Folie ou clairvoyance ? Bertin Koovi, figure controversée de la scène politique béninoise, persiste et signe : Talon doit rester, malgré la Constitution. Et il promet même de prier pour ça. Le président de “la Dynamique Talon continue” s’est confié à l’issue du défilé militaire du 1er août.
Journaliste : Quelles sont vos impressions après avoir assisté à ce défilé militaire et paramilitaire du 1er août ?
Bertin Koovi : Nous venons d’assister à une cérémonie anthologique qui ne sera pas oubliée de sitôt. C’est vrai, pour d’aucuns c’est la dernière, et pour le président lui-même, c’est la dernière. Mais Allah a-t-Il dit que c’est la dernière ? Rien n’est moins sûr. La Constitution dit que c’est la dernière aussi.
Talon veut partir, mais il nous appartient, à nous populations béninoises, de le garder afin qu’il reste encore au moins cinq ans. Pourquoi je le dis ? On ne change pas une équipe qui gagne. Vous allez vous mettre en prière avec moi pour que cela en soit ainsi. C’est d’ailleurs pour cela que je suis resté de l’autre côté. Et quand il est venu, j’ai mobilisé les troupes pour lui dire : la dynamique Talon continue avec Talon ou Talon. Il a entendu et il a souri. Il s’est dit : ça, c’est la folie de Koovi, ça. Ce n’est pas une folie. C’est ce qu’il nous faut.
Est-ce que vous vous sentez pleinement citoyen dans la vie politique actuelle du pays ?
Vous voulez que je sois quoi ? Tout le monde appelle Koovi. Tout le monde me recherche pour faire une photo avec moi. Je suis l’homme le plus heureux au Bénin. Et je suis le seul à pouvoir dire à chacun ce que je pense de lui, impunément, tout en le respectant. Le Bénin a besoin d’un homme qui puisse dire la vérité à chacun, afin que nous corrigions nos tares. Vous le savez mieux que moi. Quand j’estime que ce que le président fait n’est pas bien, tout en le soutenant, j’ai le courage de le lui dire. C’est de ça qu’il a besoin. Et c’est ça qui manque, malheureusement, dans nos pays. On ne dit pas au chef ce qu’on pense.
Est-ce que le président Talon vous écoute ?
Vous n’avez pas entendu quand il a dit que personne ne va l’attacher à son fauteuil présidentiel ? C’est moi qui ai dit qu’on va l’attacher. C’est à moi qu’il répondait. Mais il s’est trompé. On va l’attacher. Le peuple a dit oui, est-ce qu’il peut dire non ? Est-ce qu’il peut dire non si le peuple dit oui ?
Quand vous entendez les gens dire que Koovi est fou, qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est leur problème. Moi, je sais que je ne suis pas fou. Pourquoi voulez-vous que je me préoccupe de ce que disent les autres ? Moi, je me préoccupe de moi. Est-ce qu’un fou sait qu’il est fou ? Moi, je ne suis pas fou. Quand vous me voyez debout là, est-ce que je ressemble à un fou ?
