Prince Dah Yovo Atchèdji, de son vrai nom Mahoutondji Méloclème Azon, est un chanteur-compositeur originaire d’Abomey. Il explore plusieurs genres musicaux béninois et compte à son actif un album de six morceaux ainsi que plusieurs singles. Parallèlement à sa carrière musicale, il travaille dans le secteur de la construction et du BTP. Dans cet article, l’artiste revient sur son parcours et ses projets.
Propos recueillis par N.Fidèle DEDEGNONHOU
Bénin Intelligent : Quelles sont les variétés musicales que vous jouez et pourquoi avez-vous fait ce choix ?
Prince Dah Yovo Atchèdji : Je me suis spécialisé dans le rythme Kaka et Gangan modernisé, qu’exécutent les portonoviens. A part cela, je fais aussi de la comédie. J’ai été formé pour ça dans le groupe de la vedette Matao. Je suis alors très polyvalent.
Comment et quand avez-vous débuté votre carrière musicale? Y-a-t-il un évènement marquant qui vous a poussé à embrasser la musique ?
Je suis né avec une passion pour l’art, et je pense que cela est dû à mon environnement familial. En fait, je suis issu de deux familles 100% artistiques. Mon père géniteur, Alexis Azon-dohou, Sounvi Zanfonnouton est un artiste hors pair, spécialiste du rythme Agbotchébou. Dans ma maison maternelle, presque tout le monde est artiste, chanteur, danseur et percussionniste. C’est dans ça que je suis né. J’ai pris le pli depuis le ventre de ma mère. Je suis conscient de ma capacité artistique depuis que je suis au cours primaire. Rien ne m’a donc poussé dans la musique. C’est inné en moi.
Combien d’albums ou de singles avez-vous déjà à votre actif?
J’ai déjà plusieurs singles à mon actif et un album complet de six morceaux. Je travaille actuellement sur un nouveau single audiovisuel qui sortira en décembre 2025, lors du lancement de mon festival “Tadagbé”, à travers un géant concert.

Quelles sont les principales thématiques que vous abordez dans vos chansons ? Y-a-t-il un message central que vous souhaitez transmettre à votre public ?
Mes chansons abordent généralement les thématiques liées à tous les aspects de la vie. Il s’agit entre autres de l’amour, le pardon, le travail, la déception amoureuse, la mort, la vie, la solidarité, l’entraide etc. Mon message principal est de promouvoir l’amour et le respect de la nature pour vivre en harmonie.
Le monde artistique est très dynamique. Comment arrivez-vous à vous adapter aux nouvelles réalités de votre domaine ?
Comme dans tout domaine, il faut se conformer aux réalités pour mieux avancer dans le domaine de la musique, de surcroît, traditionnelle. Pour cela, les amis m’ont aidé à ouvrir des comptes tiktok, facebook, youtube… sur lesquels je me fais voir et montrer à la population mon savoir-faire. À part cela, je suis en contact permanent avec les anciennes gloires de la musique béninoise. Je collabore également avec ceux de la nouvelle génération, une génération à laquelle j’appartiens. Je suis à leurs côtés lors de leurs différentes manifestations et je les soutiens à ma manière.
Selon vous, la musique permet-elle de vivre dignement au Bénin ? Quels sont les défis auxquels les artistes font face dans l’industrie musicale ?
En premier lieu, je dirai oui et non. Oui, parce qu’il existe des artistes musiciens au Bénin ici qui vivent pleinement de leur art. Non, parce que se consacrer uniquement à la musique au Bénin et espérer tout réaliser est une grave erreur. Moi qui vous parle, j’ai le niveau du Brevet d’études primaires (Bepc). Après cela, je me suis fait former en construction bâtiment et BTP dans un centre de formation à Parakou. Un métier que j’exerce bien aujourd’hui à part la musique. Pour réussir dans cette vie, il faut avoir plusieurs cordes à son arc.
L’industrie musicale béninoise est confrontée à plusieurs défis, notamment le manque de moyens pour se produire. Après la production, il faut penser à la vente qui est devenue chose quasi-impossible à l’avènement des TIC. Autre chose, nos musiques traditionnelles ont de la peine d’être exportées compte tenu de nos langues nationales qu’on utilise pour chanter. Quelles solutions pouvons-nous trouver ? C’est une question qui concerne tous les acteurs de l’industrie musicale béninoise.
Avez-vous des projets en vue ou à venir dont vous aimeriez nous parler?
J’ai de grands projets. À long terme, je compte rendre national et international mes morceaux et mes concerts que j’organise chaque année. Promouvoir d’autres artistes fait partie de mes rêves, surtout les unir tous pour parler le même langage.
Pour ce faire, j’ai un géant concert suivi du lancement d’un single audiovisuel dans le mois de décembre 2025 dont la date fixe et le lieu ne sont pas encore définis. Je tiendrai informé la population, mes parrains, marraines, sponsors, et tous mes fans dès que la date sera fixée.
Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser à vos fans et aux jeunes qui aspirent à devenir artiste comme vous?
Pour finir, je dirai aux fans de toujours croire en moi. Je vais continuer à vous donner le meilleur de moi-même. Aux jeunes qui aspirent à une carrière artistique, je dirai d’être sûrs d’eux-mêmes et d’être forts mentalement pour surmonter les obstacles de notre domaine, car ce n’est toujours pas facile.
