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Zoul Moussa Fofana, membre fondateur du Br : « Gérer la chose publique, demande une certaine capacité morale »

La représentativité de la jeunesse au sein des grandes instances de prise décisions est plus que nécessaire. Pour cela, il faut qu’elle s’implique davantage dans la gestion de la chose publique. Sans oublier bien sûr qu’il leur faut « apprendre de l’expérience de leurs aînés », soutient Zoul Moussa Fofana‚ membre fondateur du parti Bloc républicain (Br). 

Propos recueillis par Arnauld KASSOUIN (Coll.)

Bénin Intelligent : Comment définissez-vous gouvernance politique ?

Zoul Moussa Fofana : La gouvernance politique n’est rien d’autre que la gestion de la chose publique. On peut également la définir comme : un être qui se dit, je sers à quoi si je ne sers pas d’une manière ou d’une autre les autres. Servir les autres, c’est servir soi-même. C’est aussi la gestion de la chose publique dans les règles de l’art. Parce que, gérer la chose publique, demande une certaine capacité morale.

La gouvernance politique va-t-elle forcément de pair avec le leadership ?

C’est à un leader qu’on confie la gestion de la chose politique. Puisqu’on ne peut céder la gestion d’une citée à une personne dépourvue des caractéristiques que doit avoir un leader. Un leader, c’est un homme qui sait être impartial, patient et qui a les aptitudes de quelqu’un qui peut gérer ses paires pour un objectif donné.

Pourquoi les jeunes devraient-ils s’intéresser à la gouvernance politique ?

Nous construisons pour demain. Ce qui voudra signifier que l’avenir d’un peuple dépend de la capacité qu’à sa jeunesse d’appréhender, d’anticiper, d’innover, et d’impacter positivement ses actions. En ces termes, les jeunes doivent comprendre que l’amélioration de leur condition de vie dans le futur se repose sur chacune de leurs actions d’aujourd’hui. Plus loin, si les jeunes doivent succéder à leurs aînés demain, il leur faudra quand même s’impliquer dès aujourd’hui en politique. Parce qu’il leur faut apprendre de l’expérience de leurs aînés pour ne pas commettre les mêmes erreurs que ceux-ci. Aussi, faudrait-il rappeler que les jeunes n’ont pas seulement à s’impliquer dans la chose politique. Mais ils doivent également se former. Parce que notre jeunesse souffre à cause du manque de formation en adéquation avec nos réalités.

Doit-on alors repenser le système éducatif béninois ?

Notre système éducatif fait défaut. À cela, je pense que le gouvernement actuel auquel j’appartiens est au four et au moulin pour que les choses changent. D’ici là nos actions porteront leurs fruits.

Comment les jeunes doivent-ils procéder pour mieux faire porter leur voix ?

Pour mieux faire porter leur voix, la jeunesse doit se mettre ensemble pour avoir un idéal commun. Et quand je parle de jeunesse, je parle de celle de l’Afrique toute entière. Par cet idéal, la jeunesse deviendra un parti. Je le dis ainsi parce que les problèmes des jeunes en Afrique demeurent les mêmes. D’où la nécessité de lutter pour un idéal commun pour mieux faire porter leur voix. Mais dans le cas où, ce serait impossible de voir émerger un idéal commun, il faudrait que la jeunesse ait un background nécessaire pour participer à la discussion de la chose publique de façon qualitative.

Les législateurs ne devraient-ils pas introduire un quorum dans la loi fondamentale pour favoriser la promotion des jeunes dans les grandes instances de prise de décisions ?

Ce serait une discrimination. Même si cette discrimination est positive, pour moi cela conduirait à la facilité. Et ça ne nous aidera pas. Surtout pour bien nous battre pour ce que nous désirons dans la société. On peut le faire. Mais si c’est pour le faire, je pense qu’il doit avoir des critères.

Comment peut-on encourager une réelle participation active des jeunes dans la chose politique ?

Il faut les encourager en les associant aux activités ayant rapport à la gouvernance politique. De même que des partis politiques, des mouvements de protection des droits de l’homme. Tout en ayant confiance en eux. Et à la jeunesse, elle doit savoir qu’elle a pour ultime devoir d’apprendre. Nos aînés doivent comprendre qu’on peut échouer et que nous avons le devoir d’apprendre.

Ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui, c’est aux jeunes de siffler la fin de la gérontocratie ?

Ce qui est précieux ne se donne pas comme du petit pain. Il revient aux jeunes de prouver qu’ils peuvent assurer leur intérimaire. Peu importe le mode de gouvernance d’un chef, c’est au jeune de leur dire qu’il faudrait jeter l’éponge. On ne donne pas le pouvoir, on le mérite.

Dans l’action politique, beaucoup y voient de la machination. Qu’est-ce qui expliquerait cela ?

En réalité ce n’est pas la loi du plus fort qui règne. C’est la loi de celui qui a le pouvoir qui règne.

En quoi les gouvernements doivent-ils placer les jeunes au cœur de leurs stratégies et initiatives ?

C’est tout simplement parce qu’après eux, il doit avoir une continuité dans l’action politique et dans la gestion de la chose publique. Toutefois, il faut de plus en plus de jeunes dynamiques. Quand on ne participe en rien à la vie d’un parti politique, mais qu’on est assoiffé par l’intérêt, on sera toujours traité comme un bétail électoral. Il urge donc que la jeunesse s’imprègne de la chose publique dans toutes ses dimensions. Et être en mesure de parler de développement.

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