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Prise en charge des dialysés au Bénin : L’argent ou la mort

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Dialysés‚ Bénin. La vidéo du célèbre comédien dans le téléfilm ”Taxi brousse” Ernest Kaho appelant à la solidarité nationale en vue de faire face aux coûts de la dialyse, relance la question de la prise en charge des insuffisants rénaux au Bénin. Le taux élevé de décès dans leur rang‚ 470 cas entre 2019 et 2021‚ est attribué à une discrimination dans la prise en charge.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

De 2019 à décembre 2021‚ environ 470 dialysés sont décédés du fait du « refus de prise en charge », dévoile Edmond Amoussou, président de l’Association des dialysés. Ce chiffre bondit lorsque l’année précédente est prise en compte, renchérit Médard Koudébi. Le président de l’Ong Bénin Diaspora Assistance et acteur de la Santé évoque jusqu’à plus de 700 cas de décès. Et pour cause, l’État a arrêté de subventionner la prise en charge des maladies chroniques dont l’insuffisance rénale qu’on traine à vie. « Il y a un manque de prise en charge. Il faut deux séances de traitement hebdomadaires et chacune coûte au moins 150.000F. Du coup en un mois il faut au moins 1.200.000F. Et c’est à vie », explique-t-il. Au Togo, a-t-il rapproché, « elle coûte 15.000F. C’est cher au Bénin parce que l’État ne subventionne plus ».

 

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Dialysés‚ Bénin. Actuellement, le nombre de dialysés s’élève à environ 350 personnes encore en vie, en train de lutter contre l’insuffisance rénale, excepté les cas récents, selon Edmond Amoussou. Les nombreux décès enregistrés dans leur rang, il les lie également à la suspension de la prise en charge. «La prise en charge a pris fin le 31 décembre 2018‚ donc à partir de janvier 2019 on ne donnait plus la prise en charge aux autres catégories de personnes autre que les fonctionnaires»‚ précise-t-il. Toutes les maladies chroniques sont donc concernés par la mesure. Et pour Médard Koudébi joint en France‚ il faut remonter un peu plus dans le temps. Selon lui‚ « Les refus ont commencé le 1er septembre 2018 à l’annonce des réformes du secteur de la Santé ».

Ce qui est sans polémique‚ c’est que les patients font alors face seuls à leur destin. « Ceux qui n’arrivent pas à acheter les kits meurent. Aujourd’hui seuls les fonctionnaires sont pris en charge », critique Edmond Amoussou, lui-même dialysé depuis environ quinze ans. « Avant l’avènement du président Talon‚ dit-il, tout le monde était pris en charge sans discrimination ». Il croit fermement que « Devant la dialyse tout le monde est indigent. On ne devrait pas catégoriser des personnes devant la dialyse. Que tu sois fonctionnaire, artisan, artiste la dialyse guette tout le monde. À partir de cet instant la dialyse ne saurait être payante dans notre pays parce que, ce qui se passe dernière la dialyse est énorme ; les effets corollaires sont nombreux ».

L’humoriste Ernest Kaho

 

Dialysés‚ Bénin. À propos de la situation de l’humoriste Ernest Kaho, Edmond Amoussou ne voit pas un « sauveur » autre que le président de la République. « Seul Patrice Talon peut lui donner la prise en charge. Il y en a plein d’autres en hospitalisation. Seul le chef de l’État peut sauver Ernest Kaho. S’il dit : « donnez-lui la prise en charge » on va lui donner. Les gens meurent faute de dialyse », a-t-il martelé.

Greffe du rein

La thérapie définitive contre l’insuffisance rénale n’est pas accessible au Bénin. Il s’agit de la greffe du rein. « En France, on te fait une greffe de rein et tu n’as plus besoin de dialyse. Ce que le Bénin ne fait pas », a confié Médard Koudébi. Cette opération suppose le don d’organes humains. « En France, quand quelqu’un meurt, s’il a fait don de ses organes ou non, on demande l’autorisation de ses parents pour prélever les organes encore en état afin de sauver d’autres vies ».

 

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Parvenir à cette étape au Bénin demande un cadre législatif actuellement inexistant. « Nous avons proposé une loi qu’on a remis en main propre au président de l’Assemblée nationale‚ aux présidents d’institution dont le Conseil économique et social (Ces) et à d’autres personnalités du pays. Mais il n’y a jamais eu de suite », déplore Edmond Amoussou, un peu « fatigué » de toujours crier sans obtenir d’amélioration.

Le gouvernement a suspendu la prise en charge des dialysés pour raison de trésorerie. « Au titre du premier semestre de l’année 2019, il y a près de 600 millions à payer par le ministère de la Santé au Cnhu pour le compte de la dialyse. C’est seulement 300 millions que nous avons reçus. Le second de l’année 2019, rien. Cette année, on nous doit plus d’un milliard pour le compte de la dialyse », a confié Alexandre Sossou, ancien directeur du Cnhu au journal ‘’La nouvelle tribune’’ en novembre 2020.

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