, la République du Benin depuis quelques semaines, et les conséquences graves d’une lecture biaisée des faits sur la paix et l’unité nationale par une frange de la population.

Nous, élus communaux et municipaux venus des communes des quatre départements Atacora/Donga et Borgou/Alibori soutenant l’action du Gouvernement avons décidé de nous retrouver pour échanger en vue d’apporter notre contribution à la résolution définitive de ce problème.

A l’issue des échanges empreints de responsabilité, et après avoir écouté l’éclairage par des autorités conviées à cette séance sur des faits,

Nous tenons à rendre public ce qui suit :

Nous,

– maires des vingt-cinq communes sur vingt-sept du Septentrion,

– conseillers municipaux et communaux venus des vingt-sept communes de nos quatre départements,

Réunis à Djougou ce jour jeudi 09 mai 2019, avons échangé sur les élections législatives tenues le 28 avril 2019 dans notre pays.

Nous avons confronté nos expériences vécues ces derniers temps dans nos localités, et questionné des autorités politico-administratives de haut niveau conviées à cette séance.

L’examen des faits rapportés au cours de cette séance révèle des préoccupations de menaces graves sur la paix et l’unité nationale qui interpellent le Gouvernement et chacun des citoyens béninois pour des prises de positions claires et responsables.

I-LES FAITS

1-Du 26 au 28 avril 2019, toutes nos communes ont été sillonnées par quelques groupes politiques pour prôner la guerre et menacer les populations qui oseraient sortir de leur maison pour aller voter. Malgré les efforts de sensibilisation et de dénonciation de ces actes d’incivisme, la peur et l’incertitude sur la tenue effective des élections ont gagné une grande partie de la population.

2-La destruction, la veille des élections, des urnes des arrondissements d’Alafiarou et de Tchatchou (commune de Tchaourou) a été le 1er signal déclencheur des séries de violences électorales. Dans la même commune, des maisons et autres biens appartenant à des personnes proches de la mouvance présidentielle ont été saccagés et incendiés par des groupes rassurés par l’apparent laisser-faire et l’impunité des instigateurs connus comme meneurs intouchables de l’opposition.

3-Le 28 avril, jour des élections, dans plusieurs localités (Tchaourou, Savè, Bantè, Parakou et Manigri), des groupes brandissant diverses armes ont interrompu le processus électoral et saccagé des urnes.

4-Au lendemain des élections, un groupuscule venu d’ailleurs a mené une expédition avec pour objectif de brûler l’usine d’égrenage de coton de Kandi. A défaut d’y arriver, ils ont néanmoins pu mettre le feu à des tonnes de balles de coton.

5-A Cadjehoun dans la ville de Cotonou, dès le retour de Tchaourou de l’ancien Président Boni Yayi, une émeute s’est développée autour de son domicile après son appel public à la révolte générale. De nombreux biens ont été par la suite incendiés vandalisés et détruits. Des forces de l’ordre ont même été attaquées.

6-De nombreuses autres actions de violence seraient planifiées les jours à venir, en réponse à l’appel des anciens Présidents Yayi et Soglo.

II-DES ASPECTS PREOCCUPANTS

En examinant les faits ainsi énumérés, certaines préoccupations ont retenu notre attention :

1- le point de départ des violences avant et pendant le scrutin est Tchaourou. Tout s’est déroulé dans cette localité pendant le séjour de l’ancien Président Boni Yayi. La maison et les véhicules incendiés de l’honorable Bagoudou étaient à quelques mètres de son domicile. Et tous les incendies enregistrés ce jour l’ont été dans l’arrondissement central de Tchaourou.

2-la grande majorité des badauds qui ont affronté les forces de sécurité à Cotonou est venue des collines et du Sud Borgou. Il est fait état d’un grand nombre d’étrangers parmi ces badauds.

3- la violence électorale notée pendant la période suit la trajectoire de séjour de l’ancien président Yayi Boni, rappelant sa fameuse promesse de faire venir « les siens » pour affronter les autres.

III-    DES POSITIONS PRISES

Au terme de nos analyses, nous, maires, élus communaux, municipaux et locaux, réunis à Djougou ce jour 9 mai 2019 :

  • Condamnons fermement les violences électorales enregistrées à l’occasion des législatives de 2019.
  • Exigeons que le Gouvernement retrouve les auteurs et complices de ces actes, et les punisse conformément aux Lois et Règlements de la République. C’est la seule condition pour éviter d’ériger en règle, le vandalisme comme mode d’expression politique et de contestation.
  • Soutenons le Gouvernement et le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Patrice Talon, garant du respect de la loi, de la protection des personnes et des biens, dans la fermeté du traitement de ces actes de vandalisme.
  • Saluons le peuple béninois notamment ceux qui ont refusé de s’associer à la violence et à la haine initiées et planifiées par certains politiciens.
  • Rendons hommage à tous les citoyens qui n’ont pas cédé aux intoxications, aux menaces et intimidations pour aller voter le 28 avril 2019.
  • Mettons en garde contre toutes nouvelles velléités de violence relatives à ces élections qui dans l’ensemble se sont déroulées dans la paix en dehors de quelques localités des cinq communes touchées sur les soixante-dix-sept (77).
  • Appelons les populations des quatre départements du Septentrion en particulier et du Bénin en général au Calme, à la tolérance et à la vigilance.
  • Exhortons les différentes catégories socio-professionnelles, confessionnelles, coutumières et les leaders politiques de tout bord à œuvrer pour la culture de la PAIX et du DIALOGUE.
  • Réitérons enfin, notre soutien ferme aux actions du Président de la République son excellence Patrice TALON et de son Gouvernement.

Fait à Djougou, le 09 mai 2019

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