L’Ong Changement Social Bénin a organisé, les mercredi 22 et jeudi 23 juin à Abomey-Calavi, un atelier de vulgarisation du rapport d’étude nationale sur le contexte d’application des mesures alternatives à la détention au Bénin. Réunis au siège de l’organisation, les acteurs de la chaine pénale ont adopté à l’issue des deux jours une feuille de route pour endiguer l’engorgement en milieu carcéral.
Par Fidèle N. DEDEGNONHOU
Le désengorgement du milieu carcéral au Bénin préoccupe l’Organisation non gouvernementale Changement social Bénin (CsB). À cet effet, elle met en œuvre depuis le début de l’année 2021, un projet intitulé « Justice pénale : promotion des mesures alternatives à la détention en République du Bénin ».
LIRE AUSSI:
Dans le cadre de ce projet, elle a organisé une étude sur le contexte d’application des mesures alternatives à la détention et après la réalisation de l’étude, il a été procédé à une pré-validation du rapport transmis par le cabinet recruté à cette fin. L’atelier du mercredi fait suite donc à l’intégration des observations formulées en vue de la vulgarisation des résultats contenus dans le rapport.
« Le rapport a été basé sur la question, il y a déjà eu des recommandations de diverses parties prenantes relativement aux mesures alternatives à la détention. Donc, l’intérêt ici est que les personnes qui participent à cet atelier puissent quand-même contribuer à définir les solutions consensuelles qu’on peut trouver pour endiguer le mal général qui est la surpopulation carcérale » a précisé Montesquieu Hounhoui, chargé du programme « Justice pénale » à l’Ong Changement Social Bénin.
L’initiative est soutenue entre autres par l’Ong Prisonnier Sans Frontière du Bénin, le réseau Wildaf Bénin et la Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh). Ces institutions sont identifiées comme parties prenantes aux mesures alternatives à la détention. « Elles ont un rôle à jouer dans le cadre du désengorgement des établissements pénitentiaires par le truchement du recours aux mesures alternatives à la détention. Ce qui est sûr, dès leur retour au niveau de leurs institutions, ils feront le point aux supérieurs hiérarchiques qui sont enclins à prendre des dispositions qu’il faut pour qu’ensemble, nous puissions trouver la solution pour alléger la souffrance des personnes privées de liberté », a espère Montesquieu Hounhoui.
L’Ong Prisonnier sans frontière du Bénin vient en appui dans la compréhension de la cause des détenus incapables même de faire une plainte. Elle intervient dans le cursus pour que ces détenus puissent être écoutés. Elle accompagne également les parents dans la sensibilisation afin de les amener à accepter les personnes qui, au lieu qu’elles aillent en prison, qu’on leur impose plutôt des travaux d’intérêt général.
« Nous sommes dans cette dynamique pour accompagner ce que fait l’Ong Changement Social Bénin » a soutenu Babilas Gbaguidi, président de ladite organisation.
Le réseau Women in law and development in Africa (Wildaf Bénin) s’inscrit dans le même combat. Elle qui œuvre pour la défense des Droits humains, partage la pertinence de l’initiative de Changement social Bénin. « Nous étions très intéressés par cette invitation à participer à l’atelier de validation des mesures alternatives à la détention au Bénin. Nous allons travailler à ce que les objectifs soient atteints », s’est engagée Françoise Sossou, sa coordonnatrice nationale.
La loi 2002-36 du 15 février 2013 a institué une Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh) et a prévu en son article 4 qu’elle noue des partenariats avec les acteurs de la société civile qui œuvrent dans le domaine des Droits de l’Homme. «
La preuve en est que Changement social Bénin fait partie de la chambre de contestation que la Commission a mise en place avec les acteurs de la société civile. Pour son rapport de 2021, nous avions eu à faire une tournée sur l’ensemble du territoire dans les Maisons d’arrêt du Bénin qui sont au total 11 et nous avions constaté qu’à la date du 12 juillet 2021, pour l’ensemble des 11 prisons, l’espace prévu pour contenir au plus 8000 personnes contenait 1309 personnes », a peint Emerico Adjovi, commissaire à la Commission.
LIRE AUSSI:
Le Code pénal a prévu des mesures alternatives (peines) aux infractions mineures. La Cbdh entend militer aux côtés de CsB en vue de leur application effective. Emerico Adjovi, vantant la synergie d’action, estime que « C’est de bon ton que la Commission soit à ses côtés, partage son expérience et qu’au terme des travaux des deux jours ici, ce qu’il y a à faire comme action au niveau des autorités compétentes, notamment les autorités pénitentiaires, qu’on puisse travailler à ce que nos frères qui sont en conflit avec la loi, puissent être soulagés ».
LIRE AUSSI: 4e cycle de l’Examen périodique universel (Epu) : La société civile valide son rapport alternatif
