Les députés ont adopté dans la nuit du mardi 5 mars, la loi n°2024-13 portant relecture du Code électoral et complétant la loi nº 2019-43 du 15 novembre 2019. Cette loi a été adoptée par 79 voix pour, 28 contre et une abstention. Les députés ayant voté contre sont ceux du parti de l’opposition, Les Démocrates.
Avec la nouvelle loi, les candidats à l’élection présidentielle devront désormais avoir au moins 15% de parrainages dans le rang des élus au plan national. Soit plus de 27 députés. Aussi, un parti ne sera éligible au partage des sièges que s’il obtient au moins 20% des suffrages exprimés. Ceci, respectivement dans chacune des 24 circonscriptions électorales du Bénin.
L’article 132 nouveau de cette loi dispose que tout duo candidat à la fonction de président et vice-président devra être parrainé par 15 % de l’ensemble des élus députés et maires. Contrairement à l’ancienne loi qui était de 10 %.
L’ article 132 nouveau dispose également que les 15 % de parrains doivent provenir d’au moins 3/5 de l’ensemble des circonscriptions électorales législatives. Aussi, un député ou maire ne peut parrainer qu’un candidat membre ou désigner un seul candidat du parti sur la liste duquel il a été élu.
L’article précise qu’en cas d’accord de gouvernance avant le dépôt à la Cena des candidatures à l’élection présidentielle, le député ou maire peut parrainer un candidat de l’un ou l’autre des partis signataires de l’accord.
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Ces nouvelles dispositions selon une partie de la classe politique viennent corser les conditions d’attribution des sièges. Mais aussi, les conditions à remplir pour se porter candidat à la présidentielle au Bénin. Pour la mouvance par contre, ces dispositions viennent renforcer la réforme du système partisan. Laquelle réforme voulue et souhaitée par le président Patrice Talon.
Avec ce Code électoral, certains partis politiques vont devoir se fondre dans les grands blocs pour continuer à exister. Le cas échéant, ils n’auront que le choix de disparaitre de l’arène politique béninois. Les élections générales de 2026 s’annoncent donc houleuses avec le risque d’exclusion selon plusieurs observateurs.
Quelques heures avant le vote, la plateforme des Organisations de la société civile et les leaders religieux ont appelé les députés à adopter un Code électoral inclusif. Ceci, afin de préserver la paix et d’épargner le Bénin des violences électorales du passé.
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