Lors d’une session extraordinaire tenue jeudi 8 février à Abuja, le Conseil ministeriel de Médiation et de Sécurité (CMS) de la Cedeao a démonté chacun des trois raisons mis en avant par les pays de l’AES pour décréter leur retrait sans délai de la Cedeao.
«Les sanctions imposées au Niger, en particulier, ne sont ni illégales ni inhumaines», contre-attaque l’instance. Elle d’ajouter qu’ «elles sont ancrées dans les Protocoles de la Cedeao dont ces trois pays sont signataires», persiste le conseil.
Aussi, «Aucune puissance ou influence extérieure n’a contraint la Cedeao à adopter ses traités, protocoles et actes dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont signataires de plein gré», objecte l’instance à l’AES.
Enfin, loin d’«abandonner la vision des pères fondateurs de la Cedeao », l’organisation jure avoir approfondi l’intégration et la solidarité régionales.
Elle conclu alors que les « raisons avancées par les trois États membres pour justifier leur retrait ne constituent que de la poudre aux yeux». Ce qui cache, selon elle, «la véritable raison qui est leur intention de ne pas remplir leurs obligations au titre du traité et du protocole».
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Le Cms les accuse même de chercher à détourner l’attention, de cacher leur véritable intention; celle de ne pas renoncer, dans un futur proche, au pouvoir politique qu’ils détiennent par voies non constitutionnelles.
Malgré ses répliques, la Cedeao affiche son opposition à la décision de retrait de l’AES du fait des « conséquences désastreuses… au regard des implications socio-économiques, politiques, sécuritaires, et humanitaires, en particulier pour les citoyens des trois États membres et sur le processus d’intégration régionale.»
En lieu et place, elle exhorte «les trois États membres à recourir au dialogue, à la négociation et à la médiation, qui sont les meilleurs outils pour trouver des solutions face à leurs préoccupations légitimes.»
L’impasse reste entier, tout comme le bras de fer Cedeao-AES. Le président de la transition Burkinabè, dans un entretien avec Alain Foka avait juré que le retrait des trois pays est un chemin de non retour.

