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Qualité et redevabilité : Les Ong béninoises encouragées à adopter la norme CHS

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité, CHS énonce neuf engagements dont la finalité est de garantir le respect des droits et de la dignité des personnes en situation de crise et de vulnérabilité. À l’initiative de Cipcre-Bénin et de Dedras Ong, l’édition 2024 a été lancée au niveau national vendredi 21 juin au siège du projet Swedd à Cotonou. Les Ong béninoises sont appelées à adhérer au réseau mondial ‘’CHS Alliance’’, l’un des dépositaires de la norme CHS.

Care international applique déjà la norme CHS et est à sa deuxième mission de vérification indépendante (2020 et 2023). Elle puis donc témoigner de son impact dans la professionnalisation des organisations humanitaires. « La mission que nous avons reçue de CHS nous a permis de revisiter nos dix standards et de mettre en place un plan d’action pour pouvoir corriger les faiblesses qui ont été identifiées au cours de cet audit», se réjouit Modeste Anato, assistant du directeur pays.

Un repère, non seulement pour les organisations humanitaires mais aussi pour les bénéficiaires de leurs interventions. La norme CHS énonce neuf engagements visant à garantir que les organisations soutiennent les personnes et les communautés en situation de crise et de vulnérabilité d’une manière qui respecte leurs droits et leur dignité et qui promeut leur rôle premier dans la recherche de solutions face aux crises auxquelles elles sont confrontées, explique en distantiel Bonaventure Sokpoh, représentant de CHS Alliance.

9 engagements, des exigences

Chacun desdits engagements est décliné en exigences. Le premier par exemple, dispose que « les personnes et les communautés peuvent exercer leurs droits et participer aux actions et décisions qui les concernent ». Il est assorti de 6 exigences dont le dernier impose d’ « adopter une approche organisationnelle cohérente pour garantir un partage transparent des informations, une communication et une participation significative des personnes et des communautés aux actions et aux décisions qui les concernent ».

Le CHS est donc une norme mesurable reconnue au niveau mondial. Elle encourage des relations équitables et collaboratives entre les personnes, les communautés et ceux qui travaillent pour les soutenir. Elle vise à remédier aux déséquilibres de pouvoir. La norme peut être utilisée comme cadre, notamment pour permettre aux personnes et aux communautés de demander des comptes à ceux qui les soutiennent; améliorer la qualité et la redevabilité des organisations et de leurs actions; et évaluer et vérifier les performances des organisations et démontrer leur démarche d’apprentissage en vue de respecter les engagements du CHS, souligne Bonaventure Sokpoh.

Les organisations de la société sont encouragées à appliquer la norme CHS mais aussi à rejoindre le réseau mondial CHS Alliance, l’un des dépositaires de la norme CHS. A juste titre, l’agenda du lancement à Cotonou, a prévu un moment de partage d’expériences enrichissant avec les structures non encore membres.

Retour d’expérience positive

La norme CHS a été créée en 2014 en tant que cadre commun permettant aux humanitaires d’améliorer la qualité et la redevabilité de l’assistance qu’elle porte aux personnes en crise. Son application a permis par exemple à Care International de «de renforcer notre dispositif de confidentialité autour des données à caractère personnel et améliorer également la façon dont nous travaillons sur la justice climatique ».

Une « très belle expérience », conclut Modeste Anato sur une note d’exhortation. « Je nous invite à faire cette expérience de vérification indépendante. Elle permet de renforcer notre performance en terme d’action humanitaire et d’être plus compétitif aujourd’hui sur le marché de mobilisation des ressources pour pouvoir apporter un plus aux populations sinistrées ».

L’autre organisation qui est fière de son expérience avec la norme CHS, c’est le Cercle international pour la promotion de la création (Cipcre-Bénin).

« Il y a cinq ans, le Cipcre n’avait aucune politique institutionnelle. On avait des statuts du personnel seulement et on travaille. C’est lors de l’évaluation institutionnelle faite par Eriks (membre du réseau) que ça a été relevé que nous sommes une Ong d’écologie mais nous n’avons pas édité nous-mêmes de normes en matière de politique environnementale ; nous n’en avions pas de façon écrite. Suite à cette interpellation nous nous sommes doté de quatre politiques : environnementale, protection des enfants, Genre et d’intégrité, transparence et redevabilité (…) », relève son directeur national, Elidja Zossou.

Le coordonnateur national de Dedras Ong, Jean Kpetere renchérit alors que la norme CHS accompagne les organisations à être toutes « professionnelles ». Or, « plus vous êtes professionnels, plus vous avez de chance de capter des financements», assure Elidja Zossou de Cipcre-Bénin.

Mise à jour et transition

La mise à jour de la norme CHS intervient après des discussions et commentaires de la communauté de plus de 4 000 contributeurs dans 90 pays. Cette mise à jour centre davantage le CHS sur les personnes, avec une structure simplifiée et un langage plus clair, favorisant l’accessibilité à un large éventail d’acteurs qui soutiennent les personnes en situation de crise.

Une période de transition est accordée aux organisations afin de leur permettre de passer progressivement au CHS nouveau. Les audits de vérification indépendante et de certification étant fixés à avril 2025.

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