Au Mali, le gouvernement reproche aux partis politiques et leurs alliés de multiplier les «actions de subversion» dans un contexte de défis sécuritaires et de développement.
En conseil des ministres mercredi 10 avril, la Transition a donc adopté un projet de décret portant suspension – «jusqu’à nouvel ordre sur toute l’étendue du territoire national» – des activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations. Cette décision, justifie-t-il, vise à préserver l’ordre public.
La décision de la suspension des partis politiques intervient dans un contexte où l’opposition réclame le retour des civils au pouvoir. Début avril, plus de 80 partis politiques et organisations au moyen de communiqués, ont ainsi demandé «la mise en place d’une architecture institutionnelle, à l’effet d’organiser, dans les meilleurs délais l’élection présidentielle».
Selon les engagements pris par la Transition, celle-ci est arrivée à terme le 26 mars. Depuis cette échéance donc, il y a « vide juridique et institutionnel (…)» rappelle les partis politiques et organisations, appelant à des conditions d’une concertation rapide et inclusive. Car «Le pays traverse des difficultés énormes et la transition n’a pas vocation à régler tous les problèmes du pays», renchérit le président du Réseau des défenseurs des droits humains au Mali (Rddhm), Souleymane Camara.
Soutien
Mais le régime militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita a de la popularité. Selon Mali-mètre de 2023, un sondage de la Friedrich Ebert Stiftung (une fondation allemande) , 84% se disent très satisfaits et 14% plutôt satisfaits du président Goïta. Les enquêtés perçoivent également la Russie comme un partenaire idéal du Mali notamment dans la lutte contre le terrorisme.
La récente édition de ce sondage de la FES mené du 5 au 17 janvier 2024, montre que plus de neuf Maliens sur dix (87%) approuvent la décision de report de l’élection présidentielle contre 8% qui estiment qu’il s’agit d’une mauvaise décision. Les résultats indiquent que les Maliens souhaitent le retour de la paix et la sécurité (74%). Ladite enquête a pris en compte un échantillon de 2055 personnes âgées de 18 voire plus des régions de Bamako, Gao, Kayes, Koulikoro, Ménaka, Mopti, Ségou, Sikasso, Taoudénit et Tombouctou.
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