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Volet social du gazoduc de Maria-Gléta : Grande déception chez les populations environnantes (Rançonnement, mauvaise répartition…)

Joyau historique dans l’univers énergétique béninois, le gazoduc de Maria-Gléta fonctionne en continu depuis vendredi 15 mars 2019. Toutefois, un des pans du volet social nourrit murmure et colère. Il s’agit de l’électrification promise aux populations environnantes. Les bénéficiaires dénoncent des « irrégularités ». Les maux évoqués sont notamment des rançonnements et surtout‚ une mauvaise répartition des poteaux électriques.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Malgré les poteaux qui passent devant sa maison, l’artisan Y. T recourt encore aux bois pour drainer le fil électrique jusqu’à son domicile. Une boutade qui explique sa colère. « Ces bétons, dit-il, sont plantés là depuis mais ne servent à rien ». Il « devrait être content », objecte Patrick Houessinon, un commerçant qui rentrait au moment de nos échanges. Lui habite plutôt à Awakè, un autre quartier concerné par le volet social du projet gazoduc. Il nous invite à constater que le réseau électrique est inégalement réparti. « Awakè n’est pas si connu parce qu’il y a le quartier Maria-Gléta qui lui fait ombrage. Ici nous sommes dans la rue qui fait face à l’Église Bon Pasteur. Chez nous, nous avons l’impression qu’il y a ségrégation. Dans cette rue qui compte plus de cinquante maisons il n’y a aucun poteau. Toutes les vons après celle-ci n’ont reçu aucun poteau or nous avons besoin de l’électrification pour renforcer et aider la police dans sa mission de sécurisation, pour être au courant des informations et suivre les études avec nos enfants. Il n’y a pas d’électrification ici, nous sommes dans l’obscurité », égrène-t-il. Ce qui l’exaspère davantage, c’est de voir que des zones fortement peuplées sont délaissées. « Ce qui nous fait vraiment mal c’est que même au bord du basfonds il y a des poteaux alors qu’il n’y a pas de concentration de population là-bas », nous a-t-il fait constater à travers une courte visite du quartier pendant une trentaine de minutes. « Les choses doivent être refaites », formule-t-il.
Dans le village, ils tiennent à la lumière. «Nous avons des poteaux ici mais non munis de lampes. Nous souhaitons qu’on nous illumine la vons»‚ s’est plaint Théophile Capo‚ un maçon. Récemment un “voleur” leur aurait échappé profitant de l’obscurité‚ a renchéri la tenancière d’une boutique. Face au constat des « poteaux mal répartis », des membres de l’Association de développement‚ selon les confidences‚ se sont rapprochés d’une direction de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Après avoir soumis une demande d’extension, ils ont reçu un devis d’environ trois millions, nous a révélé Patrick Houessinon.

Deux poteaux particuliers

Retour à Houèto. Plusieurs habitants interrogés évoquent le même problème. Des zones presque désertes mais pourvues de poteaux électriques et lampadaires au détriment des endroits fort peuplés. A titre illustratif, le lot qui part de la rue du cimetière de Houèto en face de l’Epp jusqu’à l’Église Catholique‚ et qui remonte vers le carrefour Dagba et se limite par les hautes-tensions de la voie 15 menant vers Zokétomè. « Cette rue fait face au cours primaire de Houèto et il n’y a aucun poteau. Mais nous voyons les poteaux là où la population n’est pas concentrée. L’électrification résout à 75% l’insécurité. Voici que nous n’avons pas les poteaux », critique Modeste Tchanhoun, un habitant. Un fait particulier retient l’attention ici. Il concerne deux poteaux.

Le premier porte un marquage rouge, signe qu’il est identifié pour recevoir un lampadaire, ce qui n’est pas le cas. Pourquoi ? « Ils ont déjà vendu les lampes. Tu sais que les jeunes aujourd’hui ne guettent que quoi bouffer. C’est une équipe qui marque les poteaux et c’est une autre équipe qui met les lampes », nous a révélé et expliqué sous anonymat une source proche de l’équipe. Dans nos enquêtes, nous avons rencontré un cadre de la localité que l’obscurité en cet endroit dérange. « Nous avons connaissance d’un poteau qui a été marqué pour recevoir un lampadaire mais à la fin des travaux, nous avons constaté le contraire alors que ledit poteau se trouve à un carrefour. Nous avons mené les investigations et les responsables en charge du chantier nous ont dit que la lampe qui devrait être là a été vendue ailleurs et que si nous tenons à avoir de lampadaire à cet endroit précis de débourser cent vingt mille francs (120 000F) qu’on nous achète et installe un. Je trouve que ce n’est pas normal parce que le poteau en question n’est pas dans la maison de quelqu’un, c’est sur un carrefour stratégique, c’est pour l’éclairage public et c’est un bien public. Il ne revient pas aux riverains de cotiser de l’argent pour pourvoir un poteau qui est prévu et marqué pour recevoir de lampe »

Quant au second lampadaire, il n’est plus fonctionnel. La lampe ne s’est allumée que le jour de l’installation, nous a témoigné une femme qui vit à proximité. « Nous nous sommes rapprochés des techniciens, ils nous ont dit que pour la réparer, il faut au moins 30 mille francs, que c’est nous les riverains qui allons mobiliser cette somme pour qu’on puisse acheter les pièces de rechange », apprend un autre.

Un poteau marqué mais non muni de lampe

L’avis du chef village

Les poteaux qui desservent la zone du chef village (Cv) sont eux-mêmes sans fil. Souffrant, le Cv n’a pu répondre à nos questions. En sa présence, son conseiller Félicien Gbeyi s’est prêté aux échanges. Il a confirmé les récriminations des populations. « La manière dont ils font le travail de l’électrification n’est pas adéquate », a-t-il déclaré. Propos que le chef du village a acquiescé d’un signe de tête. Le conseiller est visiblement très fâché. « C’est chez nous, sur notre terre qu’ils produisent l’électricité. Ils nous ont fait la promesse que sur 25km de rayon nous aurons l’électricité donc ça couvre tout Houèto. A notre grande surprise, nous n’avons pas eu les poteaux. Il a fallu que les populations grognent pour qu’ils viennent avec des poteaux en nombre insuffisants encore. Ils ont creusé les trous pour nous berner puisqu’ils les ont abandonnés et nos enfants y tombent. Maintenant qu’ils ont repris, nous avons nourri l’espoir. Malheureusement, nous constatons que ce sont les endroits non peuplés qu’ils desservent. Ségrégation ? Nous ne savons pas », a-t-il poursuivi. Nous le relançons pour savoir si, ils ont entrepris des démarches auprès des autorités. Réponse affirmative. Mais là aussi, des promesses non tenues, s’est-il offusqué. « Nous nous sommes rapprochés d’eux. Le Cv a fait promener l’ancien coordonnateur dans son véhicule dans le quartier pour qu’il constate de ses propres yeux la situation. En vain. Il a promis la correction sous deux semaines. Nous voici près de neuf mois après. Le nouveau coordonnateur aussi a fait pareil. Des poteaux sont disposés et sont restés sans fil depuis. Or c’est chez nous qu’ils produisent l’électricité, c’est nous qui pâtissons de la fumée que le gazoduc dégage », a-t-il débité.

Un volet social impressionnant est prévu en amont de la construction de la centrale tel qu’exigé par le gouvernement. Il comprend notamment la construction d’une route de 3km entièrement pavée avec tout le système d’assainissement pour desservir le site, la construction de 25km de réseau électrique et de 24 salles de classes au profit du Ceg Houèto, une salle d’infirmerie et une salle pour la Police républicaine. Il a été promis aux populations qu’à la fin du chantier les quartiers environnants seront électrifiés. Cadres et habitants s’insurgent de voir des poteaux sans fil depuis un an et des zones non pourvues. «Ce n’est pas normal. Il faut qu’on corrige ces aberrations. Qu’on dépêche une mission d’audit sur le terrain pour voir si le plan d’électrification prévu a été respect黂 souhaite sous anonymat un membre de l’Association de développement.

La version des autorités concernées dans nos prochaines parutions. Dossier à suivre.

7 thoughts on “Volet social du gazoduc de Maria-Gléta : Grande déception chez les populations environnantes (Rançonnement, mauvaise répartition…)

  1. Vivement que nos cris de douleur ne tombent pas dans les oreilles de souds.
    La SBEE, peut aussi prendre exemple sur MTN et Moov et ramener le service à la portée de la population en diminuant considérablement le coût du compteur électrique à cinquante mille francs ( contrôle…) Tout y compris.
    Vu que se sont des compteurs pré payer en ramenant la recharge minimale à 1.000f CFA il verront les recettes exploser.
    Merci

  2. Je suis aussi propriétaire d’un immeuble, dans ladite localité. Et plusieurs fois j’ai reçu la visite des voleurs du fait de défaut d’éclairage. Vraiment, la répartition du réseau électrique a été inéquitable. Une discrimination négative est observée voire, de la corruption. Bref, il faut impérieusement étendre le réseau électrique pour soulager la population qui en souffre tellement.

  3. Je prie le directeur de la SBEE de bien vouloir penser à nous aussi à awakè car à part le cas des voles c’est difficilement nos enfants étudies après 18h30 vraiment, vraiment ça ne va pas dû tout pensé à notre zone merci

  4. Lors de l’annonce du projet Gazoduc, c’était une liesse pour toute la population environnante qui a vécu jusque là dans l’obscurité et l’insécurité. Une liesse parce que le projet a pris en compte l’électrification de la zone. Grande est notre surprise de constater que que cette attente heureuse est devenue très et très douloureuse d’autant plus que les poteaux destinés aux zones du Gazoduc ont été dispatcher inégalement et concentrés dans les milieux où l’électricité ne va même pas profiter ni à la population ni à l’Etat. Des vons sont laissés comme si il n’y a personne. La population d’Awakè appelle toutes les autorités compétentes à voler leur secours afin que soit faite la justice énergétique. *L’électricité, c’est la vie, c’est la santé, c’est le développement* et Awakè aspire à ces jouissances.

  5. Je suis un habitant du quartier Awakè. C’est paradoxal du fait que le courant soit produit à quelques pas de chez nous et qu’on n’en bénéficie pas. Pas un seul poteau dans la rue en face de l’école bon pasteur. Vivement que cette situation soit corrigée pour le mieux être de tous.

  6. Moi je prie en particulier les autorités compétentes chargé des énergies électrique de revoir le cas d’awakè car ont ne dirait même pas qu’on vient à Cotonou à part le cas de vol, c’est difficilement nos enfants étudies après 18h30 vraiment ça ne va pas penser à la population d’awakè

  7. Je crois qu’il est temps que tous les beninois soient traités de la même façon car étant tous citoyens de la même nation. Je réside dans le quartier Awakê depuis plus de cinq ans. J’ai eu trop de difficultés par rapport à l’ectectrite. Et pourtant nous sommes dans le sud de Benin et par surcroît |dans la commune d’Abomey Calavi. Je prie le gouvernement de se pencher sur notre cas pour nous donner lachance:de jouir de nos droits de citoyens paisibles. Aweke a besoin de la lumière pour la sécurité des personnes et des biens.. Merci

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