L’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) a parcouru, pendant deux semaines, dans le cadre de sa mission itinérante nationale les départements de l’Alibori, des Collines, du Couffo et de la Donga. Les plaintes reçues sont pour la plupart identiques à celles enregistrées dans les départements déjà visités. Accueil dégradant, coût élevé des prestations, non déploiement des ambulances, exercice illégal des professions médicales et paramédicales sont entre autres les problèmes relevés par les populations.
L’ Autorité de régulation de la santé a parcouru dans les 4 départements 13 communes. Autorités, populations et acteurs de la santé se sont mobilisés pour la réussite de la mission qui vise la sécurité des patients. Les problèmes menaçant la qualité des soins sont dénoncés avec aisance à chaque étape de la tournée. Malgré la lutte engagée contre l’exercice illégal des professions médicales et paramédicales, des usurpateurs opérant en territoire limitrophes ont trouvé une nouvelle stratégie pour exister.

Ils s’installent de l’autre côté de la frontière avec le voisin de l’Est ou de l’Ouest. Et drainent malheureusement avec des offres alléchantes certaines populations résidentes du Bénin. Des autorités se sont engagées devant l’Ars à livrer la guerre contre cette pratique dangereuse. Elles bénéficieront de l’appui de l’Agence béninoise de gestion intégrée des frontières (Abgief). Sur ce sujet, l’Ars a recommandé aux autorités sanitaires en partenariat avec les professionnels de santé de développer et de renforcer leur sentiment d’appartenance à la communauté qu’ils servent. Cela les amènera à offrir des soins de qualité afin de gagner la confiance des populations.
Coût élevé des prestations
Ici, l’interdiction d’approvisionnement des établissements de santé privés auprès de la Société béninoise pour l’approvisionnement en produits de santé (Sobaps) constitue la cause principale de la situation. Des promoteurs de structures de santé privés ont déploré cette interdiction. Pour eux, la situation a des conséquences non négligeables. La hausse des coûts des prestations -du fait des prix de cession pratiqués par les officines-, la baisse de fréquentation et la recrudescence du trafic de médicaments falsifiés notamment dans les zones frontalières.
Dans les établissements publics, des plaintes de coût élevé sont aussi engistrées par la délégation de l’Ars. Ladite situation est liée à la cherté des produits pharmaceutiques sans raison apparente dans les établissements publics. A Djougou, il a été révélé la présence d’un dépôt pharmaceutique mitoyen à un centre de santé de la commune. Après avoir constaté la réalité des faits de ce dépôt qui livre des produits de spécialités, l’Ars a recommandé aux prescripteurs de donner la primauté aux génériques. Pour la délégation, ces produits sont aussi efficaces que ceux de spécialités.
Déploiement des ambulances et formation des relais communautaires
Le gouvernement a acquis et réceptionné 188 ambulances de nouvelle génération pour une réponse rapide en cas d’urgence médicale. Mais depuis 5 mois, le déploiement n’est pas effectif. Les populations ont évoqué cela même si elles sont souvent rassurées par les responsables qui pointent les formalités administratives.
A Dogbo dans le département du Couffo, l’initiative de relais communautaires n’est pas encore une réalité. Et pour cause, le défaut de formation des relais identifiés. Le problème est évoqué par les autorités qui rajoutent à cela l’accueil dégradant des professionnels de santé.
